LE CAFE DK CHOISEUL
directeur du Grand-Théâtre, puis il a dirigé l'Opéra de Marseille et est arrivé à Paris.
Parmi les artistes, nous citerons MM Nicolini, Ciampi, Verger, des Italiens; Gil-Perez, du Palais- Royal; M. Vianesi, chef d'orchestre des Italiens; Cohen, premier violon de l'orchestre de ce théâtre; M. Emile Badoche, secrétaire de la direction et chroniqueur au Courrier d'État. M. Badoche avait épousé M""*- Cambardi, chanteuse, morte dans tout l'éclat de son talent en 1861.
Dans un coin, qui leur est spécialement réservé, sont les correspondants des journaux anglais : M. Holt-Wite, du New-York Tribune; M. Longhurst, de l'Économiste; M. Hcly Bowes, du Standard. Pendant la désastreuse guerre de 1870, M. Bowes n'a point quitté notre pays, et son journal a été le seul parmi tous les organes de la presse britannique qui n'ait point pris parti pour les Allemands, Le 4. septembre, il se trouvait sur le boulevard regardant les énergumènes qui brisaient les écussons des magasins, lorsqu'il rencontra son tailleur. Le prince de l'aiguille portait le costume de garde national, ce qui était tout naturel ; à son côté pendait un superbe sabre de cavalerie, et sa ceinture menaçait de se briser sous le poids de deux revolvers et d'un long poignard turc. L'écrivain anglais lui demanda où il allait dan- eet accoutrement :
« Monsieur, les circonstances sont graves, il faut se montrer! je vais au café du Helder. »
M. Edouard Hervé, le sympathique directeur du Journal de Paris, rend au café Choiseul de
fréquentes visites à M. Bowes. M. le docteur Decaisne, rédacteur scientifique du journal La France, lui parle politique; des compatriotes sachant où le trouver, l'entourent, lui causent, et, au milieu dece bruit, de ces phrases entrecoupées, de ces discussions, l'infatigable écrivain trouve le moyen de répondre à chacun, de faire sa correspondance, d'envoyer des télégrammes, de prendre des notes.
tm