UN CRITIQUE
Il faudra fermer l'encrier !
Mais, avant, laisse-moi crier, Aristide :
Oh ! qui donc alors écrira ?
Quelqu'un, peut-être, répondra « Aristide ».
Le Rêve
Accoudés sur de hauts pupitres, Les yeux tendus et le dos rond, Les petits, la main sur le front.
Se consument dans les Êpitres Ou s'échinent dans Cicéron.
Ébouriffés, les doigts pleins d'encre, Ils lèvent, par instants, le nez Et se demandent, consternés.
Où diable ce finaud de cancre Trouve le temps de lanterner.
Et, dans leur naïve justice, Ils disent : « A bas le Rêveur ! »
Petits ! ce mot plein de saveur, Il est mal qu'on le rapetisse Et qu'il succombe en défaveur !
Rêveur ! celui-là qu'effarouche
L'instant morose des leçons ?
Quoi ! ces parasites qui sont
— Gobeurs de pensums et de mouches —
Des mollusques, des limaçons.
Ces vieillards de quinze ans, ces moules Des rêveurs, des rêveurs? Jamais !..
Mais ceux dont le cerveau se moule Dans les antiques glaises, mais Le travailleur qui se permet,
Après avoir traduit Virgile, De musardiser, un instant.
Pour constater que nos printemps N'ont pas le coloris fragile Des mignardes saisons d'antan;