LA CHANSON DE L'ERMITE
La chaumière où seul j*habite
Est petite , Mais elle est près d'un étang Et d'un bois jeune et flottant
Qui l'abrite.
Dès le matin, sous mon chaume
Tout embaume , Mes deux volets sont ouverts :
Du chanvre et des genêts verts
Quel arôme !
Lorsque la chaleur arrive,
Quand la grive Se cache au fond du blé noir, Je puise à mon réservoir
Une eau vive.
Enfin la fraîcheur retombe!
La colombe
Roucoule sur ma maison ;
Moi, j'entonne une oraison:
Le jour tombe.
Ainsi je vis en ermite,
Dans mon gîte , D'eau, de parfums, de chanson; Et la nuit je dis ton nom, .
Marguerite !
Marguerite, ô pèlerine Blanche et fine ,
£n régalant ton manoir , Dans mon clos viens donc t'asseoir En voisine.