‹ Les bronzes d'Osuna: remarques nouvellesChapitre 10 sur 19 · Voyez Henzen , tome III , page · texte numérisé non relu

Voyez Henzen , tome III , page

^ M. Wiimans semble partager le S 3439.

Le nom du destinataire est romain, du moins on doit le conjecturer parle surnom de Lappa, qui était connu parmi les familles romaines ^

Ce personnage était duucnvir quinquennat. De quel municipe? Impossible de ie dire. Il a cumulé cet honor, simultanément ou successivement, avec celui de tribanus milltum a populo. A-t-il exercé cette dernière charge à titre de fonction d*Etat, c'est-à-dire d emploi militaire proprement dit? C'est ce que démontre, d'une part, la qualité de prcpfectusfabrum, cest-à-dire d'oiBcier supérieur du génie dans l'armée romaine; et je ne répéterai point tout ce que j'ai déjà dit à ce sujet. C'est ce que démontre enfin la dernière partie de finscription en litige , qui nous fournit une date probable.

Le destinataire a ordonné, par testament, qu'une halle, ou marché, serait construite aux frais de sa succession et aux soins de son affranchi Epaphras; il a voulu, de plus, qu'une stiUue de Mercure fût élevée au milieu de cet atrium auctionarium , et, comme le moment où il disposait ainsi, par dernière volonté , était contemporain de l'apothéose d'Auguste , époque où les dieux de l'Olympe reçurent par adulation l'honneur de ïaagustalité , il a qualifié le dieu du commerce d'Augastus : Mercurium Augustum sacrum poni j assit Le fait paraîtrait étrange, s'il n'y avait pas cent exemples de pareilles qualifications. Auguste ayant passé au rang des dieux, même de son vivant, car il y eut des Flamines Augustaux pendant sa vie, les dieux passèrent, de leur côté, au rang d Augustes. On eut Apollon Augastus, Junon Aagusta, Mercurius Augustus^. C'était un échange de politesses olympiennes, imaginé par la bassesse des flatteurs^. Le Mercurius Auguslus abonde, notamment au musée lapidaire de Lyon , et il y provient des ruines romaines de Lugdunum , où Ton sait que le dieu Auguste eut un autel solennellement consacré. L'inscription de Pompullius s'explique donc, comme toutes les autres, par les circonstances épigraphiques, par la date, et par un cumul de fonctions.

Voici maintenant l'inscription d'Avellino, colonie de vétérans, établis dans ie pays des Hirpini, l'un des peuples jadis confédérés sous la dénomination générale de Samnites^.

* Rosin, Aniiq, rom, p. 935. * inscr, lat. V, 8i3,8igà SSà , 835 à 836

* On eut aussi des Lar-es Augustes « et 838.

parce que le prince avait reslilué, réor- ' Sur la déiûcation d* Auguste, de son

ganisé ie culte des dieux Lares. (Musée vivant, voy. Musée de Nîmes, p- 70.

de Nîmes, p. 3o. ) On connaît encore Ne- * Ahellinum , muro ducta colonia : Icge

mesis Augusta, Silvanus Aaguslus , Venus Senipronia deducla. Ager ejus veteranis est

Augusla, Vulcanus Auguslus, oie. Corp. assignalus. — Fronlin, De colon., init.

Le texte de TiDscription n'est point encore invariablement arrêté, attendu que la pierre qui la porte , autrefois fixée contre l'autel de la cathédrale, est aujourd'hui égarée; mais M. Wilmans^ en a donné la leçon la plus probable, d'après les meilleurs témoignages; et, sans Tadopter complètement, nous la reproduisons, de préférence à celle d*Orelli^, laquelle est évidemment fautive :

SEPTIMI AE . L . F . SlLvanae M.ALLIO.M.F.MEN.RVFo

PRAEF.FABR.CEN.Q.TR.MIL.A.P.E.Romono.

HVNC . DECVRIONES GRATIS. IN . ORDINEM . SVum ADLEGERVNT . DVVMVIRALIVM . NVMERO .

ORDINEM . ADIIT . PETIITQV E . VT . DECRETO OyOQVE. VOLVNTATEM . ESSE. ADSCRIB«ren(.

