‹ Les brigands [Texto impreso]Chapitre 41 sur 87 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

FALSACAPPA, PIÉTRO.

FALSACAPPA. à Piétro qui est tout pensif et qui a passé k droite.

Tu semblés inquiet, vieux Piétro... qu’est-ce que tu as?...

PIÉTRO

Je songe à ce que le brigandage était autrefois... on n’y cherchait pas tant de malice... on arrêtait tout uniment les diligences... on faisait coucher les voyageurs sur le ventre... et on les dépouillait... Quant aux femmes...

FALSACAPPA.

On les emmenait dans la forêt, n’est-ce pas?... on les attachait au premier arbre venu avec une corde...

PIÉTRO

Oui... et pendant qu’elles étaient là, la robe un peu dégrafée, les cheveux épars... on regardait couler leurs larmes, en fumant une vieille pipe... Ah! c’était le bon temps!... On ne s’occupait pas alors d’imaginer un tas de combinaisons... mais maintenant...

FALSACAPPA.

Maintenant?...

PIÉTRO

Cette affaire dans laquelle tu nous lances...

FALSACAPPA.

Eh bien?

PIÉTRO

N’est-elle pas un peu compliquée?

Mais pas du tout. Nous allons nous substituer aux marmitons, pour recevoir les gens qui viennent de Mantoue... Puis, nous nous substituerons aux gens de Mantoue, pour recevoir les gens qui arrivent de Grenade... et enfin, nous nous substituerons aux gens de Grenade, pour aller à la cour de Mantoue recevoir les trois millions. Il me semble que rien n’est plus simple.

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