‹ Les brigands de Franconie [microforme]Chapitre 15 sur 52 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ROBERT, ROSINSKY.

RosEerT. — Nous voilà seuls, bon jeune homme ; as-tu bien réfléchi ? Connais-tu la profondeur de l’abîme où tu te précipites ? Quoi ! il existe des lois, et tu fuis la société pour t’attacher à ceux qu'on nomme des brigands ? Quel est ton nom ?

Rosinsky, (4 part).— N'allons pas nous trahir ! (Haut). Je m'appelle Rosinsky.

RoBerT, (avec confiance). — Rosinsky, écoute. — L'attrait d’une vie indépendante a pu éblouir ta jeunesse. L'abus de tous les pouvoirs, l'impuissance des lois, l'injustice de leurs ministres ont dû frapper ton imagination et révolter ta sensibilité. Mais nous, qui punissons, les méchants, quel droit avons-nous de redresser leurs torts, de suppléer pas la force à l’insuffisance des lois ? — Nous n’en sommes pas moins appelés des brigands, nos jugements ‘es crimes, nos arrêts des assassinats. — Crois-moi, si ton âme, flattée par l'espoir de quelque renommée, ah ! fuis, jeune insensé ! il ne croît pas de lauriers parmi nous. Les dangers, la mort, l’infamie, voilà notre partage. (17 se retire à l'écart.) Vois-tu, sur cette colline, cet affreux monument de la justice ?.. C’est le tombeau qu'on garde à nos pareils.

RosiNsky.— Qu'est il encore à craindre pour qui ne craint pas la mort ? |

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RoBErT, (avec dédain ).—La mort !...La mort n'est rien... Mais si tes mains étaient souillées du sang de ton semblable ! Si tu portais sur ton âme le poids affreux d’un homicide !.. jeune homme, tu ne dormirais plus... Mon enfant, je te parle en père. (217 lui prend la main confidemment.) Tiens, je commande à trois cents hommes capables de tout entreprendre, déterminés à mourir à mon premier signal; je puis disposer de cent mille ducats qu'ils ont mis en réserve comme la part de leur chef. ( Avec force.) Eh bien ! j’abandonnerais mon commandement, ces vils trésors et dix années de ma vie, pour goûter un quart d’heure le sommeil de l'innocence. (Emu.) Eloignetoi, te dis-je, je ne veux pas avoir ton malheur à me reprocher. | ;

Rosinsky (à part). — Quelle élévation d'âme ! ({ Haut.) Non, je ne vous quitte plus.

RoBERT, (le repoussant ).—Tu te perds,malheureux.

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