Me'm. de Pli. de Comines, édition Dupont, t. III, p
Martin ». Par contrat notarié, ces trois industriels s'engageaient à fournir à Louis d'Amboise : 1° un pupitre en forme de griffon, orné des statues de la Vierge, de sainte Cécile, de saint Valerian, de saint Salvi et de saint Tiburce ; 2° six colonnes surmontées de six anges, tenant les instruments de la Passion; 3° une crosse semblable à celle de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, « le tout en cuivre jaune bon, léal et marchant, et bien purifié ». Ces ornements, destinés à la cathédrale d'Albi, dont Louis d'Amboise était évêque, furent payés au poids à raison de 18 livres 10 s. « pour chaque cent (livres) » que pourraient peser les colonnes, et 19 livres pour le pupitre et la crosse a pour cuivre et ouvrage, le tout au poix le Roy ».
Ce curieux mélange de professions et de responsabilités, cette subordination de l'art au métier, s'ils expliquent les remarquables décorations dont les pièces d'artillerie furent pendant longtemps ornées, font en même temps mieux comprendre comment les fondeurs de cloches, devenus fondeurs canonniers, appliquèrent aux œuvres d'art qu'on les chargeait d'exécuter, des procédés qui auraient fatalement amené la décadence de la Statuaire, si celle-ci n'eût pas été déjà compromise par d'autres raisons.
Un coup d'œil donné sur la façon dont s'exécutaient ces gros travaux, en même temps qu'il nous permettra cle retracer rapidement l'histoire des cloches, achèvera d'expliquer cette décadence et les causes techniques qui l'ont
Fig. 53. Jeton de la corporation des Chaudronniers.