‹ Les caillouxChapitre 5 sur 15 · LE RÊVE · texte numérisé non relu

LE RÊVE

Que le rythme de nos érables

A plus d'art qu'un discours lointain,

Et que l'or clair de nos matins

Vaut les aurores vénérables

Des anciens grecs, des vieux latins,

Celui qui pense, qui travaille.

Et peine humblement, sans éclat, Puis se complaît dans les trouvailles Que son labeur lui révéla.

C'est le vrai rêveur, celui-là.

Bâiller, bâiller, bâiller sans trêve, Ne jamais agir, mais bâiller.

En songeant à quelque oreiller Où l'on pourrait coucher son rêve, N'est pas rêver, c'est sommeiller !

Petits gars qui lisez Horace, Ce ne sont pas des rêveurs, eux !

Ce sont de pauvres songe-creux !

Ils ne sont pas de votre race.

Ils n'en sont pas, les malheureux

Car vous êtes, sur vos pupitres, Les yeux tendus et le dos rond, Les vrais rêveurs au large front, Vous qui traduisez les Êpitres Et qui peinez dans Cicéron.

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