ACTE PREMIER
Oui...
ROSE
Madame de Rion vous* a adoptée... et est morte en vous laissant toute sa fortune?
MARIE, avec sentiment.
Oui...
DIANE, à part.
Oui, une fortune qui devait me revenir. (Haut.) Chère tante! une excellente femme! Dieu ait son âmel ROSE, à Marie.
Elle vous a enrichie... c'est très-bien !... seulement, elle a- eu tort de vous marier.
Marie remonte sans répondre.
ROSE
Boni j'ai encore dit une sottise!
BLANCHE
Vous êtes incorrigible !
Marie sort lentement par la porte qui donne sur la mer. Henri, retenu par Robert, paraît en haut de l'escalier.
HENRI *
Elle est seule!'... Elle descend sur la plage!
ROBERT
Veux-tu rester tranquille!...
11 le repousse dans la chambre.
DIANE, se retournant au bruit.
Qu'est-ce donc?
ROBERT, penché sur la balustrade. Ces dames n'ont pas d'ordres à me donner?
* Rose, Blanchej Diane; Henri et Robert, sur l'escalier.
BLANCHE
is\u'
Puisqu'on yous sonnera.
ROBERT
Parfait!
Il disparaît.
S* ROSE, qui était allée au fond, revenant*.
Elle est fâchée?...
BLANCHE
C'est votre faute, vous ne pou\ez pas vous taire.
ROSE
Cependant, je ne lui ai pas dit tout ce que madame de Cheppe nous a raconté, et que M. Bernier était fou d'une ballerine célèbre qu'il avait rencontrée à Paris, et qu'il l'avait suivie à Rome et, de là, à Milan, où elle danse à la Scala... qu'il avait déjà mangé les trois quarts de sa dot avec cette bayarlère... Je n'ai pas dit cela.
DIANE
Elle le sait parfaitement 1
ROSE
Oh I comme elle doit souffrir!
Yous êtes délicieuse!
ROSE
Ah! vous riez toujours de moi. Vous me traitez comme une petite pensionnaire... mais je suis une femme... comme vous, ma chère comtesse... comme madame Tingrey!
DIANE
La! la ! ne vous fâchez pas !
ROSE
Et je montrerai bien que je ne suis pas aussi sotte... qu'on le pense...
* Blanche, Rose, Diane.