Reddent te quasi nil ederis biberisque
contre le scorbut sous forme de choucroute [Sauer-kraut).
Mais ne pourrait- on tenter une restauration et en faire une terrible concurrence à la douce révalescière, opposer Caton à M. Duharry et Aristote h M. Warton, Anglais qui en est le premier exploiteur sous le nom de erva-lenta.
Il faudrait d'abord trouver un nom moins naïf, moins candide, moins vrai qu'erva-lejita, qui, à cause de cela, ne réussit pas.
Brassica ou caulis ne représente rien ; voyons si le nom grec xpaaSy] ne serait pas plus heureux. . . Non.
Mais j'y suis : je ne sais quel grammairien explique que le nom de caulis, qui veut dire pédoncule, a été donné aux choux par un trope appelé synecdoque; mon nom est tout trouvé : nous appellerons l'aliment nouveau — il est aussi nouveau que les lentilles — synecdoche.
Puis nous appliquerons à l'exploitation le précepte du feu Véron :
« Prenez rien du tout, annoncez-le énormément, et vous en vendrez tant que vous voudrez. »
Une seule chose m'embarrasse ; ce n'est pas d'annoncer que la synecdoche ou oque guérit toutes les maladies; je n'aurai qu'à copier les an-
nonces de la revalescière, en ajoutant les luxations,la surdité et le préservatif contre l'ivresse; mais je n'oserai jamais dire ce que dit le maître de la farine de lentille : à savoir, que la douce revalescière, qui est six fois plus nourrissante que la viande, nourrit ceux qui l'emploient dix fois davantage, tous les journaux l'affirment avec le plus touchant et unanime accord.
Donc, commeje le disais plus haut, si le tapioca s'est jeté dans la politique, c'est la douce revalescière qui lui en a donné le fâcheux exemple en arborant le drapeau blanc de la légitimité et celui de l'infaillibilité du pape.
Seulement le tapioca est républicain; il paraît que la police l'accuse d'être affilié à l'Internationale.
Ce tapioca, du reste, ne s'adresse qu'aux membres de son parti; car il y a des gens à qui ça couperait l'appétit ou troublerait la digestion de voir sur les paquets la figure de Gaillard père, de Razoua, de M. Gambetta, de Félix Pyat, etc., etc.
Au nombre de quelques vrais républicains que l'on peut compter en France, il faut mettre Ginguené,qui est mort en 481 5; quand vint l'Empire, il se retira de la politique, et, sourd à des offres qui lui furent faites par le nouveau pouvoir, il
consacra aux lettres le reste de sa vie ; lors de la dernière chute de Napoléon, on proposa à Gingaené de faire un écrit contre le despote. « Moi ! dit-il, je laisse cette besogne à ceux qui l'ont loué quand il était au pouvoir. »
Pour bien apprécier cette conduite, il faut se rappeler les attitudes provocantes et les coquetteries et agaceries de MM. Favre, Ollivier et Gambetta, lorsque Napoléon III, ne pouvant plus refuser certaines libertés, que d'autre part il ne pouvait supporter, accusa son intention de s'appuyer sur la gauche, et, si c'est M. Ollivier qui l'emporta, c'est, je l'ai déjà expliqué, qu'il monta par l'escalier de service, tandis que les deux autres se posaient avec un sourire gracieux et engageant sur ie grand escalier des Tuileries.
En 1798, Ginguené fut nommé ambassadeur en Sardaigne et fit avec Charles Emmanuel un traité qui livrait la citadelle de Turin à la France.
Il écrivait à un de ses amis :
(c On a invité ma femme à la cour de Sardaigne ; j'y ai consenti, à la condition qu'elle ne se déguiserait en rien de ce qu'elle n'est pas, et elle y est venue en toilette de bourgeoise parisienne, avec des bas de coton. »
Il y a loin de là aux galons et aux plumets dont
s'affublaient naguère la plupart des membres du parti prétendu républicain.
Les amandiers sont en fleur; les violettes, petits encensoirs d'améthystes, exhalent leurs suaves parfums; les narcisses' blancs et jaunes, les iris d'un violet presque bleu, les premières anémones écarlates ou bleues, tapissent les collines, au jardin, beaucoup de rosiers : chromatelle, baronne Prévost, thé safrano, gloire des rosomanes gloire de Dijon, géant des batailles, France; Ernestine de Baranie, madame Falcot, etc., etc., sont chargés de fleurs épanouies.
Quelques camélias à l'ombre des mimosas.
Le soleil se lève brillant et attiédit l'air.
Mes canards blancs se poursuivent en plongeant et prennent de la mer, sous les rayons obliques du soleil levant, un reflet azuré; les paons font la roue; les coqs se battent; les pigeons se becquètent le tour des yeux et se donnent réciproquement à manger.
