OBSERVATIONS
OBSERVATION N° 1. —— Bursite avec épanchement hémorragique
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MNT Fe âgé de 75 ans, tailleur, rentre à l'Hôpital Broussais le 5 septembre 1938 pour douleurs vives et tuméfaction de l’é épaule droite entraînant une gêne fonctionnelle considérable. Les douleurs ont pepe lapparition de la tuméfaction.
Elles ont d’abord été intermittentes, toujours localisées à l’épaule; puis, à l’entrée du malade, elles sont presque continuelles, devenues très violentes, elles ne marquent aucune atténuation devant les essais thérapeutiques; ni les ‘injections locales de novocaïne, ni les injections intra-dermiques d’histamine n’ont amené de soulagement. L’intensité des douleurs a nécessité plusieurs fois des injections de morphine.
A l’examen, on note une déformation unilatérale du moignon de l'épaule. On voit une tuméfaction qui s’est développée progressivement en 5 à 6 mois au-dessous de la voûte acromio-claviculaire, faisant une saillie globuleuse sous le bord antérieur du deltoide.
C’est en effet en avant que l’on voit une bosselure plus accentuée, plus superficielle, au niveau du sillon delto-pectoral.
Au niveau de cette tuméfaction les téguments ne sont
pas modifiés.
La palpation, pratiquée avec douceur, montre l’exis-
tence d’une fluctuation, donnant l’impression de liquide
sous tension. La tension du liquide paraît augmenter
lorsque le malade ébauche un mouvement d’abduction.
L’exploration faite successivement, bras pendant,
inerte, et après contraction du deltoide prouve que la
tuméfaction est située sous ce muscle.
Les mouvements de l'articulation sont douloureux, surtout ceux d’abduction et de rotation. L’abduction active est presque totalement impossible. L'abduction provoquée est très limitée et les mouvements imprimés à l'articulation de l’épaule sont très douloureux et se trouvent rapidement arrêtés.
La ponction retire un liquide séro-hématique, peu abondant malgré le volume de la tuméfaction. L’exa-
men de laboratoire montre un grand nombre d’hématies, de polynucléaires, mais ne permet d'identifier aucun
germe; l’ensemencement lui-même ne montre aucun
germe.
L'examen radiographique de l'épaule est pratiqué ; en comparant avec l'épaule saine, on ne voit aucune modification osseuse : pas d’altération de la forme du squelette; la tête humérale et la cavité glénoïde sont à contours nets. Pas d'images de calcification sous-deltoidienne.
La recherche des antécédents permet de préciser qu’il
n'y eut aucun traumatisme de la région de l’épaule. Le malade n’a présenté aucune manifestation rhumatis-
male: on retrouve seulement chez lui la notion de trau-
matisme professionnel: il doit manier un fer assez lourd,
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FiG. 4. — Le malade, après l'intervention, présente une récupération fonctionnelle excellente de tous les mouvements de l'épaule. La pointe de l’omoplate a été marquée par un repère cutané : le déplacement de l’omoplate est tout à fait analogue du côté
gauche et du côté droit opéré.
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et peut-être faut-il trouver là une cause d'efforts mus-
. culaires répétés du membre supérieur droit.
1e malade est opéré le 30 septembre 1938 (D: Basset) à l’anesthésie locale.
nIncision verticale suivant le grand axe de la tumeur, penis à la direction des fibres du deltoïde que l'on
dissocie; -—— La tumeur tendue, de coloration bleuâtre, est inti-
is mement adhérente au plan musculaire deltoïdien. Toute
la partie superficielle de la tumeur étant isolée, on se
æ. rend compte qu’elle s'étend en profondeur un peu en
avant et surtout en arriere. 0
Au cours de la dissection, la poche est ouverte donnant issue à des végétations mollasses, brunâtres. Le doigt introduit dans la cavité permet de voir que la, poche s'étend en avant jusqu’à la gouttière du long biceps. La poche recouvre toute la partie externe de
Ho E ‘articulation; elle s'étend en arrière jusqu’à la partie
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postérieure du deltoïde. |
Il n’existe aucune communication avec la synoviale articulaire.
On résèque la partie antérieure et ‘externe de la poche, le reste de la bourse séreuse est laissé sur place et
‘badigeonné au chlorure de zinc.
On rapproche les fibres du Hetoide. sur un drainage, A UT AO D
- Les suites opératoires sont normales, vers le dixième jour sont commencées des séances de radiothérapie de l’épaule, suivies de mobilisation progressive de l’articulation.
L'examen histologique de la poche est pratiqué : elle est faite d’un tissu conjonctif simple, tendant à la sclérose, les végétations sont constituées par des excrois-
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sances fibrineuses inorganisées, aucune lésion bacillaire n’est visible.
Le malade est revu trois mois et demi après son opération. Le résultat fonctionnel est excellent, aucune douleur spontanée, les mouvements d’abduction, de circumduction, de rotation interne et externe du bras s’exécutent sans aucune douleur. Il n’y a aucune atrophie musculaire résiduelle.
OBSERVATION N° II. — Bursite avec épancherent hémorragique
M°° L. B.., 53 ans, sans profession, entre à l’hôpital pour une déformation de l'épaule droite.
Cette déformation a débuté il y a 6 mois, lentement et progressivement, la partie inférieure de l'épaule a augmenté de volume. :
D’abord indolore, cette tuméfaction devient sensible actuellement; ces douleurs sont d’ailleurs très supportsbles, à type de picotements, d’élancements, d’ailleurs. peu tenaces, irradiant dans le bras, l’avant-bras et les 4 et 5° doigts de la main droite.
