‹ Les burgravesChapitre 18 sur 83 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

- L'AIEUL

Mon Dieu! quand je devrais, à genoux devant toi, Ne point contrarier ta fièvre et ton délire, Et te baiser les mains en te laissant tout dire!

RÉGIN A.

Mon sort, comme le vôtre, Otbert, d'ennui fut plein. Que suis-jc? une orpheline. Et vous? un orphelin. Le ciel, nous unissant par nos douleurs commune^. Eût pu faire un bonheur de nos deux infortunes; Mais...

OTBERT, tombant à genoux devant elle.

Mais je t'aimerai ! mais je t'adorerai ! Mais je te servirai! si tu meurs, je mourrai! Mais je tuerai Ilatto, s'il ose te déplaire! Mais je remplacerai, moi, ton père et ta mère! Oui, tous les deux! j'en prends l'engagement sans peur Ton père? j'ai mon bras; ta mère? j'ai mon cœur!

RÉGIN A.

0 doux ami! merci! Je vois toute votre âme. Vouloir comme un géant, aimer comme une femme. C'est bien vous, mon Otbert; vous tout entier. Eh bien! Vous ne pouvez, hélas, rien pour moi.

OTBERT, se relevant.

Si!

RÉG/NA.

Non, rien.

Ce n'est fas à Ilatto qu'il faut qu'on me dispute.

Mon fiancé m'aura sans querelle et sans lutte,

Vous ne le vaincrez pas, vous si brave et si beau,

Car mon vrai fiancé, vois-tu, c'est le tombeau!

— Ilclas! puisque je touche à cette nuit profonde,

Je fais de ce que j'ai de meilleur en ce monde

Deux parts, l'une au Seigneur, l'autre pour vous. Je veux

Ami, que vous posiez la main sur mes cheveux,

Et je vous dis, au seuil de mon heure suprême :

— Otbert, mon âme à Dieu, mon cœur à vous — Je t'aime!

EDWIGE, entrant.

Quelqu'un.

RÉ GIN A, à Edwige

Viens.

Elle fait quelques pas vers la porte bâtarde, appuyée sur Edwige et sur Oibert. Au moment d'entrer sous la porte, elle s'arrête et se retourne.

Oh! mourir à seize ans, c'est affreux!

Quand nous aurions pu vivre ensemble, aimés, heureux! Mon Otbert, je veux vivre! écoute ma prière ! Ne me laisse pas choir sur cette froide pierre! La mort me fait horreur! Sauve-moi, mon amant! Est-ce que tu pourrais me sauver, dis, vraiment?

OTDERT.

Tu vivras!

Régina sort avec Edwige. La porte se reforme. Otbert semble la suivre des yeux et lui parler, quoiqu'elle ait dis,)aru.

Toi! mourir si jeune! belle et pure!

Non, dussé-je au démon me donner, je le jure. Tu vivras!

Aporcevant Guanhumara, qui est dCiiuis quelques insianis iuiuiobile au fond.

Justement.

PREMIÈPiE PARTIE.

— L'AIEQL.

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