Sous ces printanières haleines, il s'épanouit dans l'esprit et dans le cœur tout un jardin de pensées riantes et poétiques ; tel souvenir renaît avec les violettes, tel autre avec les premières feuilles de l'églantier, tel autre avec les premières
étoiles jaunes et parfumées de la giroflée des murailles.
Ah ! qu'il serait doux de pouvoir ne penser ni à la Chambre des députés, ni à M. Gambette, ni même à M. Thiers et à la fusion ; de borner sa pensée à l'horizon ensoleillé, de pouvoir se dire : a Ça m'est égal et ça ne me regarde pas ! » comme je le disais au temps de ma première jeunesse, sur le premier cachet que je fis graver : Eixerley!
La politique, en ce temps-là, se passait dans une certaine sphère; tel ou tel seraient ministres et tel ou tel cesseraient de l'être; mais ça ne changeait rien au sort des particuliers : chacun se livrait à son métier, à ses études, à ses plaisirs; on pouvait alors regarder de loin les grands navires sur la mer houleuse, en se maintenant dans une des petites baies, des anses riantes et paisibles, abritées des vents, que présentait alors la vie privée, comme la côte d'Agay, à Saint-Raphaël, nous en offre ici pour nos canots de pêche.
Mais, aujourd'hui, ce qui se passe dans les régions de la politique ne laisse plus d'abri ni de refuge à personne; ce n'est plus à la surface, c'est dans ses plus sombres profondeurs que la société, que la vie est agitée et troublée.
Tout est en question, rien n'est acquis, rien n'est assuré.
Toutes les idées sont confondues, les mots ont des sens nouveaux, absurdes, acceptés.
Le navire sabordé coule sous nos pieds et sombre. Tout le monde à la pompe ! et cependant les pilotes se battent pour arborer un drapeau de telle ou telle couleur.
Ah ! ce n'est pas seulement les rois auxquels Jupiter ôte le bon sens, quand il a décidé leur perte.
M. Thiers, chevalier de la Toison d'or, devait, sous peine de déchéance, porter le deuil de l'exempereur Napoléon III, en qualité de membre du même ordre.
Devait-il se résigner à ce deuil, ce dont, pour ma part, je ne lui ferais pas de reproche, tant la chose est indifférente?
Devait-il renvoyer le collier de la Toison d'or?
Mais le duc de Medina-Cœli vient le tirer d'embarras par sa mort; le duc est également chevalier de la Toison d'or, et son deuil doit être porté par ses confrères; donc, M. Thiers peut et doit porter le deuil; les deux peines, non les deux deuils, se confondront ensemble, comme on dit au palais ; comme M. Thiers n'a pas encore tout à fait
DU PETIT l'OUCCT 287
trompé et découragé les espérances de MM. Razoua, Gambetta, Pyat, Vermesch, personne ne l'accuse d'avoir fait verser au duc de Medina-Cœli le poison des Corgia et de Victor Hugo.
Sans aucun rapprochement, je me rappelle avec remords une plaisanterie qu.\.. on contait sous le règne de Louis-Philippe contre une brave dame, fille d'avoué et femme de notaire, qui faisait surmonter son chiffre d'une couronne de comtesse sur son papier à lettre, se disait légitimiste et portait sévèrement le deuil de tous les membres des familles régnantes; si bien que, la voyant un jour vêtue de rose, quelqu'un s'écria : « Grâce à Dieu, madame n'est pas en deuil; tous les rois et les princes d'Europe se portent bien. »
11 mourut alors je ne sais quel roi, la notaresse prit le deuil.
...On... dit dans un journal, en annonçant la mort simultanée de Franconi :
« Nous ignorions que madame... fût parente du célèbre écuyer ; nous l'avons appris en la voyant en deuil hier à l'Opéra. »
Un journal du parti prétendu républicain, dans un article non signé qui est peut-être de Gaillard père, mais qui peut être aussi de Félix Pyat ou de Vermesch, — cependant j'ai cru reconnaître le
faire de Razoua, — dit en parlant des hommes du parti :
« Ceux qui ont lutté jusqu'au bout. »
A cette prétention facétieuse du parti prétendu républicain, je répondrai comme je l'ai déjà fait :
« En est-il sept sur les cent sept membres de l'Assemblée qui ont voté pour la continuation de la guerre, pour la guerre à outrance, qui y aient pris une part personnelle et qui aient exposé leurs précieuses personnes ? »
Et, en dehors de l'Assemblée, compte-t-on dans ceux qui « ont lutté jusqu'au bout », les préfets, sous-préfets, commissaires, délégués, envoyés, etc., qui, eux, leurs enfants, leurs frères, leurs cousins, leurs neveux et leurs amis, se sont tenus à l'abri des balles prussiennes, de la faim et du froid, dans des fonctions rétribuées; de sorte que la continuation de la guerre n'eût été pour eux que la continuation du bien-être et r « émargement à outrance » ?
