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DEUXIÈME PARTIE

— LE MENDIANT

Et brave. Dès longtemps j'arrange dans ma tête Ce mariage-là. Certe, on peut allier Le franc archer Otbert à Job, franc chevalier 1 Tu t'étais dit : — Toujours je serai, quelle honte I Le chien du vieux lion, le page du vieux comte. Captif, tant qu'il vivra, près de lui! — Sur ma foi! Je t'aime, mon enfant, mais pour toi, non pour moi. Oh! les vieux ne sont pas si méchants qu'on le pense! Voyons, arrangeons tout. Je crains Hatto. Silence! Pas de rupture ici. L'on jouerait du couteau.

Baissant la voiï.

Mon donjon communique aux fossés du château. J'en ai les clefs. Otbert, ce soir, sous bonne garde, Vous partirez tous deux. Le reste te regarde^

OTBE RT.

Mais...

JOB, souriant.

Tu refuses?

OTBERT.

Comte! ah! c'est le paradis

Que vous m'ouvrez!

JOB

Alors fais ce que je te dis.

Plus un mot. Le soleil couché, vous fuirez vite. J'empêcherai Hatto d'aller à ta poursuite; Et vous vous marierez à Caub.

Guanhumara, qui a tout entendu, sort. Il prend leurs bras à tous deux sous les siens et les regarde avec tendresse.

Mes amoureux, Dites-moi seulement que vous êtes heureux. Moi, je vais rester seul.

RÉGIN A.

Mon père!

JOB

11 faut me dire

Un dernier mot d'amour dans un dernier sourire. Que deviendrai-je, hélas! quand vous serez partis? Quand mon passé, mes maux, toujours appesantis, Vont retomber sur moi?

A Régina.

Car, vois-tu, ma colombe, Je soulève un moment ce poids, puis il retombe 1

A Olbert.

Gunther, mon chapelain, vous suivra. J'ai l'espoir Que tout ira bien. Puis vous reviendrez me voir. Un jour. — Ne pleurez pas! laissez-moi mon courage. Vous êtes heureux, vous ! Quand on s'aime à votre âge, Qu'importe un vieux qui pleure? — Ah! vous avez vingt ans! Moi, Dieu ne peut vouloir que je souffre longtemps.

Il s'arrache de leurs bras.

Attendez-moi céans.

A Otbert.

Tu connais bien la porte.

J'en vais chercher les clefs, et je te les rapporte.

11 son par la porte de gaucUe.

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