SCÈNE VI
Les MÊMES, JOB, MAGNUS , OTBERT.
JIAGVUS.
Jadis il en était
Des serments qu’on faisait dans la vieille Allemagne , Comme de nos habits de guerre et de campagne ;
Ils étaient en acier. — J’y songe avec orgueil. — C’était chose solide et reluisante à l’œil,
Que l’on n’entamait point sans lutte et sans bataille, A laquelle d’un homme on mesurait la taille.
Qu’un noble avait toujours présente à son chevet Et qui, même rouillée, était bonne, et servait.
Le brave mort dormait dans sa tombe humble et pure. Couché dans son serment comme dans son armure ,
Et le temps, qui des morts ronge le vêtement ,
Parfois brisait l’armure et jamais le serment.
Mais aujourd’hui la foi, l’honueur et les paroles,
Ont pris le train nouveau des modes espagnoles. Clinquant ! soie ! — Un serment, avec ou sans témoins, Dure autant qu’un pourpoint, — parfois plus, souvent moins ! —
S’use vite, et n’est plus qu'un haillon incommode Qu’on déchire et qu’on jette en disant : Vieille mode !
A cea paroles de Magnus, tous se sont retournés avec stupeur. Moment de silence parmi les convives.
LES BCRGRIVES.
iutto, s'inclinant devant les vieillards.
Mon père...
' «AGIUiS.
Jeunes gens, vous faites bien du bruit.
Laissez les vieux rêver dans l’ombre et dans la nuit. La lueur des festins blesse leurs yeux sévères.
Les vieux choquaient l’épée; enfants! choquez les Mais loin de nous ! [verres !
HATTO
Seigneur...
En ce moment il aperçoit les portraits disposés sur le mur la face contre la pierre.
Mais qui donc..?
A Magnns.
Pardonnez.
Ces portraits ! mes aïeux ! qui les a retournés ?
Qui s’est permis.. ?
■ACAIli.
C’est moi.
HATTO
Vous ?
MAGSUS.
HATTO
Moi.
Mon père !...