‹ Les bronzes d'art et d'ameublement ;Chapitre 8 sur 69 · Voii* Y Orfèvrerie, p. 60 et suiv · texte numérisé non relu

Voii* Y Orfèvrerie, p. 60 et suiv

2. Voir, pour l'explication de ces différentes sortes de travaux, Y Orfèvrerie, p. 29 et suiv.

d'une finesse et d'une élégance indiscutables, par contre on a peu d'exemples d'oeuvres d'un caractère d'art élevé qui soient exécutées par ce procédé. Jadis il n'en était pas ainsi. Sans remonter jusqu'au colosse de Rhodes, lequel, d'après les récits les plus véridiques, aurait consisté en un gigantesque ouvrage de chaudronnerie, nous verrons, quand nous aborderons l'histoire du bronze, qu'un grand nombre de sépultures, au Moyen Age, furent recouvertes de « gisants » ou statues couchées, façonnées au repoussé. C'est ce qu'on appelait alors Y ses ductile, « le bronze ductile », par opposition à Yœs fuslbile ou « bronze fondu ». Enfin, de nos jours c'est encore au repoussé qu'on demande, exceptionnellement, les très grandes statues, ces colosses quidéfient le travail de la fonte, et qui à de gigantesques proportions doivent allier une légèreté relative. Les figures d'hommes d'armes qui surmontent le faîte de l'hôtel de ville de Paris, ainsi que la statue de la Liberté éclairant le monde, œuvre de Bartholdy qui décore aujourd'hui l'entrée de la rade de New-York, ont été obtenues par ce procédé.

Les nombreux fragments dont se composent ces œuvres exceptionnelles sont exécutés séparément, à l'aide de mandrins sur lesquels on applique les feuilles de métal. On leur en fait épouser la forme; et elles sont, après cela, rapprochées et réunies par une suite de boulons, qu'un travail de sertissure confond si bien avec la matière générale, qu'on cesse de les apercevoir.

La foxte est, de tous les procédés usités pour travailler le bronze, celui qui donne les résultats les plus artistiques, et qu'on emploie, de nos jours, le plus généralement. Il serait en outre des plus simples, si l'on se bornait pour tous les ouvrages, comme on le fait pour les petites pièces, à fondre les objets en massif ou en plein. Il paraît à peu près certain que les premières statues durent être exécutées de

la sorte; mais, à une époque si reculée qu'elle se perd dans la nuit des temps, de grands artistes, qui menaient de front l'art et les procédés, et qui étaient non seulement des statuaires d'un rare mérite, mais des métallurgistes de premier ordre, trouvèrent le moyen de ne couler que l'enveloppe de la figure, et de réduire leur fonte à une très faible épaisseur. Dès la plus vénérable antiquité, on arriva, dans ce genre de travail, à une perfection qui n'a pas été dépassée depuis. A Rome, la statue équestre et colossale de Marc-Aurèle en fournit la preuve. Deux étrangers, le peintre allemand Sandrart et le sculpteur flamand François Duquesnoy, mesurèrent, au xvne siècle, l'épaisseur de ses diverses parties. Ils les trouvèrent d'une égalité parfaite, et « qui ne surpassoit pas celle d'un écu », soit trois à quatre millimètres au plus1.

Cette réduction d'épaisseur est de la plus haute importance, parce qu'elle assure à l'œuvre une grande supériorité d'exécution. Et en effet, lorsque le métal une fois coulé se refroidit dans le moule, il se produit toujours un retrait, et ce retrait est d'autant plus considérable que la quantité du métal employé est plus grande. « Si bien que le rétrécissement est presque nul sur une fonte légère, tandis qu'il peut atteindre à 2 pour 100 et au delà, sur la même figure coulée à une forte épaisseur2. » Or le résultat de ce retrait, de ce « rétrécissement », comme écrivait Barbedienne, est de produire des déformations. En outre, ainsi que le remarque l'illustre bronzier, « on ne sait peut-être pas assez que la surface de la fonte est d'autant plus fine de grain d'épiderme, que le métal a moins d'épaisseur ».

De cette nécessité de ne fondre que l'enveloppe extérieure des statues, sont nés deux procédés différents de fonte : le premier qui porte le nom de cire perdue, le second,

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