‹ Les cachettes huguenotes aux environs de La Salle et dans les CévennesChapitre 13 sur 15 · CHAPITRE XI Autres cachettes «l«ks devenues · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI Autres cachettes «l«ks devenues

Nous réunissons, sous cette dernière rubrique, tous les renseignements que nous avons pu recueillir sur les cachettes dans les diverses régions des Gévennes. Il est probable que si d'autres chercheurs sont intéressés par une élude que nous ne faisons qu'ébaucher, le nombre de ces abris retrouvés sera 1res considérable. A celle époque de foi ardente, peut-être parce quelle n'avait pas la liberté de s'épancher au grand jour, tous les protestants des Cévennes, malgré les dangers qu'ils encouraient, 'considérèrent comme un devoir sacré de donner asile aux proscrits de la religion réformée. Par un sentiment bien humain, ils s'efforcèrent, en même temps, d'atténuer les risques en créant ces -cachettes qu'ils s'ingéniaient à rendre introuvables), pour leur salut el celui de leurs hôtes.

A Samt-André-de-Valborgne, il en existe au moins deux, à noire connaissance. L'une se trouve au vieux château des Barbuts, sur la roule de Tourgueille, elle non- ,i été signalée par M. Louis de Seynes; l'autre se trouverait dans une maison de campagne, immédiatement au-dessus de Saint-André.

Il en existerait, .aussi plusieurs dans la vallée des Plan tiers, en particulier au mas de Borgne. Celle-ci serait formée par une grotte ou « calavent », dans un grand rocher voisin.

Nous savons que Vivent se réfugiait, pendant les mois les plus rudes de l'hiver, clans la maison du cabaretier Teissier, au col de Bonperrier. Cette habitation habilement aménagée contenait, comme la maison Blachère, aux Arnauds, près Thoiras, plusieurs cachettes bien agencées. L'une d'elles, nous dit Bost, était souterraine, « dans laquelle on entrait en soulevant les ais du plancher et qui avait une issue au dehors » (1).

Dans les Basses Cévennes, boute la région du Vigan, de Bréau, Aulas, Mars, Serre, Pailherols et Roquedur était signalée à l'Intendant comme lieux où se cachaient les prédicants. Là aussi, comme au mas de la Peyre, près Vallerauguc, où se cachait le pasteur Arhus, on retrouverait des asiles intéressants à étudier.

De l'autre coté de la ligne du partage des eaux, dans les Hautes-Cévennes, le Bougés et la Lozère, on .arriverait au même résultat.

A Campis, près de Meyrueis, la maison de Bertrand, refuge ordinaire des frères Plan, de David cl de Roman, axait aussi -a cache pour abriter les gens, les arme- et les sermons. Dans <ette vallée, il se tint de nombreux'.assemblées dont quelques-unes lurent surprises.

En 1696, le prédicanl Roman se Irouvait, le lô août, dans une maison près de Florac. Les habitants, occu-

(1) Oh. Bost, Loc. cit.

pés ;i moissonner, l'avaient laisse tout seul. Survint un détachement de dragons qui se livraient, dit Bost (1), à la recherche des livres et des armes, aussi bien que des prédicants. fis enfoncèrent la porte du, logis et monlèrent jusqu'à la chambre <>ù donnai! Roman. «Le bruit

Entrée de la cachette de la maison Boiesier, au Pont de Montvcrt.

que j'en tendis »>, raconte celui-ci, « me fit lever promptement et me •cacher sous le lit, dans un trou que j'aperçus dians la voûte et qu'on y avait pratiqué pour descendre en bas. Mais, se trouvant fermé, par dessous, avec une planche et un pilier qui la soutenait, je n'>

(1) C. Bosr, Loc. cit., II, 157.

pu entrer que La moitié du corps, et ainsi il me fut impossible de passer outre, dont bien me prit, parce qu'en même temps ces soldats vinrent en bas, ou ils m'auraient infailliblement attrapé. Ils remontèrent donc dans ma chambre avec fureur et, croyant trouver dans le lit des livres ou des .armes, ils vidèrent toute la paillasse sur moi, eu sorte qu'ils me couvrirent eux-mêmes. Et, certes, j'ai toujours remarqué le doigt de Dieu bien clairement en dc^ merveilles de cette matière. »

Enfin, au Pont de Montvert, au pays même que terrifiait l'abbé du Cayla, M. le pasteur Montfagon a bien voulu non- signaler une cachette très connue, dit-il, et située dan- son habitation même (maison Boissier) Nous regrettons de ne pas posséder, a -ou -ujel de plus ample- renseignements ci de ne pas savoir, surtout, à qui flic donna asile a quelques pas même de la maison dont l'incendie lut le signal de l'insurrection camisarde.

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