LES PRÉCÉDENTS, UN BRIGAND
LE BRIGAND.—Capitaine, Razmann approche de son dernier moment ; il veut encore te voir et te faire ses adieux.
Roserr.—Allons ! (à part.) C’est pour moi qu'il s’est sacrifié. (ZI sort.)
WozBac.—Tant mieux, ses tourments vont finir. (A Forban.) Mais nos provisions, camarades ? Mon estomac n’est pas ami de la diète.
ForBan.—Elles sont en chemin.
WozBac.—Notre caisse est bien garnie, j'espère, et celle du capitaine aussi, car s’il dépense, ce n'est pas pour lui.
ForBAN.—La caisse du capitaine ? non !... Mais si tu savais l’usage qu’il en fait, ou tu n'aurais pas d'âme, ou des larmes d’admiration couleraient de tes yeux. (11 lui donne un papier.) Tiens, lis, voici le mémoire
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du dernier quartier ; mais prends-y garde : la moindre indiscrétion me perdrait dans son esprit.
WozBac (lit d'une voir qui s'altère à la fin de sensibilité).—1 Pour deux orphelins élevés à l'université de Leipsick, cinquante ducats ; pour la liberté d’un père de famille, emprisonné pour dettes, quarante ducats ; pour la pension d’une veuve chargée de sept enfants, cent ducats ; pour la dot d’une jeune fille. » (Il lui rend le papier d'une voix altérée.) Tiens. tiens... je crains de m’enthousiasmer pour lui. ( Profondément pénétré.) Je connaissais son courage, sa franchise, la noblesse de ses sentiments, l'élévation de son âme... mais je ne me doutais pas que ce fût d’un chef de brigands qu’on dût prendre l'exemple des vertus.
ForBan.—Si nous avons l’orgueil de nous croire des hommes, conviens, Wolbac, qu'il est digne de nous commander.
WozBac, (appuyé). —Et glorieux pour nous de lui obéir.