I..V SÉPARATION ET LA LIBERTÉ 45d
Diderot. N'ayant su, à la fin du dix-huitième siècle, ni sortir d'une Eglise dissolue et dissoute ni garder la liberté des cultes, elle a tourné depuis dans un cercle, fatal, exposée à foutes les folies et à tous les désastres. Mais sa démocratie de travailleurs obstinés a toujours su réparer jusqu'à l'irréparable, et elle est trop absorbée désormais par les réalités d'ici-bas pour se passionner des affaires du ciel.
Les répulsions instinctives des masses ont rendu impossibles les retours vers le passé catholique. Devant leur indifférence tombent toutes les excitations sous prétexte de religion. Ce qui, en d'autres temps, eût risqué de produire la guerre civile, passe sans le moindre trouble. Nous ne tarderons guère à posséder le tempérament impassible qu'il faut pour laisser libres les ennemis mêmes de la liberté.
Dix années de large instruction suffiront à dégager le peuple des campagnes des religiosités dangereuses. Nous nous engageons de mieux en mieux dans le grand courant de la science expérimentale, qui conduit l'humanité, hors du surnaturel, de plus en plus à rebours des rêves mystiques, dans la voie mathématique du progrès infini.