L'examen montre une tuméfaction située à la partie antérieure de l’épaule droite, formant une voussure limitée en haut par la clavicule, et se perdant en dehors à la partie supérieure du bras. Cette voussure soulève le. deltoïde qui paraît globuleux.
La palpation montre une tumeur rénittente, située: sous le plan musculaire deltoïdien ; elle présente de la. fiuctuation. je
La palpation n’est pratiquement pas douloureuse. Fa tuméfaction durcit lorsque le bras est élevé, en abduction à angle droit. l
L'étude de la motilité montre qu’il n’y a pas de limi-
tation des mouvements passifs.
Les mouvements actifs, par contre, sont tous limités, surtout l’abduction et les mouvements de rotation
interne et externe.
La recherche des antécédents montre, là encore, l’ab- Br sence de tout traumatisme, même minime.
Il faut noter qu’un an avant l’apparition de la tuméfaction, la malade a présenté une douleur tenace, spontanée, au niveau de l’épitrochlée, à droite. Cette douleur apparue en dehors de toute cause traumatique s’est calmée d’elle-même.
Les examens complémentaires sont pratiqués A radiographie montre l’absence de lésions des extrémités | osseuses, avec cependant une décalcification légère de la iète humérale. Pas d'image de calcification sous-deltoïdienne, © su : si
La ponction retire un liquide foncé, brun- -rougeàire, sirupeux. L'examen de laboratoire montre de nombreuses hématies, d’assez nombreux polynucléaires, témoin d’une inflammation subaiguë. Aucun germe n’est visible,
Poe | les cultures restent stériles. dures
L'examen complet de la malade ne révèle rien d’anormal (Purée est à 0 gr. 22, la glycémie à 0 gr. 77).
Une numération globulaire donne des chiffres nor-. inaux : hématies, 4.300.000; globules blancs, 5.000.
La malade est opérée le 4 novembre 1938 (D' Basset). Incision dans le sillon delto-pectoral. Entre les deux muscles écartés on voit saillir la partie superficielle de la poche, d'aspect bleuté.
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La poche est incisée franchement, sa paroi est épaisse, fibreuse; à l’examen elle présente de nombreuses mA végétations diffluentes et mollasses. ri
Fr6. 5. — Après l’ablation de la bourse séreuse, la récupération des mouvements est très satisfaisante ; seule l'élévation verticale :
du bras droit paraît un peu limitée.
Elle s’étend en arrière et en haut, sans aucune communication avec la cavité articulaire. a
On arrive à en ‘soler progressivement les 3/4 environ, 3 compris un prolongement qui descend en avant du tendon du long biceps. Seule la partie toute postérieure de la poche ne peut être extirpée par l’incision antérieure. Etre
Après badigeonnage avec une solution de chlorure de
zinc, on place une lame de HÈES et lon suture les
plans superficiels.
L'examen histologique permet de noter une hyper-
plasie du tissu conjonctif, avec, par endroits, présence
de dégénérescence hyaline. Aucune lésion tuberculeuse
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ne pes être observée, CU UN
Là encore, les suites opératoires sont excellentes, le
traitement radiothérapique est également appliqué, la malade sort le 26 novembre 1938.
Deux mois après l'opération, la malade donne de ses nouvelles: ;
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Elle ressent des pichioints dns ve épaule, ie ne
Itve le bras à la verticale qu'avec difficulté. ee
Elle est revue six mois après l'opération, elle ne souf- ;
fre plus depuis trois mois. Elle a encore parfois quelques je picotements dans la région deltoïdienne, elle ne présente é pas d’atrophie musculaire, les mouvements de l'épaule #
sont presque normaux, cependant la rétro- -pulsion et l'élévation du membre à la verticale sont encore un peu difficiles. | ne d f
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OBSERVATION N° III. — Bursite subaiguë avec épanchement ; .
M. L. D..., âgé de 66 ans, maçon, entre dans le service du docteur Basset, le 3 juillet 1940, pour une tuméfaction de l’épaule droite, apparue il y a un mois, presque brusquement, en deux à trois jours.
Depuis un an déjà, le malade ressentait au niveau de l'épaule de légères douleurs sous forme de picotements. Ces douleurs se sont accentuées au point de devenir lancinantes, s’exacerbant la nuit.
Au moment de l'apparition de l’épanchement, le malade a présenté des phénomènes douloureux au niveau des deux genoux, au genou gauche en particuler qui aurait été le siège d’une hydarthrose.
Dès l'inspection, on note une tuméfaction importante de l’épaule droite, comblant le sillon delto-pectoral, ne s’accompagnant pas de modification des téguments.
La palpation, douloureuse, donne la sensation d’une inasse scus tension, nettement fluctuante.
On ne trouve pas d'augmentation de la chaleur locale.
Depuis l’apparition de la tuméfaction, l’impotence du membre s’est accentuée.
Les mouvements actifs sont de faible amplitude et douloureux. L’abduction et l’élévation du bras sont limités, la rotation selon l’axe longitudinal est impos- Sible. |
Par ailleurs il existe quelques ganglions dans le creux de l’aisselle, mobiles, et de consistance élastique.
Plusieurs ponctions pratiquées ont révélé la présence d’un liquide puriforme, ne contenant aucun germe à l'examen direct ni à la culture. Le liquide, peu abondant, malgré le volume de la tuméfaction, contient des poly-