‹ Les Budgets comparés des cent monographies de familles publiées d'après un cadre uniforme dans " les Ouvriers européens " et " les Ouvriers des deux mondes "Chapitre 8 sur 75 · DÉFINITION DU LIEU, DE L’ORGANISATION INDUSTRIELLE ET DE LA FAMILLE · texte numérisé non relu

DÉFINITION DU LIEU, DE L’ORGANISATION INDUSTRIELLE ET DE LA FAMILLE

§ 1 er . État du sol , de Vindustrie et de la population. — Désignation précise de la localité habitée par la famille (commune, quartier, rue). — Distance des principaux lieux géographiques connus de la contrée. — Circonscription politique et administrative dont dépend cette localité.

Constitution et relief du sol, eaux minérales, montagnes, forêts, cours d’eau situés à proximité, voies de communication. — Climat. — Principaux éléments d’hygiène dérivant de la nature des lieux. — Richesses minérales, végétales et animales.

Produits agricoles. — Industries domestiques, industries urbaines et rurales. — Commerce d’exportation et d’importation.

État des terres; division des propriétés rurales; cadastre de la commune. — État de la population: nombre de chefs de famille classés d’après leurs professions; nombre des enfants vivants, issus de ces ménages. — Engagements qui lient les ouvriers aux maîtres, aux communautés, aux corporations.

§ 2. État civil de la famille. — Constitution de la famille en ménage isolé ou en communauté.

Tableau indiquant les noms et les prénoms, le lieu de naissance, l’âge, les relations de parenté et de domesticité des divers membres de la famille habitant sous le même toit autour du foyer domestique. Mention des autres membres de la famille morts antérieurement ou é.tablis au dehors.

§ 3. Religion et habitudes morales . — Culte et croyances religieuses des membres de la famille et de la population en général. Influence du clergé. — - Détails sur les

pratiques religieuses, culte domestique; culte public. — Prières; images sacrées.

Cérémonies du mariage, des naissances et des décès. — Temples. Fêtes.

\ ertus domestiques: Attachement entre les époux; influence accordée à la

femme dans les affaires domestiques. — Soins et déférence accordés aux vieux parents; mesures prises pour leur assurer une heureuse fin d’existence. — Souvenir des parents morts. — Soins affectueux et éclairés donnés aux enfants; mesures prises pour leur développement moral et intellectuel. — Traitements envers les domestiques, les esclaves, les animaux.

Vertus sociales: — Charité et dévouement; dispositions à l’hospitalité. — Esprit de conciliation dans les contestations; politesse et harmonie dans les relations sociales. — Déférence et attachement de la famille pour le patron qui l’emploie. — Rapports avec les croyants des autres religions, tolérance.

Habitudes morales relatives au mode d’existence: — Disposition à la propreté dans 1 habitation et dans les vêtements. — Tendance à la simplicité; tempérance. — Disposition à l’épargne; ensemble des habitudes ayant pour but de faire fructifier les capitaux épargnés et d’assurer à la famille une propriété immobilière; mode de transmission des propriétés acquises, à l'époque de la vieillesse ou de la mort. — Tendance vers l’état sédentaire ou vers l’émigration temporaire ou permanente.

Traits principaux caractérisant le développement intellectuel: — Connaissances communiquées par l’instruction primaire et par l’instruction religieuse; faits spéciaux relatifs à l’éducation des enfants. — Développement intellectuel amené par l’exercice de la profession, lié à l’exercice des devoirs civils et politiques. — Attachement à la tradition ou tendance aux innovations en ce qui concerne les méthodes de travail, les rapports des ouvriers avec les maîtres, les institutions civiles et politiques.

§ 4. Hygiène et service de santé. — Constitution physique des membres de la famille; leur état de santé habituel.

Hygiène suivie en ce qui concerne les ablutions, les bains, les aliments, les boissons, les vêtements, l’habitation. — Service médical; aptitude des chefs de famille à administrer aux-mêmes les médicaments. — Médecins, empiriques. — Vétérinaires. — Pratiques occultes, amulettes.

§ 5. Rang de la famille. — Considération dont jouit le chef de la famille en raison de ses qualités personnelles, des biens qu’il possède, du métier qu il exerce, des fonctions civiles ou militaires qu’il remplit. — Rapports de la famille avec les autres familles de patrons et d’ouvriers de la localité. ■ Rapports avec les étrangers.

