MUSÉE DE NAPLES
XVe olj'mpiade. Après cela, il nous faut sauter à la LXVC (520 ans avant J.-C), où nous apprenons de Pline, qu'Hégésias exécuta deux statues de Castor et Pollux jugées si belles, qu'après la conquête de la Grèce elles furent transportées à Rome et placées devant le temple de Jupiter Tonnant [ante œ de m Jovis Tonnantls). Vers le même temps (LXVII6 olympiade), Daméas de Crotone jetait en bronze la figure de son compatriote le fameux Milon, et c'est la première que l'on
connaisse de ces statues iconiques, qui devaient offrir dans chacune de leurs parties « une image parfaitement ressemblante du corps des athlètes * ». Puis voici, àlaLXXe olympiade (500 ans avant J.-C), Aristoclès de Gydon qui élève à Olympie le groupe célèbre représentant Hercule combattant une amazone ; à la LXXIIe (488 ans avant J.-C), Glaucias d'Egine qui gratifie Syracuse d'un char conduit par son tyran Gélon; à la LXXVe (480 ans avant J.-C), on cite Critias de Nesos, à qui les Athéniens demandent les statues d'Harmodius et d'Aristogiton; à la LXXVIIIe, Simon d'Égine, Glaucus d'Argos et Dyonisius sont chargés de l'exécution de vingt statues appelées à décorer l'Altis d'Olympie. On leur doit en outre des chevaux de bronze, une figure de Neptune, des bustes d'Homère, d'Hésiode, etc., qui plus tard, enlevés par ordre de Néron, furent transportés à Rome. Vers le même temps, Agéladas d'Argos jette en bronze un quadrige superbe d'allure, ainsi que la statue de Jupiter Ithomate; et Galamis, qui excellait à représenter les chevaux, acquiert, comme orfèvre, une réputation qui durera jusqu'à la fin de l'Empire romain. Faut-il citer encore Onatas d'Egine, fils de Mycon, à qui l'on dut un Hercule de bronze; Charès, l'auteur du colosse de Rhodes, et Polyeucte, qui modela et fondit la statue que les Athéniens élevèrent à Démosthènes après sa mort?
Il est à remarquer que, dans cette hâtive énumération, empruntée en 'grande partie à un savant travail d'Emeric David2, on ne trouve mentionnés ni Callimaque, ni Phidias, ni Myron, ni Polyclète, ni Lysippe, ni Praxitèle, ni Cléomènes, c'est-à-dire aucun de ces sculpteurs de génie dont la Grèce, et après elle l'humanité, ont le droit d'être justement orgueilleuses; et cependant, eux aussi, ils pratiquèrent le bronze, et l'on peut deviner avec quelle maîtrise.