Quelques personnes s'étonnent de voir tous les rois, empereurs, etc., porter le deuil de Napoléon III, qui, pour plusieurs d'entre eux, n'était de son vivant qu'un parvenu, un intrus, capricieux, inquiétant, dangereux.
Il me revient un souvenir qui expliquera ce deuil officiel.
Il vient de mourir une femme très distinguée, la grande-duchesse Hélène de Russie, veuve du grand- duc Michel Paulowitsch, belle-sœur de l'empereur Nicolas et tante de l'empereur actuel.
Elle était Allemande, comme presque toutes les femmes des empereurs et des grands-ducs russes, et avait dû, selon l'usage, changer et de religion et de nom. Quant à la religion, entre les sectes catholiques ou protestantes et la secte russe dite orthodoxe, les différences sont bien minimes... du moins aux yeux de Dieu.
J'ai eu i'iiuinicur d.(^ la voir plusieurs fois à Nice, lors d'un séjour qu'elle y fît, il y a une douzaine d'années.
Elle habitait une propriété où est mort plus tard le fils aîné de l'empereur Alexandre; cette propriété était très proche de mon jardin, que plusieurs fois ses demoiselles d'honneur étaient venues visiter, amenées par M. de M orff, que
j'avais autrefois connu à Paris, et elles emportaient des fleurs pour la grande-duchesse.
Quant à elle, je la rencontrais quelquefois se promenant à pied, et je la saluais; un jour, elle s'arrêta devant ma porte et m'adressa la parole ;
la conversation s'engagea, pendant laquelle elle me dit :
— Nous autres, nous ne savons guère la vérité sur rien.
— Mais Votre Altesse est-elle certaine que <( vous autres » vous aimeriez à l'entendre?
— Pour mon compte, je crois que oui.
— Votre Altesse veut-elle me permettre de lui en dire une toute petite. . . seulement pour essayer?
— Dites.
— Pourquoi Votre Altesse, que j'ai l'honneur de rencontrer quelquefois, ne me dit-elle pas qu'elle a envie d'entrer dans mon jardin et de voir mes fleurs ?
— Vous avez raison, entrons.
C'était une personne très instruite, très intelligente et qui poussait le désir d'être aimable et approuvée jusqu'à préparer un peu, je crois, ses conversations.
Mais arrivons au souvenir annoncé à propos de deuil.
Elle voulut bien, un jour^ me faire inviter à prendre une tasse de thé avec elle; elle était seule avec une demoiselle d'honneur qui se tenait à une certaine distance.
D'abord j'éludai la politique, qu'elle semblait vouloir amener dans sa conversation.
Je ne cause pas volontiers politique avec les rois, avec les princes et les gardes champêtres et autres fonctionnaires, parce qu'ils ne sont pas indépendants, pas plus que je ne cause religion avec les prêtres.
Je disais une fois à un homme de mes amis, préfet de l'Empire, qui se plaignait de me voir éviter ou refuser toute conversation sur les afl'aires d'alors :
— Je ne me consolerais pas facilement de vous voir envoyer votre démission à la suite d'une de ces conversations que vous provoquez. Je crois que j'ai raison dans mon éloigement pour le gouvernement 4ont vous êtes le délégué. Il faut admettre que, dans toute discussion, l'un des deux causeurs peut convaincre ou persuader l'autre, et, si j'allais vous convaincre ou vous persuader, c'està-dire vous amener à penser comme moi, vous êtes trop honnête pour rester préfet pendant cinq minutes.
J'éludai donc quelque temps avec la grandeduchesse; mais, quand je vis qu'elle insistait, je pris le parti de parler franchement.
Or, à cette époque, j'avais quitté la France, et
j'avais été d'abord à Gènes, puis à Nice, alors ville italienne, pour ne pas vivre sous un gouvernement que je n'admettais pas, après le crime du 2 décembre. Aussi, chaque fois qu'elle disait : « l'empereur Napoléon, » je répondais en disant : « M. Bonaparte ».
Le lendemain ou quelques jours après, le baron de M orfTvint me voir; il me parla de ma
visite chez la grande-duchesse.
— Son Altesse impériale, me dit-il, a remarqué avec surprise que vous étiez décidé à appeler M. Bonaparte celui qu'elle appelait Sa Majesté l'empereur des Français.
— Mon cher baron, lui dis-je, dites à Son Altesse impériale que j'en dis bien d'autres quand il n'y a pas de dames.
— Je ne dirai rien à Son Altesse impériale, car je n'ai pas l'ordre ni même la permission de vous communiquer son impression.
— Pourriez-vous me dire, mon cher baron, comment, à la cour de Saint-Pétersbourg, on appelait « l'empereur des Français » pendant la guerre de Crimée?
— C'est une autre affaire ; aujourd'hui, d'ailleurs, la paix est conclue, et tout fait espérer qu'elle sera durable.
