‹ Les Caisses de Secours & de Retraites: Des Ouvriers MineursChapitre 21 sur 85 · ONE · texte numérisé non relu

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soute; mais peu après la grève, les directeurs des mines, ne voulant pas laisser mettre en doute leur. bonne volonté, se livrèrent de nouveau à une étude d'ensemble une fois le calme rétabli. Les statuts d’une. Caisse centrale de secours et de pensions pour les ouvriers mineurs du bassin de la Loire furent -arrêtés. (Cette institution nouvelle laisse subsister d’ailleurs les caisses particulières.) Peu d’autres Compagnies s’y affilièrent ; deux seulement! se joignirent aux quatre anciennes et l’association ainsi étendue à six compagnies, le 23 décembre 1869, comptait, dès ce moment, dix mille ouvriers groupés autour d'elle.

La Caisse centrale distribuait des secours aux ouvriers mis par leurs blessures dans l'impossibilité de travailler pendant une durée de plus d’une année; des pensions aux veuves et aux orphelins trop jeunes pour travailler, et — ce qui est son but principal — des pensions de retraite aux anciens ouvriers âgés de 55 ans, comptant trente années de service effectif dans les mines de l’une ou l’autre des Compagnies adhérentes. Les Caisses particulières n'ont à leur charge que les secours aux ouvriers dont les blessures sont moins graves et les soins et secours à donner en cas de maladie aux ouvriers ou aux membres de leurs familles *.

1 Société de Villebœuf et copropriétaires des mines de Beaubrun.

2 Pour alimenter ces caisses, il est fait sur le salaire de l’ouvrier une retenue qui varie suivant les mines de 2 à 3 0/0; sur le produit de cette retenue, versé dans la caisse particulière, celle-ci prélève la moitié de la

Malgré des lacunes et des imperfections de détail que le temps a fait connaître ou a produites et qui peuvent être facilement corrigées, cette organisation a toujours fonctionné à la satisfaction des intéressés 1.

Si ingrat que paraisse ce premier aperçu sur notre sujet, il témoigne toutefois — et la chose ne laisse pas d'être remarquable — des efforts qu'ont faits de longue date les exploitants dans tous les bassins miniers pour organiser les secours nécessaires aux ouvriers et à leurs familles. Les institutions de prévoyance, objet de notre étude, en sont la preuve la plus insigne; si l’on songe en même temps aux mille autres interventions bienfaisantes des Compagnies : logements ouvriers, écoles, orphelinats, ouvroirs, hôpitaux, infirmeries, églises même, on comprendra qu'un directeur de mines ait pu dire non sans quelque orgueil : « C’est notre gloire à nous d'avoir fait que notre population ouvrière «a pu arriver à mieux se nourrir, mieux se loger, mieux se vêlir ; cette amélioration dans les conditions de la vie est un vra progrès dont nous sommes fiers”. »

somme des dépenses mises de son fait à la charge de la Caisse centrale. