‹ Les cafés artistiques et littéraires de ParisChapitre 2 sur 60 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Beaucoup de personnes s'imaginent que les journalistes sont des piliers de cafés, qu'ils passent dans ces établissements toutes leurs journées et une partie de leurs nuits, écrivant leurs articles entre deux consom- ^ mations. Nous ne voulons pas protester contre une croyance absolument fausse et parfaitement absurde; cependant, comme le titre de notre récit pourrait faire supposer que nous venons apporter des preuves nouvelles à l'appui de cette idée, nous croyons utile d'expliquer au lecteur ce qu'est l'exis-

tence d'un écrivain travaillant sérieusement. D'abord , dans les cafés , quels qu'ils soient, les journalistes ne sont point dans leur milieu ; sauf de rares exceptions, le public ne leur convient pas et les braves gens qui, en dégustant un moka plus ou moins parfumé, rédigent des constitutions, crient contre les formes de gouvernement qui n'ont pas l'heur de les satisfaire, discutent les impôts, et causent sur l'économie sociale, ne s'imaginent pas combien leurs raisonnements faux, débités en mauvais français, intéressent peu les écrivains. En dehors de ces considérations purement morales, d'autres causes non moins importantes empêchent les rédacteurs des journaux parisiens de s'attarder trop longtemps dans les cafés. Il y a le travail quotidien du journal. Il faut aller à la rédaction, causer du numéro du jour, écrire les articles. Le metteur en pages entr'ouvre la porte des bureaux, réclame la copie ; il faut se presser. Cependant des visites arrivent, on renvoie bien quelques importuns, mais on est malgré tout obligé de

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