‹ Les bronzes d'art et d'ameublement ;Chapitre 2 sur 69 · Hist. naturelle, art. Cuivre · texte numérisé non relu

Hist. naturelle, art. Cuivre

mirable poème si plein de révélations précieuses1 : « Les hommes, écrit-il, eussent voulu réaliser avec l'argent et l'or ce qu'ils avaient obtenu des forces puissantes du cuivre résistant. Gela leur fut impossible, parce que la consistance de ces métaux cédait, vaincue, et qu'ils ne pouvaient supporter également un dur travail. Aussi le cuivre fut-il estimé à un prix plus élevé, et l'or déprécié à cause de son inutilité. » A l'appui du dire de Lucrèce, on peut citer, du reste, divers passages de Ylliade où l'on trouve le cuivre encore assez haut prisé, pour être placé sur le même rang que l'or, et constituer une des principales richesses. Mais peu à peu la valeur du cuivre alla s'amoindrissant. Celle de l'or, au contraire, augmenta de jour en jour. « Maintenant, continue Lucrèce, c'est le cuivre qui est dédaigné, et l'or est parvenu au comble de l'honneur; ainsi le temps, dans ses révolutions, change les conditions des choses; ce qui fut d'un grand prix finit par n'être plus estimé. »

Ce que le poète ne dit pas, c'est qu'entre temps l'industrie humaine avait découvert les alliages de l'or avec l'argent, et de ce dernier avec le cuivre : alliages qui ont permis de leur donner la force, la dureté, la résistance qui leur manquaient, sans atténuer leur ductilité et leur fusibilité d'une façon sérieuse. C'est grâce à eux, en effet, que les admirables qualités de ces métaux, précieux entre tous, ont pu être utilisées, développées même et mises à la portée de l'homme. Il est vrai que, pendant ce temps, la métallurgie n'était pas demeurée ingrate à l'égard du cuivre. Elle avait également découvert ces mélanges avec l'étain d'abord, puis avec la calamine, c'est-à-dire avec le zinc et avec le plomb, qui, sous le nom d'airain d'abord, de bronze et de laiton ensuite, allaient conquérir dans le monde une réputation universelle2.

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