— Ce qui est aussi une autre affaire, c'est que je ne sais aucune raison de faire la paix en même temps que vous...
Au fond, la mauvaise impression reçue par la grande-duchesse était réelle; pour « eux autres», il est choquant qu'un bourgeois, un croquant, un poète se permette de traiter sans respect même un homme qui, à leurs yeux, est un faux empereur, un simulacre^, un masque d'empereur; une couronne fût-elle en carton, la pourpre fût-elle teinte dans le sang, c'est un acheminement à moins respecter les « vrais empereurs ».
N'est-ce pas Tibère qui fit mourir un homme qui battit un esclave, lorsque cet esclave avait dans sa poche une pièce de monnaie à l'effigie de l'empereur?
D'ailleurs, en ne portant pas le deuil d'un homme qu'on a traité en empereur, on aurait l'air d'avoir cédé à la crainte en le subissant, ce qu'il importe de ne pas avouer.
La grande-duchesse oublia naturellement l'incident, et, peu de temps après, elle me fit inviter à dîner avec elle par la princesse Odoewski; je dus m'excuser : je répondis que j'avais moimême un ami à dîner et que j'allais lui donner un festin qui laisserait loin derrière lui, pour la
magnificence, les repas de cervelle de paon de Lucullus et de pois mêlés de perles de Galigula en lui offrant le sacrifice de la si regrettée invitation.
.Te crois bien que ma lettre... était charmante; néanmoins ma faveur en mourut, et de ce jour j'avais cessé de faire partie des vivants aux yeux de la petite cour de la grande-duchesse Hélène.
La grande-duchesse Hélène était, je l'ai dit, instruite, et aimait les arts et les lettres, et — ce qui doit lui compter surtout aujourd'hui devant Dieu — elle était très généreuse et très bienfaisante, car « on n'emporte dans l'autre monde que ce qu'on a donné dans celui-ci », et, comme l'a dit Hugo... l'ancien :
Qui douue aux pauvres prête à Dieu. *
Elle passait pour exercer une grande influence sur son beau-frère Nicolas, et on attribue en partie à cette influence la grande et belle révolution pacifique de l'affranchissement des serfs.
J'ai eu l'immense bonheur de vivre à peu près
toujours à la campagne ou dans des grands jardins, avec les arbres, les fleurs, l'herbe , les
oiseaux, les papillons et les autres insectes pour précepteurs.
Lorsque j'étais enfant, je me plaisais à prendre des oiseaux dans des trébuchets; cet amusement ne nous était permis que l'hiver, et jamais à la saison des amours et des nids, que nous étions accoutumés à respecter.
Nous n'avions pas non plus la pensée de mettre et de retenir nos prisonniers en cage; nous aimions trop la liberté pour ne pas avoir horreur de l'esclavage même pour les autres.
C'étaient, en cette saison, le plus souvent des mésanges à la tête bleue ou noire et des rougesgorges, que nous prenions; je ne parle pas des petits troglodytesqui, tout faits de plumes, s'échappaient à travers les barreaux du piège. Nous prenions les captifs bien doucement, sentant leur petit cœur battre d'effroi dans notre main; nous leur donnions un baiser sur la tête, et nous leur rendions la liberté; c'était comme un jeu établi et réglé entre les oiseaux et nous; cependant il nous vint à l'idée que ce jeu pouvait leur être utile, et que, instruits par leur malheur de quelques instants, ils ne se laisseraient pas prendre aux autres pièges que tendaient d'autres garçons qui les gardaient en cage ou les mangeaient.
Pour expérimenter le résultat de cette leçon et aussi pour constituer notre volière libre, c'està-dire un peuple d'oiseaux auxquels nous avions rendu la liberté, nous leur attachions à une patte une petite faveur rose ou bleue qui devait les faire reconnaitre.
Eh bien, nous reprenions souvent les oiseaux déjà pris et délivrés, dans le même piège, avec le même chènevis pour amorce, ce qui nous apprit que les oiseaux, sous certains rapports, presque sous tous les rapports, ne sont pas plus sages que les hommes.
L'histoire met aussi des faveurs rouges, bleues, blanches ou tricolores à la patte des peuples et nous fait voir qu'eux aussi se laissent prendre sans cesse, et depuis les origines de la civilisation, dans les mêmes trébuchets, avec l'appât du même chènevis.
C'est ainsi que s'exécute ce cercle perpétuellement décrit :
Un prêtre et un Hercule associés établissent la royauté, puis le despotisme; leurs courtisans établissent la tyrannie.
