‹ Les brigands de Franconie [microforme]Chapitre 11 sur 52 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

RoBerT (seul, assis au pied d'un arbre, avec une profonde sensibilité). — Ils dorment... et le repos me fuit! Le sommeil n’ose approcher de mes paupières, mon corps est abattu, mon cœur oppressé, et, pour comble de maux, je suis forcé de dévorer mes larmes, d’étouffer mes sanglots. Ah! Robert, Robert! non, il n’est plus pour toi de bonheursur la terre. Entouré de brigands, que pour mon malheur je commande, l'épouvante me précède, Ja destruction marche à ma suite. (Avec émotion.) J'étais né pour faire des heureux, et je porte la terreur dans la société ; mais j'ai fait parvenir mes plaintes, mon repentir, mes remords aux pieds du souverain ; j'ai envoyé le tout au comte de Berthold, mon parent et son favori. J'ai dévoilé les persécutions qui m'ont poussé dans cet abîme ; je ne lui ai demandé qu’un coin de terre inhabité.. ou quelque antre sauvage. Sans doute on me le refuse... Je m'y devais attendre .. Ah ! si jamais le sang de mes coupables victimes s'élève contre moi... (Il tire une lettre de sa poitrine et avec force.) Voilà, dirai-je, voilà mon excuse : la malédiction d'un père, l'inimitié d’un frère ont produit tous les maux de Robert... (Avec douleur.) Les cruels ont porté le désespoir dans mon âme ; ils m'ont fait haïr les hommes... {Avec sensibilité.) Et pourtant jamais. non, jamais je n'ai fait couler les larmes d’un innocent infortuné. ( Il pleure amèrement.)

or: CDR sea SCÈNE II.

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