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LA FABRICATION

METALLURGIE DU BRONZE

g 'est une des particularités , et non des moins curieuses, de la Métallurgie, que la plupart des métaux mis en œuvre par l'homme ne peuvent être utilement employés tels que la nature nous les livre , c'est-à-dire à l'état de minerais, ou même à l'état °^J pur. Pour qu'ils acquièrent toutes les qualités dont ils sont susceptibles, il faut, en effet, les allier dans des proportions variables avec d'autres métaux. Cette particularité explique les difficultés singulières que les hommes des époques primitives eurent à surmonter pour se rendre les métaux vraiment utiles. Elle explique aussi le long temps qu'il leur fallut pour arriver à combiner ces mélanges et pour obtenir, grâce à eux, une force de résistance suffisante pour répondre à des exigences précises,

et une facilité de travail permettant d'obtenir, sans de trop grands frais, les objets qu'on prétendait fabriquer en métal.

En un temps, en effet, où la chimie n'existait pas, — même à l'état embryonnaire, — ces mélanges, ces alliages (pour leur restituer leur nom) résultèrent uniquement du hasard, d'événements fortuits, d'accidents tout à fait imprévus qui, pour être pratiquement recommencés, exigèrent une dose extraordinaire d'observation, des expériences répétées, des tâtonnements sans nombre.

Entre tous ces métaux de la première heure, le cuivre fut peut-être le seul qui put rendre de nombreux services, sans être soumis à des traitements relativement savants et compliqués : « Le cuivre primitif, qui subsiste encore en masses métalliques, écrit Buffon, s'est offert le premier à la recherche des hommes; et comme ce métal est moins difficile à fondre que le fer, il a été employé longtemps auparavant pour fabriquer les armes et les instruments d'agriculture. Nos premiers pères ont donc usé, consommé les premiers cuivres de l'ancienne nature : c'est, ce me semble, pour cette raison que nous ne trouvons presque plus de cuivre primitif dans notre Europe non plus qu'en Asie; il a été consommé par l'usage qu'en ont fait les habitants de ces deux parties du monde, très anciennement peuplées et policées1. »

Grâce à cette particularité, le cuivre fut donc à peu près l'unique métal employé par nos lointains ancêtres, pour les besoins habituels de la vie. De là naquit l'estime reconnaissante que les premières sociétés professèrent à son égard. Pendant bien des siècles, en effet, il fut préféré à l'argent et à l'or et mis au-dessus d'eux, parce que le défaut de résistance de ces derniers empêchait que, pour une foule d'usages, on ne les utilisât à l'état également pur.

C'est, au surplus, ce que constate Lucrèce, dans son ad-

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