On les renverse; un prêtre de Dieu, un roi, trente courtisans, sont remplacés par deux cents
prêtres du diable et par deux cents rois; anarchie ! On demande un sauveur, alors reparaissent le prêtre et le roi, et bientôt les trente acolytes, puis la tyrannie, puis la liberté, puis l'anarchie, et toujours comme cela jusqu'à la consommation, non pas de la bêtise humaine, mais jusqu'à la consommation des siècles, ce qui est moins long et ne risque pas, comme ferait l'autre, de fatiguer et de décourager la patience d'un Dieu éternel.
Ne prenons qu'un exemple, un tout petit, mais ayant son importance.
Il s'agit de nommer un député.
Un monsieur ou un citoyen monte sur quelque chose et dit :
« Tout va mal : l'agriculture est méprisée; le commerce souffre; l'industrie agonise; la tyrannie écrase le peuple (si c'est un citoyen) ; l'anarchie nous menace (si c'est un monsieur); (ensemble) le tableau des misères de ma patrie me fait saigner le cœur.
» J'aime le peuple, je viens à son secours, je suis prêt à me dévouer pour lui ; nommez-moi votre représentant, et tout va changer, à l'instant même.
» L'agriculture, honoiée, aidée, reprendra immédiatement le rang qui lui est dû.
» L'industrie et le commerce, relevés, enrichiront tout le monde.
» L'Etat fera autant de canaux, de routes, etc., que vous voudrez, et en même temps, ce qui jusqu'ici a paru contradictoire, mais ne le sera plus, grâce à un procédé de mon invention, les impôts, diminués progressivement, ne tarderont pas à être supprimés. La tyrannie (si c'est un citoyen) sera effrayée et s'enfuira en hurlant, comme ce diable que je ne sais plus quel saint, en butte à ses tentations, saisit par la queue avec des pincettes rougies au feu. L'hydre de l'anarchie (si c'est un monsieur) rentrera dans son immonde repaire ou sera muselée comme un vulgaire caniche.
« (Ensemble) Les fontaines Wallace donneront le matin de sept à neuf heures du café au lait très sucré; de neuf heures à midi, de l'eau pure et limpide; de midi à deux heures, de la bière double; de deux à six heures, du vin de Bordeaux, et le soir, du punch.
» Si vous ne me nommez pas, vous êtes perdus; si vous me nommez, vous êtes non seulement sauvés, mais riches, mais heureux.
» La Bétique des poètes sera auprès de la France une Sibérie, et le paradis un désert aride. »
nu PETIT POUCET 299
— A la bonne heure! dit le peuple; voilà un homme! nommons-le donc bien vite!
Nommé, notre homme va à Paris.
Commençons par excepter de ce que nous allons dire, et avant même de le dire, un certain nombre d'honnêtes gens, dévoués, laborieux, aimant réellement leur patrie.
— Qu'entendez-vous par un certain nombre?
— J'entends, par un certain nombre, un nombre incertain... qu'il ne serait ni respectueux ni prudent peut-être de vouloir déterminer et préciser; contentez-vous de savoir qu'un « certain nombre » ne peut, dans aucun cas, s'entendre de moins que deux.
Exceptons aussi une douzaine d'ambitieux , d'avides, de vaniteux et une quarantaine de sousambitieux, de sous-avides, de sous-vaniteux à la suite et servant de comparses.
Le reste est parfaitement indifférent, s'assied à droite ou à gauche, ou aux centres, d'après le hasard des relations, ou des promesses reçues, ou des espérances rêvées; vient à l'Assemblée comme un commis va à son bureau, moins la crainte d'être l'éprimandé ou destitué, si ce n'est dans un temps si éloigné, qu'on n'y pense pas, c'est-à-dire vient le moins possible; arrive tard;
s'en va tôt, quand il vient; se trouve toujours suffisamment éclairé sur les questions en discussion lorsqu'arrive l'heure du dîner, et demande la clôture; puis il vote, quand il vote, non d'après ses études, ses réflexions, ses opinions, ses impulsions, mais avec un des douze ambitieux, avides ou vaniteux déjà nommés.
On s'abstient des séances vides et ennuyeuses, c'est-à-dire où il n'est question que des afl"aires et des intérêts du pays; on n'est assidu qu'aux séances dites publiques, où il est question, entre les douze en question, de garder et de prendre le pouvoir, c'est-à-dire les places et l'argent, et de donner la curée à leurs meutes respectives.
Et le peuple dit :
— Mais l'agriculture n'est pas honorée, le commerce et l'industrie se débattent comme auparavant dans les mêmes difficultés, les impôts aug- (i mentent, et, d'autre part, on suspend des travaux / urgents, faute de fonds. ,
» Les fontaines Wallace ne donnent ni café au \ lait, ni vin de Bordeaux, ni punch. l
» On s'est moqué de nous. »
Et les mêmes oiseleurs, quelquefois d'autres oiseleurs, exactement semblables, tendent les mêmes trébuchets. dans lesquels ils mettent le
même chènevis; et les mêmes oiseaux, éternellement béjaunes , viennent , avec leur cordon rouge , bleu , blanc ou tricolore à la patte , se faire reprendre, absolument comme la première fois.