Moyens d’existence de la famille.

§ 6. Propriétés ( mobilier et véte/nents non compris). — Énumération et valeur des propriétés possédées par la famille; — Immeubles. — Esclaves. — Argent. — Animaux domestiques entretenus toute l'année. — Animaux domestiques entretenus seulement une partie de Vannée. — Matériel spécial des travaux et industries. — Armes.

§ 7. Subventions. — Personnes et institutions exerçant le patronage ou l'assistance dans la localité. — Patron ou chef d'industrie faisant régulièrement emploi de l'ouvrier et de sa famille; personnes bienfaisantes exerçant isolément l’assistance. — Sociétés de bienfaisance composées de personnes privées, étrangères à la profession de l'ouvrier; — sociétés ou caisses de secours pour maladies, blessures, chômages; — sociétés ou caisses de secours pour retraite pendant la vieillesse. — Communes intervenant pour l'allocation des pâturages, des bois, des fruits sauvages, des herbes, des engrais, du moulin, de l'école, de l’asile, etc. — État intervenant pour la rétribution du clergé, de l'instituteur, etc.

Enumération des subventions et des secours accordés par chacune des personnes et des institutions précédentes à titre gratuit ou à prix réduit. — Immeubles et instruments divers de travail et de production donnés en jouissance à titre exclusif ou indivis. — - Objets relatifs à la nourriture, à l'habitation, aux vêtements, aux industries entreprises par la famille. — Subventions en espèces monnayées. — Subventions relatives au culte, à l'éducation, au service médical et pharmaceutique.

§ 8. Travaux et industries . — Travaux exécutés par l'ouvrier et sa famille pour le compte d’un patron ou à compte commun entre lui et le patron. — Industries entreprises au profit exclusif de la famille. Culture des champs, prairies, vignobles, chenevières, etc. — Usage des pâturages. — Culture du jardin potager; élevage et engraissement des animaux domestiques. — Vente du lait, du miel, delà cire, de la laine, de la graine de vers à soie, de la soie en cocons, etc. — Fabrication du beurre, du fromage, de l’huile, etc. — Construction et entretien de l'habitation et du mobilier; confection et entretien des vêtements; blanchissage du linge. — Travaux relatifs à la fabrication des fils et étoffes; confection des vêtements neufs; blanchiment et teinture. — Fabrication des objets de tricot, de la dentelle, de divers produits industriels. — Transports opérés à dos par la famille ou avec le concours des animaux domestiques. — Opérations de commerce ou de spéculation. — Travaux domestiques exécutés chez des étrangers. — Récolte et transport du combustible; cueillette des baies et'autres fruits sauvages; chasse et pêche; glanage sur les terres récemment moissonnées, récolte d'engrais sur la voie publique; récolte d'herbes sur les routes et les chemins, etc.

Mode d'existence de la famille.

§. 9. Aliments et repas. — Caractères distinctifs du régime alimentaire de la famille; mention de la pénurie ou de l’abondance. — Nature des aliments qui servent de base à la nourriture. — Mode de préparation et de cuisson de ces aliments. —

Nombre des repas par jour; nom usuel, heure ordinaire, durée de chaque repas en

dant les repas. — Jeûnes. — travaux.

§ 10. Habitation, mobilier et vêtements. — Description sommaire de l’habitation et de ses dépendances; matériaux de construction; toitures, dispositions intérieures, architecture spéciale.

Meubles; caractères distinctifs. — Inventaire détaillé du mobilier de chaque pièce avec indication de la valeur actuelle: lits, mobilier des différentes chambres; mobilier de la cuisine; livres et matériel de lecture, d’écriture, de calcul; objets relatifs au culte domestique.

Ustensiles; caractères distinctifs. — Nature et valeur des ustensiles dépendant du foye 1 , de la cuisine, du fout* à pain; employés pour la cuisson et la consommation des aliments, pour le transport et la conservation de beau ; — servant a l’éclairage, au blanchissage du linge; — servant aux ablutions et aux soins de propreté, aux récréations, etc.

Linge de ménage; caractères distinctifs. — Nombre et valeur des draps de lit, serviettes, nappes, etc.

