VIII PREFACE
morceaux tirés d'Esniénard, de Leinlerre, de Baour-Lormian, de Lebrun et surtout de Delille, y abondent; en prose, c'étaient /e.î Incas de Marmontel, les Ruines de Volney, les critiques de Laharpe, qui nous fournissaient de modèles de style. Nous commencions à regimber. Mais comment s'étonner de la masse énorme de préjugés littéraires que les novateurs de l'école romantique eurent à vaincre dans la bourgeoisie du temps, quand on voit quelles étaient les préférences des jeunes gens qui avaient seize ans quand Victor Hugo en avait treize!
Ces jeunes gens avaient en lettres et en arts le goût très étroit ; ils avaient sur toute autre matière resi)rit ti'ès large. C'étaient eux (|ui devaient être les libéraux de la Restauration et de la monarchie de Juillet, le seul temps, je crois, où l'on ait su ce que c'est que la vraie liberté.
Ce même Bary qui écrivait : « La prière que l'on fait depuis quelque temps dans les classes m'a toujours paru une atteinte à la charte conslitutioimclle; on proclame la liberté de conscience, et cependant on force tous les élèves à se lever en classe, » etc.,