LE CAFE PROCOPE. I
stitut, y a fait pendant de longues années sa partie de dominos.
Depuis 1819, il a vu entrer à l'Institut tous les membres des cinq académies. Il a donné des conseils aux récipiendaires de l'Académie française, et, quand un nouvel immortel doit être reçu, M. Pingard le place dans la salle, à l'endroit qu'il occupera le jour de la cérémonie, et le fait regarder vers le pilier du sud-ouest. La voix s'arrête sur cotte masse de pierre, remonte et retombe sur le public. C'est l'abbé Maury, devenu cardinal et archevêque de Paris , qui a découvert ce moyen d'être entendu de son auditoire. Doué d'une fort belle voix, il était désolé des mauvaises qualités d'acoustique de la salle des réceptions académiques. Les sons se perdaient dans les tribunes, et c'est à peine si les auditeurs placés à quelques pas percevaient quelques lambeaux de phrases. L'abbé essaya son organe, d'abord il n'entendit que des sons criards, des éclats bizarres, puis tout en tournant lentement sur lui-même, les mots qu'il prononçait devinrent tout à coup d'une netteté admirable. Sa voix harmonieuse, bien timbrée, emplissait la coupole, Renfonçait dans les tribunes. Il avait trouvé ce qu'il cherchait, aussi son succès fut-il grand le jour de sa réception.
Depuis cette époque, c'est M. Pingard, à qui l'abbé raconta le fait, qui insiruit les académiciens de la découverte du célèbre cardinal.
Sur les murs du salon du rez-de-chaussée du ■cope, sont peints les portraits de Voltaire, mbert, de Piron, de Jean-Jacques Rousseau,