Il y a déjà longtemps, dans un des premiers numéros des anciennes Guêpes . je m'avisai de parler du charbon de terre, qui est devenu la force motrice et l'âme pour ainsi dire du travail, qui a remplacé en si grande partie les chevaux sur les routes et les hommes dans les manufactures.
Et je me demandai ce qui arriverait le jour où. le charbon deviendrait plus rare, puis d'une extraction plus difficile et plus coûteuse, puis disparaîtrait.
Je reçus de ne sais quel ingénieur une réponse ou plutôt une semonce à la fois verte et dédaigneuse, et il me détailla les divers gisements de charbon de terre connus et les probabilités des nouveaux gisements à découvrir.
Je ne fus pas convaincu, et je me contentai de répondre par la profondeur des puits et galeries, constatant la consommation de charbon qui s'en était faite seulement depuis la moitié du ix« siècle,
OÙ l'on semble avoir commencé à s'en servir ' , par la multiplication incessante des usages auxquels on l'emploie, par la lenteur de la formation de la houille, que les géologues, en constatant dans les bancs la présence d'animaux et de plantes fossiles qui depuis tant de siècles ont disparu de la terre, ont décidé avoir été formée avant que notre terre fût habitable et habitée par les hommes, et je finis par ce raisonnement assez simple :
La consommation quotidienne de ce qui a mis des myriades de siècles à se former et ne trouve peut-être plus, dans l'état actuel de la terre et de l'atmosphère, les éléments nécessaires pour se former de nouveau entraîne nécessairement ce résultat qu'un jour il n'y aura plus du tout de la chose si vite, si assidûment consommée et si lentement ou point du tout reproduite.
Aujourd'hui, on en est venu à s'occuper sérieusement de la diminution de la houille, qui ne se traduit encore que par les difficultés, la lenteur et les dangers de l'extraction, et une cherté qui ne peut que croître, et qui, si l'on ne trouve rien
1. Malgré qnel(iiies indices douteux, la première mention incontestable est celle d'un acte de concession de quelques terres en 853, où l'on voit, au nombre des réserves faites par le monastère amodiant ces terres , 60 char!];es de charbon de bois et 12 de charbon de terre.
pour remplacer cette âme de feu de l'industrie et de la fabrication, amènera dans un temps donné à abattre des villes situées sur des bancs de houille dont la valeur finira par être beaucoup plus considérable que celle des villes elles-mêmes.
Il en est de même de la dépopulation de la France.
Le nombre des morts est chaque année, depuis un certain temps, et dans une proportion croissante, supérieur au nombre des naissances ; donc, dans un temps qu'il ne m'appartient pas de fixer plus par paresse que par impuissance, car c'est une affaire de simple arithmétique, il n'y aura plus de Français.
Il est intéressant d'étudier les causes de cette dépopulation; elles me semblent peu nombreuses et très évidentes; cette étude tient par un côté à celle que j'ai entreprise sur le paupérisme.
Je n'ai reçu aujourd'hui aucun journal encadré de noir ; je considère comme écoulés les jours pendant lesquels j'avais déclaré respectables, non pas la douleur, non pas les regrets, qui le sont toujours, mais l'expression exagérée de cette douleur et de ces regrets, qu'il est juste aujourd'hui de ramener ù la réalité et à la mesure.
J'ai laissé passer sans observations un peu trop de « sanglots » et de nianifestations de désespoir réservées, d ordinaire, pour la perte de parents chéris, ou d'amis, parents élus et choisis, et avec lesquels on a tellement mêlé sa vie, que la séparation ne se peut faire sans déchirement, manifestations qui, à propos d'un empereur que Ton avait peu connu, auquel on avait peut-être parlé deux fois dans sa vie, et cela sans intimité, avec toute la gêne et le creux de l'étiquette, pourraient être taxées d'alTectation par les gens qui détestent particulièrement l'affectation.
Je ne dirai rien « du sentiment de pure admiration exprimé par l'Europe », selon M. Weiss, ni des regrets de généraux auxquels le gouvernement est censé avoir refusé une autorisation d'aller a Chislehurst qu'ils n'ont pas demandée; en faisant remarquer, en passant, que les journaux du parti bonapartiste, en proclamant Napoléon IV dans leurs colonnes, ont pu imposer au gouvernement à l'égard de ces autorisations une certaine sévérité.
Je ne discuterai pas « la multitude » de Français que les journaux bonapartistes portent à 6 000 et qu'un journal du gouvernement réduit à 500 ou
DU PETIT POUCET 30o
COO, ni sur les « 6 000 visages tous baignés de larmes ».
