‹ Les Bretons (volume 2)Chapitre 39 sur 88 · EN REVENANT DU LIDO · texte numérisé non relu

EN REVENANT DU LIDO

Oh! malheur à celui dont la mâle constance Veut hraver sa fortune et braver l'existence ; Qui, cent fois éprouvé, mais sourd à la frayeur , S'obstine au fol espoir d'un avenir meilleur :

Au livre où de tout temps nos heures sont prédites Ses yeux ne liront plus que des lignes maudites; L'inflexible destin , d'un doigt mystérieux , Trace autour de ses pas un cercle impérieux , Et riant des combats où s'use sa faiblesse , Dans le cercle fatal le ramène sans cesse , Tant qu'épuisé d'efforts il tombe sans appui , Victime de lui-même et victime d'autrui. Lido 1 Lido ! j'ai vu tes grèves désolées , Ton sable jaune et fin où , ooiifîi.s#s , mllées , On retrouve le soir les traces des serpents Au soleil de midi déroulés et rampants : Ici venait Byron, d'un cei] inélancolique Il regardait au loin brilkr l'Adriatique , Ou, pour dompter |K)n âme, il poussait au gsdop Son coursier hennissant au bruit de ishfique flot ,

Et le noble animal écrasait les vipères Qui gagnaient en sifQant leurs venimeux repaires. . . Non, non, j'avais mal dit! Le courageux est fort. Marchons sur les serpents et triomphons du sort. Ah I si tels que Jésus heureux dans les supplices , Souvent vous ne mettiez dans vos pleurs vos délices, Songeant que les pervers ne savent ce qu'ils font , Ou si dans un mépris silencieux , profond , Vous n'aimiez à garder vos amères pensées , Comme dans l'arsenal des flèches amassées , Hommes doux mais puissants, tout à coup au grand jour Montrez l'âpre vigueur que cache en vous l'amour , Saisissez le méchant , serrez-le sans relâche , Et bientôt vous verrez le front pâle du lâche !

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