‹ Les burgravesChapitre 69 sur 83 · LES ESCLAVES · texte numérisé non relu

LES ESCLAVES

Haquin « Jossius entrent ensemble, et semblent continuer une conversotion déjà commencée. Les autres les suivent à pas lonts

JOSSIUS.

C'est dans ces guerres-là que Barberousse un jour, Masqué, mais couronne, seul, au pied d'une tour, Lutta contre un bandit qui, forcé dans son bouge, Lui brûla le bras droit d'un trèfle de fer rouge. Si bien que l'empereur dit au comte d'Arau : — Je le lui ferai rendre, ami, par le bourreau!

NOTES

HAQOIN.

Cet homme fut-il pris ?

JOSSIUS.

Non, il se fit passage, Sa visière empêcha qu'on ne vît son visage.

Ils passent

TEUDONj sur le devan .

C'est l'heure du repos, enfin! Oh! je suis lasi

KUIVZ, agitant sa chaîne.

Quoil j'étais libre et riche, et maintenant!..

GONDICA RIUS, adossé à un pilier.

Hélas I

CYNDLFUS, à Swan, montrant Guanhumara.

Je voudrais bien savoir qui cette femme épie.

SWAN

L'autre mois, par les gens du burg, engeance impie, Elle fut prise avec des marchands de Saint-Gall. Je ne sais rien de plus.

CYN ULFUS.

Oh! cela m'est égal ; Mais, tandis qu'on nous lie, on la laisse libre, eliel

SWAN

Elle a guéri Hatio d'une fièvre mortelle, L'aîné des petits-fils.

HAQUIN.

Le burgrave Rollon, L'autre jour, fut mordu d'un serpent au talon j Elle l'a guéri.

CYNCLFUS.

Vrai?

HAQDIN.

Je crois, sur ma parole, Que c'est une sorcière !

HEBMANN.

Ah bah! c*est une folle.

SWAN

Elle a mille secrets; elle a guéri, ma foi, Non seulement Mollon et Hatto, mais Éloi, Knûd, Azzo, ces lépreux que fuyait tout le monde.

T E U D 0 N, assis sur les degrés du vieux donjon.

Cette femme travaille à quelque œuvre profonde. Elle a, soyez-en sûrs, de noirs projets noués Avec ces trois lépreux qui lui sont dévoués. Partout, dans tous les coins, ensemble on les retrouve; Ce sont comme trois chiens qui suivent cette louve.

HA QD IN.

Hier, au cimetière, au logis des lépreux,

Ils étaient tous les quatre, et travaillaient entre eux.

Eux, faisaient un cercueil et clouaient sur des planches;

Elle, agitait un vase en relevant ses manches,

Chantait bas, comme on chante aux enfants qu'on endort,

Et composait un philtre avec des os de mort.

KUNZ.

Ici, dans les caveaux, ils ont quelque cachette. J'ai vu les trois lépreux et la vieille sachette S'enfoncer sous un mur près du Caveau-Perdu; J'en suis sûr.

HEUMANN

Ces lépreux servent, et c'est bien dû, Celle qui les guérit. Rien de plus simple, en somme.

SWAN

Mais, au lieu des lépreux, de Hatto, méchant homme, Kunz, celle qui faudrait guérir dans ce château, C'est cette douce enfant fiancée à Hatto, La nièce du vieux Job.

KUNZ.

RéginaîDieu l'assistel

Celle-là, c'est un ange!

Elle 80 meurt.

KUNZ.

C'est triste !

Oui, l'horreur pour Hatto, l'ennui, poids étouffant, La tue. Elle s'en va chaque jour.

NOTES

TEUDON.

Pauvre enfant I Guanhumara reparaît au fond du théâtre, qu'elle travers» HAQUIN, la montrant.

Elle encor!

GONDICARIUS.

Maudit soit ce burg!

Paix! je te prie.

GONDICARIUS.

Mais jamais on ne vient dans celle galerie;

Nos maîtres sont en fête et nous sommes loin d'eux.

On ne peut nous entendre.

T £ U D G N j désignant la porte du donjon.

Ils sont là tous les deux.

GONDICARIUS.

Quiî

Page 1