Je ne relèverai pas le sans-façon avec lequel les reporters se désignent eux-mêmes par « les personnalités les plus illustres de la littérature », en rejetant dans la vile multitude, comme dit M. Thiers, le vulgum peciis, le profcuiurn vulgiis, comme dit Horace, ceux qui sont restés chez eux.
De même que ceux qui assistaient à la cérémonie deviennent sous leur plume « l'élite de la société française » ; le reste ne vaut pas l'honneur d'être nommé.
Je ne prendrai pas la peine de nier, quoique je garde laliberté d'en douter, que, ce jour-là, « tous les peuples aient signé un bill d'indemnité » pour le coup d'État de décembre, la guerre du Mexique et la guerre de Prusse, absolution qui, en tout cas, ne pourrait correctement s'appeler « apothéose », comme on Ta appelée.
Je veux traduire le Domine salvuni fac imperatorem, joué sur 1 orgue, à Nice, par mon ami Jules Cohen, par : Grand Dieu ! pardonnez à Venipereur.
Je ne relèverai pas le procédé un peu risqué d'un reporter qui dit : « La pelouse était tellement couverte par la foule, que, selon l'expression
d'Alexandre Dumas, on n'aurait pu s'y tailler un gilet vert, » ce qui tend à faire croire aux lecteurs peu renseignés que Dumas était à Chislehurst, tandis qu'il assistait aux dernières répétitions de la Femme de Claude au théâtre du Gymnase.
Je n'opposerai pas mon impression personnelle à celui qui a parlé de « l'imposante majesté de la belle tête » de Louis-Napoléon.
Je ne ferai pas remarquer le goût plus que médiocre qu'il y a à montrer « l'impératrice en grande toilette de deuil ».
Je ne signalerai pas comme allant un peu au delà de la vérité probable que « le cœur de la plupart des Français était en Angleterre », et que « la patrie était, ce jour-là, sur le sol de la Grande- Bretagne ».
Je n'énumèrerai pas les titres et les parchemins qu'à la rigueur ceux qui les possèdent peuvent croire aussi précieux et aussi illustres que la liste des assistants à la cérémonie funèbre, qui sera, a-t-on écrit, « pour les familles le plus précieux et le plus illustre des parchemins ».
Je ne révoquerai pas en doute « l'adoration que l'empereur défunt et son cousin le prince Napoléon professaient l'un pour l'autre ».
Je ne chercherai pas comment et par quel mystère, dans les diverses messes et services qui ont eu lieu en France en l'honneur du défunt empereur, il a pu assister « une foule nombreuse, sans qu'on eût prévenu personne ».
Je ne relèverai pas, je ne contesterai pas, je ne révoquerai pas en doute, etc., parce que, à côté de ces manifestations auxquelles je ne puis cependant accorder qu'une sympathie proportionnée à leur véracité probable, il y a quelque chose de pire, quelque chose de résolument laid et répugnant : c'est l'ingratitude que certains qui, tirés' de la foule et quelquefois de plus bas que la foule par Louis-Napoléon Bonaparte, comblés par lui de bienfaits dont ce n'est pas l'instant de rechercher la source, ne s'occupent en ce moment que de reconquérir leur position auprès du pouvoir actuel.
Mais tout ce qui sort de l'encadrement noir et le dépasse, tout ce qui part des regrets légitimes exprimés avec plus ou moins de bonheur ou d'exagération pour arriver à « l'espérance d'une guerre civile », tout ce qui veut politiquement et moralement nous faire accepter le second Empire comme tout à fait regrettable, et le troisième comme devant être l'objet de tous nos vœux, cela
n'est pas du deuil, cela n'est pas des regrets, de la douleur.
C'est de la politique, c'est peut-être du danger; la discussion et l'histoire reprennent leurs droits; parlons du premier Empire.
En 1793, une première république ; les excès de quelques grands scélérats et de beaucoup de coquins préparent le pays à se livrer à un « sauveur •».
Napoléon Bonaparte, qui avait juré qu'on ne détruirait la République qu'en « passant sur son corps », fait jeter par ses grenadiers les représentants du peuple par les fenêtres, devient consul, puis empereur; des victoires, puis des guerres insensées et des défaites ; ça finit par la ruine du pays en hommes et en argent et deux invasions.
Le second Empire arrive comme, lorsqu'aux jours de pluie, un second arc-en-ciel, pâle reflet du premier, s'étend au-dessous de lui.
En effet, la république de 1848 est débonnaire, le pouvoir est aux mains d'hommes honorables ; une insurrection terrible des fous, des brigands et des dupes est vaincue par elle.
Le général Eugène Cavaignac a montré d'une manière éclatante et irréconciliable avec les com-
munards d'alors que la république implique la religion de la loi.
Que le pays ait eu alors quelques instants lucides, Cavaignac, nommé président de la République, l'eût très probablement constituée et affermie, et nous eussions évité et l'Empire, et la guerre de Prusse, et la troisième invasion, etc.
