‹ Les caisses d'épargne de la Suisse considérées en ellesmêmes et comparées avee celles d'autres pays...Ouvrage présenté à la Société Suisse d'Utilité Publique, siégeant à Genève le zo aoùt 1837Chapitre 1 sur 37 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

De toutes les institutions utiles dont la Suisse peut s'enorgueilJir, aucune ne lui appartient plus véritablement que celle des Caisses d'épargne. Nos cantons en avaient essayé plusieurs et en possédaient deux florissantes , h Berne et à Bâte, avant que la Grande- Bretagne s^en fût occupée , et que les autres Etats en eussent établi à Pimilation de celles de Londres et d'Édinbourg. Une seule ville, à ma connaissance, hors de Suisse , peut réclamer en sa faveur la priorité de rinveniion. C'est Hambourg, dont la Caisse d'épargne, fondée en 1778 , a précédé dé neuf ans celle de Berne et de vingt ans celles d'Angleterre. Toutefois, il paraît que le mérite d'une idée aussi heureuse appartient presque également à Hambourg , à la Suisse et à la Grande-Bretagne , car les fondateurs des premières Caisses d'épargne dans ces trois pays ne connaissaient pas mutuellement leurs tentatives et ne communiquaient pas entre eux.

Le développement de Tinsliluiion des Caisses d'épargne en Suisse n'est pas moins remarquable <iue l'ancienneté de leur origine. Un esprit public tout local a su les perfectionner graduellement et les adapter aux convenances de chaque fraction de la population. Par la manière dont elles se sont multipliées depuis cinquante ans, elles ont sans donte coniri- Dué à cette diffusion générale de Taisance qui est M frappante dans plusieurs cantons de la Suisse. Il est évident que ce pays n^estpas favorisé de la nature sous le rapport des sources ordinaires de la richesse , savoir, les fleuves navigables, les ports de mer, les mines de houille, les plaines fertiles et les moyens de transports économiques ; c'est donc dans Tesprit de prévoyance et de persévérance des habitants, c'est dans les institutions que cet esprit a fait naître , qu'il faut chercher les causes d'une prospérité foconteslable.

La marche des Caisses d'épargne en Suisse a de l'intérêt pour tous les habitants de ce pays. £lle mérite aussi d'être étudiée par les étrangers à cause de la variété que présente l'organisation de ces Caisses d'épargne, et parce que leur ancienneté permet de prévoir la marche future de celles qu'on établit partout depuis quelques années. Le mode de placement des fonds étant tout-à-fait différent de celui de l'Angle^

lerre , imiié en Fraoce et ailleurs, j'ai cru couveuable de montrer aux hommes éclairés de tous les pays comment nos Caisses d'éfyargne prospèrent depuis cinquante années , sans causer le moindre em barras aux gouvernements, sans faire faillite, et sans amener , pendant les désastres politiques les plus graves, ces paniques, dont on voit ailleurs des exemples au milieu de la paix la plus profonde.

£n 1827, M. le professeur G. Bernouilli , deBàle, publia dans ses Archives de statistique suisse (*) , un mémoire fort intéressant sur |a situation des Caisses d'épargne de toute' la Confédération à la fin de Tannée 1825. J'ai voulu faire le même 4ravail, et plus complet encore, pour Tannée 1835, afin de montrer les progrès qui se sont opérés dans une période de dix ans. Je ne me doutais pas 9 en commençant , du travail immense que Faccroissement des Caisses d'épargne et leur indépendance ordinaire des adminisiraiions cantonales , allaient m'imposer. Heureusement j'ai été secondé par plusieurs des hommes les plus considérables de la Suisse, qui ont bien voulu s'intéresser à mes recherches.

M. le syndic Falio, premier député de Genève à

(1) Sch-\reîzertscbes Arcbiv fôr die Stalistik, i»S, cahier I; Bâlc 1827.

la Diète de 1836, a eu Tobligeance de remeUre^avec recommandations, à MM. ses collègues, des tableaux de questions que j^avais préparées d'une manière uniforme pour tous les cantons, excepté pour deux ou trois sur lesquels j'avais des renseignements directs. La plupart des députés ont bien voulu transmettre les tableaux dans leurs cantons, et les rendre à M. Fatio avec les chiffres demandés; quelquefois aussi avec des notes explicatives pleines d'intérêt. Le travail qui a dû être fait dans certains cantons est considérable. Je dois en exprimer ici, d'une manière collective, toute ma reconnaissance ; plus loin je mentionnerai, à Poccasion de chaque canton , les personnes qui ont pris la part la plus active à cette communauté de travaux (*).

Je classerai ce cpe j'ai à dire en trois parties ou divisions. Dans la première je rappellerai rorigine et Vhistoire des Caisses d'épargne de la Suisse et de l'Europe; dans la seconde je parlerai de Yorganisalion des Caisses d'épargne de la Suisse, considérées en elles-

(1) Ayant reçu des commnnîoatîons de plus de cent personnes, qui en ont elles-nnêmes employé d*autres que je ne connais pas, il ne m'est pas possible , maigre ma bonne volonté et la reconnaissance que jVprouve , de nommer tous mes collaboratears. La position sociale et le nombre des personnes qui ont bien voulu m*aider, ainsi qae la présentation du résultat à la Société suisse d'Utilité publique , ont fait de ce travail ane entrepmc eo quelque sorte nationale.

mêmes el dans leur comparaison avec celles d^autres pays ; dans la troisième je donnerai les résultats statistiques^ sous différents points de vue , mais principalement en ce qui concerne ta situation à la fin de l'année 1835.

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