Les variantes de la première ligne me sont indifférentes, et je ne les discuterai pas. Elles ont peu d'importance et n'offrent aucun intérêt pour la question. Il est probable que Septimia était l'épouse du personnage indiqué dans la deuxième ligne : M. Allius, fils d'autre Marcus, surnommé Rufus, delà tribu Menenia^. Les Allii étaient une ancienne famille romaine, de tribu rustique, dont plusieurs membres avaient eu les honneurs du consulat ^, entre autres un S. Allius qui fut collègue de Scipion l'Africain, an 55g de Rome. Il y a beaucoup de monnaies avec les noms des Allii en légende. Une branche de cette famille résidait dans la Campania, vers la fin de la république; le nom d'un Allius figure en effet sur la dédicace d'un autel consacré à Jupiter, jadis visible à Capoue , aujourd'hui au musée de Naples ^. Le nom a varié d'orthographe • selon les temps ou selon les caprices des graveurs ^.

Gellarius, I, 697, Zumpt, C. E, I, p. 336.

* Wilmans, II, 189&.

' Orelli, n" 38 16. Cf. Mommsen, /. N. 1888, et Wilmans. II. 189^.

* Fahricins, Vie de Cicéron, p. a, t. I de VOnonuuU Orélli :

«Ex tribubus aalem xxxv, aliquam

■ oecesse erat, cujuscunque ordinis esset «(Patr. aut Plebeius), civis romanus

■ obtincret. Atque a tribu, in qua cen- 4sebantur, cives esse significabanlur.

« ( Asconius in Verr. IP", cap . v 1 1 1 . ) Cicero

■ autein cum reiiquis Aq)inatibus in

« tribu Cornelia censebalur. » ( Livius , XXXVIII, XXXVI.)

Cette obligation d* attache à une Iribu n est tombée en désuétude que sous tes successeurs d* Auguste. Cf. Grolefend, Imp, rom. trih. descriptum, déjà cité.

* Fasti, de Mommsen, au Corp. de BerL I , p. A3 6 , et note de la page 446 ; cf. p. 16a et i34i et Orelli, Fast. coiis.

* Mommsen , /. /V. 3566. On a discuté Tidentité des Aelii et des Allii {Corpus i. L beroL I, p. 446, et Rosin. p. 93o).

* Voy. A. Morell. Tkes. fam. rvin. II, p. 7, et Mommsen, /. c<7.

Le personnage étant connu, je passe aux honores qui font Tobjet de la troisième ligne de l'inscription. Prœfectas fabrum. Notre Allius a été officier du génie militaire. Suit la sigle CEN . , qu'Orelli avait traduite après d'autres, mais avec hésitation, par centonariorum. Mais d'un côté, la leçon CEN. n'est rien moins qu'assurée, et un collecteur exact, qui avait vu la pierre, y a lu CAS., ce qui donnerait une qualiQcation trèsacceptable, prœfectas fabram Cœsaris, justifiée par tout ce que nous avons dit sur cet office militaire, dans notre précédent mémoire. M. Mommsen ne rejette point cette variante. Quant à l'explication de la sigle par centonariorum y il la condamne péremptoirement : Non centonarioram, ut valt Orellius, 38i6, dit-il en toutes lettres; et en effet l'ensemble de l'inscription repousse l'idée d'un directeur de confection de vêtements. L'abréviation de censor étant admise, il en résulte une présomption pour l'antiquité du monument , d'après ce que nous avons ci-devant exposé, sur la substitution du qainqaennalis au censor, à partir du règne d'Auguste. Suit la sigle du mot qaœstor, qui ne souS're aucune difficulté; on peut seulement se demander de quel municipe M. Allius a été censor et qaœstor. Nous répondrons plus tard à cette question. Arrivent maintenant les abrégés de Trib.mil.a.p. sur lesquels il n'y a ni doute ni contestation.

La ligne est terminée par une lettre qui parait bien être un E, Orelli n'en doute pas, et M. Wilmans encore moins, puisqu'il supplée à la brisure par un R, que l'éclat de la pierre aurait fait disparaître; le M. Allius eût été, d'après cette leçon, un chevalier romain. Mais d'autres, tels que M. Mommsen, au lieu de E.R., lisent le commencement du mot legato; d'autres enfin voient, au lieu d'un E, un F commençant le nyoi facto : Tribano militam a popalo facto. Cette dernière variante, après celle de M. Wilmans toutefois, parait assez admissible. Facto serait justifié par le texte de Frontin, déjà conim et discuté.

