‹ Les burgravesChapitre 43 sur 83 · DEUXIÈME PARTIE. — LE MENDIANT · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — LE MENDIANT

Depuis quelques instants Guanhumara est entrée et observe du fond sans être rue. — Job presse Otbert dans un étroit embrassemant, et pleure.

Parfois, en te voyant, je me dis : Cest lui-même! Par un miracle étrange et charmant à la fois, Tout en toi, ta candeur, ton air, tes yeux, ta voix, En rappelant ce fils à mon âme affaiblie, Fait que je m'en souviens et fait que je l'oublie. Sois mon fils!

OTBERT.

Monseigneur!

JOB

Sois mon fils. — Comprends-tu?

Toi, brave enfant, épris d'honneur et de vertu, Fils de rien, je le sais, et sans père ni mère. Mais grand cœur, que remplit une grande chimère, Sais-tu, quand je te dis : Jeune homme, sois mon fils! Ce que je veux te dire et ce que je te dis? Je veux dire...

A Otbert et à Régina.

Écoutez.

... Que passer sa journée Près d'un pauvre vieillard, face au tombeau tournée, Du matin jusqu'au soir vivre comme en prison. Quand on est belle fille et qu'on est beau garçon. Ce serait odieux, affreux, contre nature, Si l'on ne pouvait pas, dans cette chambre obscure, Par-dessus le vieillard, qui s'aperçoit du jeu, Se regarder parfois et se sourire un peu. Je dis que le vieillard en a l'âme attendrie, Que je vois bien qu'on s'aime, — et que je vous marie?

RÉGINA, éperdue de joie.

Ciel!

JOB, à Régina.

Je veux achever ta guérison, moil

OTBERT.

Quoi?

JOB, à Régina.

Ta mère était ma nièce et t'a léguée à moi.

Elle est morte. — Et j'ai vu, comme elle, disparaître,

Hélas! sept de mes fils, les plus vaillants peut-être,

Georges, mon doux enfant, envolé pour jamais.

Et ma dernière femme, et tout ce que j'aimais 1

C'est la peine imposée à ceux qui longtemps vivent,

De voir sans cesse, ainsi que les mois qui se suivent,

Les d uils se succéder de saison en saison,

Et les vêtements noirs entrer dans la maison!

— Toi, du moins, sois heureuse! — Enfants, je vous marie!

Hatto te briserait, ma pauvre fleur chérie!

Quant ta mère mourut, je lui dis : Meurs en paix;

Ta fille est mon enfant; et, s'il le faut jamais,

Je donnerai mon sang pour elle!

RÉGINA

0 mon bon pèrel

Jeraijurél

A Otbert.

Toi, fils, va, grandis, fais la guerre. Tu n'as rien; mais pour dot je te donne mon fief De Kammerberg, mouvant de ma tour d'Heppenheff. Marche comme ont marché Nemrod, César, Pompée! J'ai deux mères, vois-tu, ma mère et mon épée. Je suis bâtard d'un comte, et légitime fils De mes exploits. Il faut faire comme je fis.

A part.

Hélas l au crime près!

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Mon enfant, sois honnête

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