‹ Les Bretons (volume 2)Chapitre 79 sur 88 · ACCORD · texte numérisé non relu

ACCORD

C'est là notre destin : l'homme est, à son aurore, Un tout harmonieux qui cependant s'ignore ; Il suit son innocence avec sécurité , Et s'en va plein de foi, de douceur, de gaîté;

2i) 268 ^ ]Mais l'ombre vient, la route à ses regards s'efface, Et de son conducteur l'enfant quitte la trace. A travers les détours de ce voyage obscur Il cherche un autre ami moins riant et plus sûr; Longtemps il erre seul : enfin sa conscience Comme un guide éprouvé lui donne la science ; Et ses forces trouvant leur accord à la fois , Forment un nouveau tout et qui comprend ses lois. Bien heureux désormais quand l'épreuve est finie , Et que son être entier n'est plus qu'une harmonie, S'il se complaît lui-même en sa tranquillité Et s'il ne brise plus cette sage unité !

A Tom. Prater, d'Édimbouré.

Devant un Ifrais jardin, sur la porte entr'ouverte , Une vieille disait en suivant son chemin : « Les beaux fruits que voilà Sous la tonnelle verte ! Que je voudrais sentir la fleur de ce jasmin !

Je connais un jardin, hélas ! un jardin sombre , Où, quand j'arriverai, le maître m'ouvrira ; Pour reposer mes os j'aurai ma place à l'ombre , Peut-être à mes cotés un riche dormira. »

Or un sage lisait, assis dans sa tonnelle : « Mère, pourquoi rester dehors à la chaleur? Entrez dans mon jardin, le maître vous appelle , Vous mangerez un fruit, vous prendrez une fleur. »

En Bretagne,

Page 1