‹ Les burgravesChapitre 27 sur 83 · II A T · texte numérisé non relu

II A T

Mais lu lui pris, l'an passé, Sa ville, et lui promis d'épouser.

LE DUC GERHARD

Je ne sai... —

Riant.

Ah ! oui ! l'on me le fit jurer sur l'évangile ! — Bon! — Je laisse la fille et je garde la ville.

Il rit.

HATTO, riant.

Mais que dit de cela la diète ? —

LE DUC GERHARD, riant toujours;.

Elle se tait.

HATTO

Mais ton serment?...

LE DUC GERHARD

Ah bah !

Dopuis quelques instants la porte du donjon à droite s'est ouverte et a laissé voir quelques degrés d'un escalier sombre sur lesquels ont apparu deux vieillards; l'un, âgé d'un peu plus de soixante ans, cheveux gris, barbe grise; l'autre, beaucoup plus vieux, presque tout à fa^t chauve avec une longue barbe blanche ; tous deux ont la chemise de fer, jambières et brassières' de mailles, la grande épée au côté, et, par-dessus leur habit do guerre, le plus vieux porte une simarre blanche doublée de drap d'or, et l'autre une grande peau de loup dont la gueule s'ajuste sur sa tète.

Derrière le plus vieux se tient debout, immobile comme une figui e pétrifiée, un écuyer à ba'be blanche, vêtu de fer et élevant au-dessus de la têie du vièillard une grande bannière noire s;ins armoiries.

Olbert, les yeux baissés, est auprès du plus vieux, qui a le bras droit posé sur son épaule, et se tient un peu en arrière.

Dans l'ombre, derrière chacun des deux vieux chevaliers, on aperçoit deux êcuyers habillés de fer comme leurs maîtres, et non moins vieux, dont la barbe blanchie descend sous la visièro à demi baissée de leurs heaumes. Ces écuyers portent, sur des coussins de velours écarlato, les casques des deux vieillards, grands morions de forme extraordinaire, dont les cimiers figurent des gueules d'animaux fantastiques.

Les deux vieillards écoutent en silence; le moins vieux appuie son menton sur ses deux bras réunis et ses deux mains sur l'extrémité du manche d'une énorme hache d'Écosse. Les convives, occupés et causant entra eux, ne les ont pas aperçus.

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