Mais des intrigues à la tète desquelles on trouve M. Thiers, la bêtise des faux républicains qui se séparent sur les nuances et perdent la couleur, font élire, pour rétablir l'ordre en France et le respect de la loi, Louis-Napoléon, connu seulement par deux tentatives de désordre, par deux essais d'insurrection à main armée, le second après un pardon généreusement et imprudemment accordé par le roi Louis-Philippe.
Nommé président, le prince Louis jure à plusieurs reprises d'être fidèle à la République, dont il n'a jamais pu dire le nom et qu'il prononçait ripiplique; je ne raconterai pas, je ne rappellerai même pas en détail le coup d'État, le crime du 2 décembre ; il est empereur.
La guerre de Grimée, dépense inutile d'hommes et' d'argent; la guerre d'Italie, qui a au moins quelque chose de généreux et d'héroïque; mais, bientôt après, les fohes ruineuses de Cochinchine
olO LES CAILLOUX BLANCS
et du Mexique ; la guerre de Prusse, et la troisième invasion.
Alors la troisième république, parodie tragique jouée par les doublures des hommes de 1848 avec l'aide des doublures des scélérats de 1793.
Nous sommes aujourd'hui à peu près où nous étions après la terrible émeute de juin 1848, sauf que Cavaignac, par la façon dont il descendit du pouvoir, prouva qu'il pouvait aimer et servir la République sans en être le président, ce que M. Thiers n'a pas encore eu occasion de prouver et dont ses antécédents et son caractère permettent de douter.
Aujourd'hui comme en 1848, il n'est pas impossible de fonder une république conservatrice ; en tout cas, c'est plus possible que de restaurer n'importe quelle royauté; est-ce le moment de vouloir établir un troisième empire, après la troisième république, suivis d'un quatrième empire et d'une quatrième république , etc. , pour se livrer à des hommes de plus en plus médiocres et attirer sur la patrie des calamités de plus en plus terribles'? Ceux qui aimaient Napoléon III et regrettent son gouvernen\ent fondent leurs sympathies et leurs regrets sûr le caractère et les actes de Louis-Napoléon, qui leur donnaient, pa-
rait-il, une sécurité, une confiance qu'ils étaient loin de donner à tout le monde.
Mais, quoique les reporters se soient écrit s en parlant du jeune Napoléon suivant pieusement le cercueil de son père : « Le noble jeune homme ! » — « C'est un vrai prince ! » ils ne le connaissent absolument pas, nous ne le connaissons pas davantage, il ne se connaît pas lui même ; il n'y a ni espérance ni défiance à placer sur lui, si ce n'est cette défiance qu'il est toujours sage d'avoir de l'inconnu.
Ce n'est donc pas sur ses qualités, sur son intelligence, sur ses vertus, — que j'accorde sans contestation, mais qui sont encore à se manifester ou à naître, — que l'on peut fonder une espérance et une sécurité pour un gouvernement que la France n'a pas le moyen de laisser au hasard ; ce n'est pas sur un caractère qui n'est certainement pas formé et dont nous ignorons même les promesses ou les menaces.
Pourquoi donc l'acclamer comme troisième empereur et Napoléon IV? Si nous devons retomber en royauté, pourquoi lui plutôt que tout autre ? Je ne vois à cette aspiration qu'une seule raison plausible : c'est le désir pour certains hommes politiques, pour certains publicistes.
pour certains généraux', de renouer pour euxmêmes le fil coupé des faveurs, de la protection, de la fortune, des honneurs qui leur formaient un collier regrettable, j'en conviens, mais pour eux seulement, ce qui ne constitue pas pour le pays une raison suffisante de désirer une troisième épreuve de l'Empire,
Nous allons, du reste, assister au spectacle que voici : un petit nombre trop compromis avec l'Empire et ayant, du reste, été comblés par lui, conserveront une fidélité platonique à sa mémoire; ils feront de la tradition impériale une espèce de légitimité dont les dogmes et la liturgie seront faciles à suivre : une visite ou une lettre de temps en temps à Pimpératrice et à son fils pendant trois ou quatre anniversaires, un bouquet de violettes par souscription, des abeilles en boutons de chemise et de manchettes, deux ou trois portraits, photographies ou lithographies dans le salon.
Un plus petit nombre composé d'affectueux et de reconnaissants, parmi lesquels deux ou trois têtes vives ou cerveaux brûlés trouveront moyen de se compromettre une fois ou deux.
Le plus grand nombre, mettant « la France audessus des partis » et cédant au besoin qu'a la
patrie de leur voir récupérer des places, des fonctions et des honneurs, se « sacrifieront au devoir », en se rapprochant d'un parti ou d'un autre, de préférence de celui cfui tiendra le pouvoir, comme des naufragés qui s'accrochent comme ils peuvent aux débris et aux épaves du navire brisé sur les récifs.