SCÈNE I
ROBERT, FORBAN, WOLBAC, sur le devant :(veauroup de BRIGANDS dans le fond.)
RoBERT, (se laissant tomber au pied d'un arbre ) —
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Ah! de l'eau, mes amis. Je n’en puis plus ; un peu d’eau, si cela est possible. La rivière n’est pas loin ; mais vous êtes tous excédés de fatigue.
WozBac.—dJ’y cours. (Wolbac sort.)
RorerrT.—Nous avons combattu comme des amis, des frères.
ForBan.— Ah ! ils se souviendront de la journée du magistrat.
RoBEerT.— Quelles sont les pertes de part et d'autre ?
FoRBAN.— Près de trois cents hommes da leur côté, restés morts sur la place. Du nôtre, dix-sept blessés, un seul tué ; mais c’est le brave Roller... Il a fait des prodiges…
RoBERT.—Sa mort me fait envie.
ForBan.—Il semblait la chercher. Je l'ai vu s’élancer au milieu d'eux, fendre les rangs, frapper, renverser tout ce qui l'approchait. Le nombre enfin l'emporte ; mais si je n'ai su le secourir, j’ai du moins su le venger.
ROBERT.—A la place où il est tombé, on lui aurait élevé un mausolée, si, au lieu de périr pour moi, il fût mort pour servir les passions de quelque ministre ambitieux. Voilà comme dans la vie tout tient à la fatalité ! A-t-on pansé Razmann ?
ForBax.—Son état est désespéré ; lui-même m'a tantôt demandé la mort pour être délivré de ses dou. leurs. « Je sais mourir, a-t-il dit, mais je ne puis souffrir. » Je n’ai pas osé lui rendre ce triste service.
WouBac, (arrive et présente son chapeau plein d'eau ).—Tiens, capitaine, voilà de l’eau fraîche comme de la glace. |
RoBEerT {boit et dit à Wolbac).—Comment, Wolbac ! quoique excédé de fatigue ?
WozBac.—Non seulement de l’eau, cher capitaine, mais tout mon sang est à ton service. Tu m'as sauvé deux fois la vie, ou plutôt la honte de tomber vivant
…— àÿ =
dans leurs mains. —Ah ! Robert, aie jamais besoin de mon bras, et tu verras si Wolbac sait reconnaître un bienfait.
Robert, {4 Wolbac).—N'est-il donc plus de salut pour Razmann.
WozBac.—Aucun... Deux co »s de feu dans la poitrine ec treize coups de sabre sur le corps. Les malheureux allaient le mettre en pièces si je n'étais venu diviser la curée ; mais je les ai fait danser de manière à se souvenir de la noce. A propos, quest donc devenu Rosinsky ? Je ne l'ai point vu dans l'action. |
ForBan.—Je l’ignore ; mais, je le répète, sa conduite est fort équivoque.
RoBErT.—Rassurez-vous, moi, j’en réponds.
FoRBAN, (à part ).—Quel diable d'homme, il ne se méfie de personne.