‹ Les Cafés politiques et littéraires de ParisChapitre 2 sur 44 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

s'imaginent pas combien leurs raisonnements faux, débités en mauvais français, intéressent peu les écrivains. En dehors de ces considérations purement morales, d'autres causes non moins importantes empêchent les rédacteurs des journaux parisiens de s'attarder trop longtemps dans les cafés. Il y a le travail quotidien du journal. Il faut aller à la rédaction, causer du numéro du jour, écrire les articles. Le metteur en pages entr'ouvre la porte des bureaux, réclame la copie, il faut se presser. Cependant des visites arrivent, on renvoie bien quelques importuns, mais on est malgré tout obligé de recevoir, et, tout en écoutant un récit, on écrit un article dont il faut ensuite corriger les épreuves.

Pour les journaux du soir, la besogne est terminée à deux heures, mais pour les journaux du matin il faut retourner dans V après-dinée travailler quelquefois jusqu'à minuit ou une heure.

A côté de cette tâche quotidienne , beaucoup d'écrivains travaillent pour des feuilles spéciales, littéraires, scientifiqzies, économiques, des revues, et écrivent ces articles che^ eux. D'autres, critiques de théâtres, sont obligés d'assister aux premières représentations et, souvent, en sortant d'écouter cinq actes, doivent s'asseoir devant une table ou un bureau; outre les théâtres, il y a les séances hebdomadaires des académies, les réunions des Sociétés scientifiques et littéraires, les bals, les soirées, les concerts dont il faut parler, faire les comptes rendus. Puis les gens à recevoir, les visites obligatoires à rendre, les lettres à

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