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LE CAFE DE FOY

M. Lenoir céda son établissement à son premier garçon, M. Lemaître. Ce fut l'ex-fournisseur,

M. Mamignard, qui lui avança les deux cent mille

francs nécessaires pour payer son patron. L'ancien garçon, devenu maître à son tour, fit une fortune de deux millions et se retira des affaires. Le fils de M. Mamignard épousa MUe Darcier. Le café de Foy déclina rapidement; le deuxième successeur de M. Lemaître, ayant fait de mauvaises affaires, abandonna son fonds à ses créanciers qui firent vendre le mobilier aux enchères.

La suppression des maisons de jeu installées au Palais-Royal, la sévérité de la police à l'égard des femmes qui hantaient le jardin et les galeries de bois1 avaient fait le désert dans ce coin si animé de Paris. Les habitués disparurent, et le café dut fermer, faute de clients. Jusqu'au dernier jour la pipe en fut impitoyablement proscrite, peut-être cette exigence accéléra-t-elle sa décadence, mais enfin il tomba dignement.

M. Lenoir, un des propriétaires du café, mérite une mention spéciale. Il avait remplacé sa mère, dont la beauté était célèbre au moment de l'invasion; mais, le métier de limonadier ne lui plaisant pas, il se retira des affaires, acheta des œuvres d'art et forma une très-belle collection qu'il laissa à l'État après sa mort. C'était un véritable don princier.

Sa \cuve, qui lui survécut une dizaine d'an-

:. Remplacée^ p.ir la galerie «l'Orléans.

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