Abordons les lignes suivantes. Hanc decuriones gratis in ordinem suum adlegerunt, daamviraliam numéro. C'est-à-dire que les décurions d'Abellinum ont appelé M. Allius à siéger dans leur ordre, en le dispensant des conditions nécessaires pour celte allectio, et l'ont même promu aux premiers sièges de ïordo, au rang des duumviraux, les consulaires du sénat municipal. Quelques mots d'explication sont ici convenables.

Quoique Yordo des municipes ne fût pas généralement décoré du nom officiel de sénat, Yordo cependant était une image en petit de ce que le sénat romain était en grand. Il y avait, à cet égard , des usages qui étaient la règle des cités. Les conditions d'admission dans ïordo furent, notamment après la guerre sociale, les mêmes que les conditions d*admission

au sénal'. On y arrivait par les charges et par le cens. A Rome, ces deux conditions constitutionnelles furent Tobjet de nombreuses vicissitudes, à travers les révolutions de la république romaine. Des lois intervinrent (an 3ao, an 44a) pour faire respecter la règle, entre autres une célèbre loi Ovinia, et la charge de censeur reçut son principal éclat du pouvoir suprême qui lui était attribué, relativement à la composition du sénat. Sans parler de Tage et de la naissance, les deux conditions essentielles de la lectio senatas furent, en temps régulier, Icxercice des grandes charges, et finscriplion au rôle des citoyens pour un cens déterminé. Jusquau début du vu' siècle, quelque magistrature qu'on eût exercée, fût-ce même une magistrature curule, elle ne donnait point séance au sénat de plein droit, si ce n'est pendant tannée qu'on l'exerçait. Il fallait encoi^e qu'on eût été inscrit au rôle par les censeurs. En fan 6a3, le plébiscite d*Atinius décréta que les tribuns du peuple deviendraient sénateurs par le droit de leur charge, et Sylla attacha le même privilège à la questure, un demi-siècle après; mais la condition dominante était l'inscription au rôle pour le cens requis, sans quoi, à chaque lustre, les honorait pouvaient être prœterili par les censeurs^. Les tribuni miliium élus par le peuple, c'est-à-dire des quatre premières légions, étaient de la catégorie des éligibles, s'ils y joignaient le cens exigé.

Dans les municipes latins , on se modela sur ces règles romaines, pour ïallectio dans l'orJo; soit qu'on eût imité en cela le grand municipe suzerain, soit qu'on en eût puisé la pratique dans une origine commune^. L'exercice des charges municipales et le payement d un cens déterminé, selon les lieux, étaient donc les conditions de l'admission dans l'orc/o, où les honorati avaient des sièges distingués. En ce qui touche le cens , les souvenirs classiques en fournissent la preuve. Voyez la lettre où Pline le Jeune ^ dit h son condisciple et compatriote Firmus, demeuré habitant du municipe de Como : Maniceps ta meus, et condiscipalas . . . èsse tibi centam milliam censam, satis indicat, qaodapad nos decario es. De même, dans Pétrone, Ganymède s'emportant contre la maltôte d'un édile municipal s'écrie : Jam scio unde acceperit denarios mille aureos ^; et l'on sait

* Voy. dans le tome I du Thesaarus ' Voy. Marquardt, Rôm. Staatsver-

de Grxvius les traités de Paul Manuce waltang , I,p. 607 et suiv. 1873. Beau-

(■t de Zamosc, De senatu rom. C^. russï fort, II, p. 337-338. Hcrzog, Narh.

Beaufort, I, 96, io3 et a/<6t; Hoffmann, p. 190. Zumpt, I. p. 118 à 136. Der rôm, sénat, p. 5, 13 , i3, i5, 35, * Ep. I, 19. Giérig, 1806.

49, 56 , etc. * Salyr,XLiY, p. 383, Burm; Marquardt

' Voy. Festus, v* Prœleriti. et Bçkker, Ilandbach, III, i, p. 367.

que mille deniers d*or équivalaient aux cent mille sesterces du cens municipal. Que ce fût là partout le cens normal du dëcurionat, je ne l'affirmerais pas, bien que cette opinion ait beaucoup de partisans ^ Le chiffre a pu varier selon les richesses des municipes et selon les statuts de chacun^. Ainsi nous savons que, dans Topulent municipe de Gades, le cens de l'ordre des chevaliers était forl élevé *.

