‹ Les cachettes huguenotes aux environs de La Salle et dans les CévennesChapitre 12 sur 15 · CHAPITRE X Vallée du Gardon de Saint-Jean · texte numérisé non relu

CHAPITRE X Vallée du Gardon de Saint-Jean

1° Cachette de Saillens

Lorsque des hauteurs du plateau de Caderles on dévale brusquement sur St-Jean-du-Gard par la rapide descente de la Maiaïgue, on laisse à droite de l'ancienne route et à gauche de La nouvelle une agglomération de maisons nommée le mas de Saillens.

L'une d'entre elles (actuellement maison Méry) porte ;i h fronton de la porte dune écurie la date de 1558. Elle est adossée contre la montagne. Pour y parvenir, de la route actuelle, il faut passer devant la maison voisine et mouler un escalier surveillé par la fenêtre <le la cuisine. La porte principale s'ouvre dans un petil vestibule d'où part un escalier montant au deuxième étage. Celui-ci a des portes de sortie pour communiquer avec les terres situées au-dessus de la maison.

A droite, dans le vestibule, une vieille porte étroite permet d'accéder à une cuisine de forme rectangulaire éclairée sur un des petits côtés par une seule fenêtre. Sur cette cuisine s'ouvrent les portes de deux cham-

bres dont l'une (si nos souvenirs sont exacte) communique, aussi avec l'extérieur sur le derrière de La maison.

Dans la chambre du devant, de forme irrégulière sous le lit, se trouve une trappe de 0 m. 60x0 m. 60. Elle 'donne accès dans une cavité prise aux dépens de l'écurie sous-jacenle creusée à demi dan.-- le rue. De celle-ci, il est fort difficile de s'apercevoir qu'une partie du mur sémblanl soutenir la montagne esl creuse.

Les dimensions de celle cachette sont : 1 m. M' de largeur sur I m. 30 de hauteur et 1 m. 90 de longueur.

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Sur l'un de ses CÔlés, S€ trouve une sorte de rebord pour poser les vivres. I ne •cale en bois placée sur In paroi gauche permel de poser le pied pour entrer el sortir rapidemenl de la cachette.

Elle servi! maintes fois, nous a-t-on dit, d'asile aux pasteurs du Désert. Su proximité de St-Jean du! en être la cause.

2° Cachette de las Parets

De l'autre côté du ruisseau qui le sépare du mas de Saill'ens, le mas de Las Parets est situé sur un petit mamelon au-dessus des prairies de la rive droite du Gardon de Si-Jean. Là existait non pas une vraie cachette, mais un dégagement semblable à celui de la maison de Jean Martin, à Rieumal, près La Salle.

In placard de la cuisine situé tout près de la porte des chamJbres possédail jadis un fond mobile soutenu pur deux tringles. En cas de danger, on pouvait par ce passage descendre dans une cave ayant une porte sur la campagne et par où l'on pouvait, fuir. Ce mas, où l'on nous a monfré encore de vieilles armes, a ses divers bâtiments presque complètement entourés de murs. Seul, à l'arrivée du chemin, un grand portail en bois permel d'entrer dans la cour intérieure. Tl faut chercher un moment pour trouver la porte de la cuisine située tout à tait en retrait.

3° Cachette du nuis de Razet

Sur la rive gauche du Gardon el immédiatement audessus de St-Jean, se trouve le mas de Razet qui possède aussi une cachette. Grâce à l'amabilité de M. le pasteur Cadix qui a bien voulu, après nous l'avoir signalée, nous adresser le plan l'ait par M. Laune. architecte, nous pouvons l'ajouter à notre travail. Cette maison, écrit-il, est très ancienne, du XVe ou XVIIe siè-

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cle, avec des portes en ogive el des fenêtres à croisillons. D'après la tradition orale, les prédicanls el les pasteurs du Déserl s'3 seraienl réfugiés.

Grâce ;i l'exeellenl dessin de AI. Laune, nous pouvons très Eaeilemenl comprendre le mode de construction de ces cachettes.

Lorsque nos aïeux construisaient ces robustes voûtes qui soutiennent encore le sol des appartements de presque toutes les cuisines cévenoles, ils comblaient avec de l'argile jusqu'au moment où le niveau devenail horizontal. Là-dessus ils coulaient le mortier qui devait former le sol de l'appartement supérieur. La plupart du temlps, les cachettes ont été évidées, soit au moment • le La construction de la voûte, soit même après dans les angles, contre les murs, à l'endroit où la couche de remplissage étail la plus épaisse.

(Clic cachette de Razet a, comme dimensions, 1 m. GO de hauteur sur I mètre île large et 2 m. 05 de longueur. Elle communiquai! avec la chambre par .une trappe.

\ ' (Jaclicllc du Mas 'Je Rouville

En aval de Saint-Jean, en face La vallée de Massiès, mais -ni' la rive gauche du Gardon, le mas de Rouville m- trouve juche -m- un haut mamelon, dont l'autre pente plonge dans le Gardon de Mialet. Ce mas fut le refuge principal du prédicaiil \ ivenl et de -es compagnons assurés d'être toujours bien reçus par les demoiselles de Rouville. Celles-ci suivaienl très assidûment les assemblées tenues dan- leur région. Parfois, même,

elles se transportaient loin de chez elles pour entendre prêcher l'Evangile. Des assemblées lurent tenues aussi près de leur maison, dans une grotte que l'Intendant lit mUrer. Connues comme des retireuses de prédicants, les demoiselles de Kouville voulurent mettre encore mieux leurs hôtes à l'abri des poursuites. Elles décidèrent, un jour, >de faire construire une cachette sous leur propre lit. Grâce aux documents trouvés dans les archives, l'histoire nous en est racontée par Ch. Bosi. « Le 14 décembre 1001, deux jours après le prêche l'ait dans la grotte, au mas de Uouville, Vivent était auprès du feu, avec La Rouvière et leurs trois hôtesses, quand la fantaisie leur prit d'examiner si « la cache >> nouvellement creusée était secrète. Gavanon, La Boulé, Rocher et, Massol y étaient justement descendus, lorsqu'un détachement de dragons survint. Vivent, La Rouvière et Alarion de Uouville s'y blottirent en haie avec les autres, les deux sœurs aînées ayant voulu répondre seules aux questions dest soldats. Mais ce n'était pas pour les prédicants que ceux-ci étaient venus de Sainl- Jean, célail pour elles. Toutes deux furent amenées à Sainl-lljppolyle. Le lendemain, laissant Alarion dans la maison déserte, Vivent retournait à la baume de Pau- Ihan. » (1).

5° La Mas de la Baume à Peyrolles

En amont de Saint-Jean-du-Gard, et au sommet d'une petite vallée qui se termine à Peyrolles, se trouve

(1) CJh. Bost, Loc. ri/., I, 462.

le mas de la Baume. Dans ce mas, d'un accès très dil- [îcile, demeurait, en L690, une veuve Poussielgue, fille de François Daudé, «lu mas de Maliestre, pic- La Salle. Très dévouée aux ppédicants, qu'elle suppléait même parfois, elle était, dans toute la région i\c> Cévennes, la personne la plus au romani de leurs randonnées aventureusea. On s'adressait de partout à cette femme pour entrer en relations avec les prédicants. Dans -a maison existait encore, nous a-t-on dit, une cachette L'éloignemenl de ce mas nous a empêché d'aller contrôler suc place l'existence de celle cachette et d'en prendre les dimensions exactes.

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