Voir nos traités de V Orfèvrerie et de la Serrurerie
confectionner, puis, à l'aide du tour armé de ciseaux très tranchants, on détachait en copeaux les parties inutiles, et l'on donnait à la forme tous les détails de profils, moulures, etc., qu'on jugeait convenables.
Cette façon de faire était appréciée pour deux raisons. Elle permettait d'exécuter, sans qu'il fût nécessaire de recourir au montage, des objets usuels d'un seul morceau, et par conséquent plus solides. En outre, le travail du tour resserre les molécules du métal, et, rendant son épidémie plus dense et plus ferme , fait qu'il s'use moins au service journalier. Aujourd'hui le tour, encore employé pour la fabrication de quelques ustensiles de ménage, en cuivre ou en laiton, n'est que très rarement usité pour le bronze.
Fier. 5.
Aiguière eu brouze repoussé (xvie siècle).
Le repoussé s'exécute au marteau, et n'a jamais cessé d'être un travail courant, parce
qu'il répond à des besoins spéciaux, à des applications particulières. Il permet, en effet, de confectionner, avec une très mince épaisseur, une quantité d'objets d'ameublement tels que bassins, chaudrons, plateaux, bouilloires, aiguiè-
res, qu'on obtiendrait difficilement à la fonte, et qui, par cet autre procédé, seraient d'un poids beaucoup plus considérable, par conséquent moins maniables et plus dispendieux. En outre, le travail du marteau, nous l'avons expliqué autre part1, corroie le métal, augmente sa résistance, lui donne une sorte de trempe et le durcit au point qu'au cours de l'exécution, on est obligé de lui faire subir de temps en temps une chauffe, pour le rendre de nouveau ductile. C'est surtout la vaisselle de table et les ustensiles de cuisine que l'on exécute au repoussé. Argentée par la galvanoplastie, la vaisselle de table est devenue, depuis un demi-siècle, l'objet d'un commerce considérable; aussi a-t-on recours, pour sa fabrication, aux procédés mécaniques rapides et par conséquent peu coûteux. On les trouvera décrits dans notre manuel de Y Orfèvrerie2 .
Ces procédés économiques sont également employés pour les ouvrages dits de chaudronnerie. Lorsque le fabricant se propose de donner simplement à sa feuille de métal une forme convexe à l'extérieur, concave à l'intérieur, comme celle d'un chaudron ou d'un bassin, son travail, qui prend le nom d'emboutissage, peut être exécuté à l'aide de mandrins ou du mouton. S'il veut orner son ouvrage de reliefs, il peut recourir au balancier. Enfin, grâce au tour, il peut non seulement imprimer à sa feuille une concavité profonde, comme celle d'une bouilloire, mais encore, en recourant à la rétreinte, il surmontera cette concavité d'un goulot plus ou moins étroit2. On voit qu'au point de vue de l'utilité, il y a de nombreuses raisons pour que le travail au repoussé ne soit pas abandonné.
Au point de vue de l'art, il n'en va pas tout à fait de même. Si, à l'aide du marteau, il est possible de couvrir les objets d'usage dont nous venons de parler, d'ornements