En ce qui touche l'exercice des charges municipales, l'âge et les bonne vie et mœurs, il y en avait disposition expresse dans la Lexmani' cipalis, et les témoignages littéraires abondent à l'appui. I^e nombre des dccurions de chaque municipe était également limité par l'usage reçu, et , lorsque ce nombre était rempli , les éligibles inscrits devaient attendre des vacances pour être régulièrement introduits dans la curie*.

Mais il s'était introduit de bonne heure, dans les municipes, la coutume de dispenser des conditions requises certains personnages dont l'admission honoraire dans le décurionat et dans certains collèges municipaux flattait la cité ou lui assurait un avantage, et les admissions de ce genre étaient qualifiées de gratuites. Que le gratis fût équivalent à dispense de conditions, c'est ce qui est démontré par l'inscription n* 2 2 43 de la collection napolitaine de M. Mommsen, et le n® 19^7 de la collection de M. Wilmans, où on lit en toutes lettres :

CVM . ESSET . ANNORVM . SEXS . ORDINI . SVO . GRATIS . ADLEGERVNT .

Cicéron reproche à Verres d'avoir laissé les cilés siciliennes s'échapper en abus à cet égard : Cognoscere poiaisti, tota Siciliaper trienniam neminem alla in civitate senatorem factuni esse gratis, neminem ut leges eorum sunt^. . • Mais la vanité ou l'intérêt des municipes parait l'avoir emporté à la longue , et les collections épigraphiques . tout comme les monuments littéraires, abondent en indications d'admissions gratuites, c'est-à dire avec dispense des conditions. Voilà deux inscriptions d'Orelli (îgiS, 3920) qui nous parlent d'augustales gratuits. Un enrichi cynique dit, dans Pétrone, sévir gratis factus sam^, Gruter offre des inscriptions d'un quinqaennalis graiuitus '^ et d'un decurio grataitus ^. Le musée de Nîmes

* Herzog, Narb. p. 191. Cf. Pilati de * In Verr, Ace. Il, Ag, lao; Marq. et Tassulo, Lois polit, des Rom, I, 278. Bekker, loc. cit, p. 366; Zumpt, Comm.

* Ex. des Agrigentini et des Halesini ; epig, I, p. 116, ia6, etc. Cicér. in Verr. Ace. II, 49» 5o. * Sa^. lvii, p. SyS, Burm.

^ Marquardt et Bekker, loc. cit. et ibi ' Page 479.

le texte de Slrabon. * Page 476, 3 et 43a de l'édition

* Voy. Marquardt et Bekker, loc. déjà citée.

cit. p. 369, n. 2373, et iind. p. 365.

conserve une inscription gravée en Thonneur d*un C. Aurelius Parthenius qui avait reçu le décurionat tout à la fois à Nîmes, h Narbonne, à Lyon, à Orange et à Fréjus ; Ubiqae grataiiis honoribas ^

On appela quelquefois ces décurions ainsi dispensés du cens, des charges préalables et même de lage requis, decariones ornamentarii. Nimes en a plusieurs témoignages^, et Muratori en cite un autre monument (7^3,2),

Tel est donc le genre de faveur dont fut honoré le titulaire de Finsrription d^Abellinam : Hanc decariones gratis in ordinem suum adlegerant.

Et la faveur du municipe ne se borne point là. Les décurions décernent à M. Âllius un siège duumviral dans le sein de Yordo, c est-à-dire la place la plus distinguée, ce siège privilégié dont les attributions sont indiquées dans un fragment d'Ulpien, inséré au Digeste (liv. L, tit. m), où les rangs des décurions sont réglés en raison des honneurs et des services de chacun '.

Et, afin que rien ne manque à la satisfaction réciproque, notre inscription constate que M. Allius s*est rendu dans le sein de ïordo pour témoigner sa reconnaissance, ordinem adiit, et qn*il a demandé qu'on inscrivît au procès-verbal de la séance que l'honneur à lui décerné n avait fait que constater son vœu prononcé : PetiiUjae nt décréta quoque volantatem esse ascriberetar *.

Que faut-il induire de tout ce qui précède ? Des conclusions décisives, ce me semble : l'^M. Allius n'a été ni censor ni quœstor dans le municipe à'AbeUinam; il a pu occuper ces charges ailleurs, mais à coup sur il ne les a point exercées à Abellinam, où elles lui auraient donné, de droit, rentrée dans lonlo; s^^M. Allius était étranger au municipe d'Abellinnm; il n*y payait pas le cens requis, puisqu'il a été dispensé des conditions par le décret des décurions : il a été admis gratis; y M. Allius, eqaes Romanas, selon la leçon de M. Wilmans, n'a pas été tribun militaire à

* Musée de Nimes , n* a 1 a ; Herzog , App. i83.