Vêtements; caractères distinctifs pour chaque membre de la famille. — Inventaire détaillé et valeur actuelle en argent de chaque pièce du vêtement pour chaque membre de la famille; vêtements des jours de fête; vêtements de travail; bijoux et ornements divers de longue durée.

§ 11. Récréations. — Vue générale sur les récréations recherchées par les divers membres de la famille.

Exercices du corps : promenades, danses, jeux de force et d’adresse, etc.

Consommation de spiritueux: eau-de-vie, vin, bière, cidre, etc. — Consommation de narcotiques : tabac fumé, prisé ou mâché ; opium, ou autres narcotiques.

Réunions et fêtes : veillées d’hiver; fêtes de famille; anniversaires et repas de noces; fêtes locales; réunions aux foires et dans les cabarets; fêtes à l’occasion des récoltes, etc. — Spectacles publics. — Jeux de hasard: loterie, cartes, dés, paris, etc.

Travaux accessoires faisant une diversion agréable au travail principal: culture du jardin de la famille, récoltes, cueillettes, chasse et pêche : entreprises de commerce et de spéculation, etc.

Plaisirs intellectuels: conversations, récits, musiques, lectures.

concernant la vie de l’ouvrier, de la femme, des enfants et des vieux parents. Héritages recueillis, et d’après quelles coutumes.

§ 13. Mœurs et institutions assurant le bien-être physique et moral de la famille. — Conditions de sécurité et de bonheur que la famille trouve dans sa pic

Histoire de la famille.

12. Phases principales de V existence. — Particularités les plus remarquables

voyance et dans l’ensemble de ses qualités intellectuelles et morales ; habitudes d’épargne; mœurs et institutions qui les encouragent.

Moyens de sécurité demandés par la famille aux sociétés de secours mutuels, aux chefs d’industrie, aux corporations, aux municipalités, aux provinces, à l’État, en un mot, à la bienfaisance publique ou privée.

Telles sont les observations préliminaires, par lesquelles s’ouvre la monographie. Vient ensuite le budget ; enfin la monographie se termine par une série de paragraphes plus ou moins nombreux, en forme de Notes annexées , qui, — sous le titre général à’ Éléments divers de la Constitution sociale , — sont consacrés aux faits importants d’organisation sociale, aux particularités remarquables, aux appréciations générales et aux conclusions.

Ces notes sont la partie la moins essentielle d’une monographie; elles ne peuvent acquérir d’intérêt et de certitude qu’en se rattachant étroitement aux observations préliminaires et aux budgets. Elles doivent se borner à une énumération concise des faits observés et des renseignements recueillis. C’est le seul moyen de former l’opinion du lecteur, qui accuserait, à juste titre, ces notes de parti-pris, si l’écrivain introduisait, dans un simple récit dénué de preuves, ses théories personnelles.

Reste à donner à la monographie son titre. Le Play attachait à ce titre une grande importance et voulait qu’il fut en quelques mots comme le résumé de la monographie elle-même.

Ce titre indique toujours : 1° la profession de l’ouvrier; 2° la population dont il fait partie; 3° la nature de l’engagement qu’il contracte pour se procurer des moyens de travail ; 4° la situation qu’il occupe dans l’organisation sociale caractérisée par cet engagement. C’est ce qu’on voit dans les exemples suivants:

Charpentier et marchand de grains des laveries d’or de V Oural (Sibérie occidentale). — Journalier et ouvrier chef de métier dans le système des engagements forcés (Les Ouvriers Européens , 2 e édition, t. II, ch. iv).

Paysan-savonnier de la Basse-Provence (France). — Propriétaire et journalier dans le système des engagements volontaires permanents (Les Ouvr. Europe 2 e éd., t. IV, ch. viii).

Coutelier de la fabrique urbaine collective de Slieffield (Yorksliire). — Tâcheron dans le système des engagements momentanés (Les Ouvr . Europe 2 e éd., t. III, ch. vu).

Lingère de Lille (Nord — France). — Ouvrière-tâcheron dans le système du travail sans engagements (Les Ouvriers des Deux Mondes , l re série, t. III, n° 24).

Ces titres se réfèrent ainsi à une hiérarchie sociale dont les tableaux ci-après présentent le classement (1):

(1) Ce tableau est emprunté aux Ouvriers Européens , t. I, pag. 444 à 479, 2 e édition.

Tableau des quatre systèmes sociaux de l’Europe d’après les rapports qui lient les ouvriers

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