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DEUXIÈME PARTIE

— LE MENDIANT

11 faii signe à un soldai de lui mettre au cou un des colliers de fer. Le soldit baisse la lête et détourne les yeux. Job lui fait signe de nouveau. Le soldat obéit. Les autres burgraves se laissent enchaîner sans résistance. Job, la chaîne eu cou, se tourne vers L'eniijereur.

Nous voilà comme tu nous voulais, Très auguste empereur. Dans son propre palais Le vieux Job est esclave et t'apporte sa tète. Maintenant, si des fronts qu'a battas la tempête Méritent la pitié, mon maître, écoutez-moi. Quand vous irez combattre aux frontières, ô roi ! Laissez-nous — faites-nous cette grâce dernière — Vous suivre, troupe armée et pourtant prisonnière. Nous garderons nos fers; mais, tristes et soumis. Mettez-nous face à face avec vos ennemis, Devant les plus hardis, devant les plus barbares; Et, quels qu'ils soient, hongrois, vandales, magyares, Fussent-ils plus nombreux que ne sont sur la mer Les grêles du printemps et les neiges d'hiver. Fussent-ils plus épais que les blés sur la plaine. Vous nous veri'ez, flétris, l'œil baissé, l'àme pleine De ce regret amer qui se change en courroux, Balayer — j'en réponds! — ces hordes devant vous, Terribles, enchaînés, les mains de sang trempées, Forçats par nos carcans, héros par nos épées I

LE CAPITAINE DES ARCHERS DU BURG, s'avançant vers Job, et s'inclinaal pour prendre ses ordres.

Seigneur...

Job secoue la tête et lui fait signe du doigt de s'adresser à rempereur, silencieux et immobile. Le capitaine se tourne vers l'empereur et le salue profondément.

- Sire...

l'empereur, désignant les burgraves.

Aux prisons!

Les soldats emmènent les barons; excepté Job, qui reste sur un signe de l'empereur. Tous sortent. Quand ils sont seuls, Frédéric s'approche de Job et détache sa ' chaîne. Job se laisse faire avec stupeur. Moment de silence.

Dieu!

l'empereur, regardant Job en face.

Fosco !

JOB, tressaillant avec épouvante.

Ciel!

l'empereur, le doigt sur la bouche.

Pas de bruit.

JOB, à part

l'empereur, Va ce soir m'attendre où tu vas chaque nuit.

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