' Herzog, App. 188, 11 A. Musée de Nimes, p. 34 et lu; Zuinpt, I, p. i34>

' Decariones, . . scribuntar eo oràine que qaisque eoram mojcimo honore in manicipio fanctas est, puta, qui duumviratum gesserant, si hic honor prœcellat, et inier duamvirales antiqaissimus quisqae prior, deinde hi, qui secundo post duumviratum honore in repuhlica jiincli sunt ; posteos, qui tertio et deinceps; mox hi qui

nullo honore Juncti sunt, prout quisqne eorum in ordinem venit,

* Voici une inscription en Thonneur d*un autre AUius, où le cumul â*honores municipaux et d'honorés publics est bien accusé :

Q. Allio. q. f. Vei. Rufo. Ilvir. quinq. itcrum. flamini. Auguslali. tribuno miiit prac' fecto fabrum. praefccto coboriis.

Trouvée sur les ruines du théâire de S^aléries. Henzen , 7076.

Âbelliniim par des raisons identiques. Les tribuns milifaires étaient compris parnii les honoraii, aptes à Yallectio sénatoriale, à Rome*; s'il y eût eu des tribuns militaires dans les municipes, ils auraient eu la même aptitude pour ïordo, et M. Allius n aurait pas eu besoin de dispense des conditions, à raison de son admission dans lorJo municipal. Toutes ces conséquences s'enchaînent et se prêtent un mutuel appui. Aurait-il pu être admis à titre simple ^incolat, c est-à-dire honoraire, comme nous dirions aujourd'hui? Dans ce cas, Tinscription laurait constaté, au lieu de graiiiitas , ^\us\ qu'on le voit en d'autres monuments (inscr. de Lyon, Wilmans, n** 2216 et ti3i8; Herzog, n° 453).

M. Allius était donc un étranger de condition que le municipe d'Abellinum avait intérêt d'honorer, et le simple décurionat ne lui suffisait pas. Il fallait le promouvoir aux sièges supérieurs des duumviraux. Une allectio extraordinaire, exempte de conditions et de charges, gratuila, exprimait la reconnaissance publique envers lui. Il y a bien d'autres inscriptions d'Abellinum qui prouvent que ce municipe industrieux et avisé recherchait partout de puissants patrons ( 1 879, 1 880 , 1 88 1 , etc. des Inscr, neap. de Mommsen).

Il resie l'inscription de Corfinium, recueillie déjà parMuratori (765,3), et rapportée également de visa par M. Mommsen, dans ses Inscriptiones neapolitanœ, n** 5370.

Corfinium, qu'on ne confondra pas avec Corfou, des îles Ioniennes, était une ville considérable du Samnium, principale cité des Pœligni, plus tard comprise dans la Valeria, et qui joua un rôle important dans la guerre sociale. Cest aujourd'hui la petite ville de S. Pelino, où l'on découvre chaque jour des fragments d'antiquité romaine. Les inscriptions qui en proviennent sont presque toutes des derniers temps de la république, ou des premiers temps du haut empire. Les Romains hantaient beaucoup ces parages de la Campanie et du Samnium, dont les hivers étaient plus doux que ceux de la haute et moyenne Italie. De là nous viennent les inscriptions nombreuses de Capoue, d'Abellinum et de Corfinium, qui prouvent que les plus grandes familles de la Rome des Césars ont résidé dans ces contrées, où l'accueil empressé des populations les attirait autant qu'un beau paysage et qu'un climat tempéré. Corfinium était d'ailleurs beaucoup plus rapproché de Rome ({xxAbeUinum et Capoue.

Voici l'exacte représentation de ce tronçon nouveau d'inscription,

* Voy. Hoffmann, Der Sénat rôm. et les lextes qu'il cite, p. i5, 49, 56 cl 61.

tel que nous le donne M. Mommsen. Il ne consiste quen deux lignes, tronquées par les deux bouts et prises évidemment au milieu d*un corps de phrase plus étendu, mais où l'on peut lire encore :

NORE. AB.DECVRIONIBVS.POPVL

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