‹ Les brigands de Franconie [microforme]Chapitre 2 sur 52 · VICTOR, MAURICE · texte numérisé non relu

VICTOR, MAURICE

Victor. — Laissez-moi, vous dis-je, vous ne me convaincrez jamais des torts de votre frère. Pauvre Robert ! déshérité par son père, trahi par ses amis, persécuté par son frère, sans secours, sans asile, seul, abandonné de la nature entière, il n’a, pour supporter ses malheurs, que la force de son courage ; vous, vous jouissez en paix, si la paix peut entrer dans votre âme, d’un héritage surpris à la crédulité de votre père.

MauricE.—Les dernières volontés de mon père suffisent pour me justifier. N'est-ce pas lui qui de sa voix mourante a prononcé la malédiction qui semble s'attacher à ses pas ?

Vicror.—La malédiction ! eh ! l'a t-il mérité ? Ah! peut-être la force de l'exemple, son goût pour la dépense et la fougue d’une jeunesse impétueuse ont-ils pu l’égarer! Mais que de vertus rachetaient ces défauts ! Que peut-on reprocher à son âme ? elle est belle, élevée, sensible ; j’en atteste tout le canton, toutes les chaumières qui environnent ce château ; elles ne couvrent pas une famille qu’il n'ait secourue, pas un malheureux dunt. il n’ait adouci l’infortune.

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