‹ Les Bretons (volume 2)Chapitre 38 sur 88 · LE VOYAGE J)'!! ALIE · texte numérisé non relu

LE VOYAGE J)'!! ALIE

De son voyage d'Italie Toute la vie on se souvient ; C'est comme une douce folie ; On en parle toujours, sitôt qu'on en revient.

xViétne (pu dous l*a dit) un jeune homme . Parti du nord pour un été , Vieillard n'avait point quitté Rome :

Captif comme Merlin dans un cercle enchanté

Tant ce beau soleil nous pénètre !

Tant l'art nous remplit de sa foi !

Aperçu, souvenir peut-être De ce monde idéal que chacun porte en soi.

De son voyage d'Italie Toute la vie on se souvient ; C'est comme une douce folie; On en parle toujours, sitôt qu'on en revient.

miau.'

LE CHAH! DB hA fiOVPP.

Aime ton humble coupe. Elle est de buis , qu'importe! Le buis solide et dur sied au barde breton : Et sur le pljsd 4'étain qui l'ornent la 9B^rte , Dans un doubla î4ipnûuç P9 p^ttllirç toi^ OQIii.

Vois , nul encor n'a bu dans la coupe celtique. Toi-même la creusas de tes pieuses mains , Evoquant, évoquant les Esprits d'Armorique Depuis près de mille ans couchés sous les dôl-mens.

Tous se sont éveillés I Mélodieuse troupe ,

Ils sont venus à toi comme des échansons ;

Et voilà qu'enivrés aux vapeurs de ta coupe ,

Sur les bourgs de Gornouaille ils sèment tes chansons.

Un soir , il l'en souvient, pour braver ton étoile , Tu la remplis de vin rafraîclii dans l'EUé ,

s 57 <a Une vierge était là plus blanche que son voile , Et cette belle enfant te disait consolé.

Aime ton humble coupe , et de vin ou de cidre Emplis-la jusqu'aux bords pour noyer tes douleurs , Si les flots fermentes laissent surnager Fhydre, Alors, les yeux au ciel bois ton fiel et tes pleurs.

HtMÏIE.

U m«û du fliyif èr» m Tr6l*> tt M Mr mwOéh des êtres émanés de sa grâce... il est le thème du chant.

OwBir.

Pure emnast de iotit ^ dom fift itoifibni esi fémblèmé ^

Combien é& fois^ type âuirtémè, Trouvas-to tôÈ iiomhettf à È&rût de tûi-méfite f

Combien , après tes longs travaux , Beau triangle mystique aux trois cotés égaux , Es-tu rentré dans ton repos?

Puissance , Amour , Sagesse , 6 mouvant équilibre i

Accord triple qui toujours vibre !

Dans ses épanchements force incessante et libre !

Nos temps venus , sainte Unité , Tu te développas selon ta volonté, Et Funivers fut enfanté.

Belle œuvre harmonieuse en tout ce qu'elle enferme ^

Où , comme la fleur à son germe , Chaque être répondait à son principe et terme.

Pour riiomme simple mais complet, Sans voile dans les cieux le triangle brillait , Admirant en lui son reflet.

Crime ou faiblesse , un jour — ( Trinôme y grâce ! grâce ! )

Amour , Sagesse , tout s'efface ! . .

Toi seul , Père indulgent , n'as point caché ta face.

Homme marqué du sceau fatal , A présent suis la voie où t'a lancé le Mal , Esprit boiteux , cœur inégal !

^6iâ

Des humainaë etr^n va détotûtif là tfàim ,

Et triftié de ton propre Uâme , Tâche par le savoir de refaire ton ânoMT.

0 lâhtûf tôtffôtirs avcîrté!

Entrevoir l'astre pui* toujours d*uri scfiil c6té , lâlDâiS toute la vérité !

Pèlerin vague , errer de système en système ,

Et , Vœil louche , la face blême , Étudier le monde et soi comme un problème !

Seigneur, il M kn^ lef détow Qui doit ramener l'homme à soii premier fiéjottf , Jardin de candeur et â'«aieflt.

Sur sa route pourtant vous lui venez la

Et cçlui qui de tous émane , Père , vint raphel^ en captif d^Axiamm.

Et Loi, l'Esprit, l'ardest Milieu, Sur ce front autrefois illuminé par Dieu Descendit en langues d£ feu.

Ainsi, marchant vers vous, îBagesse, Amour, Puissance,

Sous l'arbre vert de sa naissance I/homme un jour s'assotra fort d'une autre innocence.

Le théâtre de son labeur , Ce monde , il le rendra baigné de sa sueur , Changé, mais comme lui meilleur.

Et toi , triple clarté , que nul œil n'a sondée ,

Mais que tous voyaient en idée , Des dâl-men de la Gaule aux autels de Judée,

Dans ton éclat primordial ,

Tu brilleras encor sur ton ciel de cristal ,

Beau triangle équilatéral !

y M VICTIS.

Uos ego Venelos (Gallos) existiino Veneliarum ad Adriaticum sinuiu esse auctores.

Strai. LW- IV,

L'écho des temps passés n'est-il pas mort en vous , Gaulois-Italiens? SaVez-vous qui vous êtes? De graves érudits vont répétant chez nous : « Oui, les Vénitiens sont enfants des Vénètes. >

B 66 (B Et moi de votre gloire amoureux et jaloux , Comme un frère je pleure ici sur vos défaites.

Ces hideux Autrichiens au visage épaté

Ce soir nous observaient , et lui, brave jeune homme ,

Élevé dans l'orgueil de sa belle cité :

« Oh ! Venise accouplée à ces bétes de somme ! »

Vinrent d'autres soldats leur baguette à la main ,

Lui, pâle, m'entraîna par un autre chemin :

i^ Oui,fuyons, taisons-nous, car nous n'avons plus d'armes.

Ils ont pris nos couteaux, car nos qputeaux tuaient.

Le dirai-je? (et ses yeux se gonflèrent de larmes)

Nous, hommes d'unsangnoble, odieux! ils nous frappaient !

Vœ Viciis! mot cruel qui durement s'expie!

Le sais-tu, Brenn* féroce, ô sauvage insensé?

Ainsi tu t'écriais, le fer sur l'Italie ;

Hélas ! sur tes enfants Tanathème a passé.

Vous donc, vainqueurs nouveaux, plus de paroleimpie:

Ce dard revient frapper le bras qui l'a lancé.

* Brenn » chef, d'où Brenniu.

Page 1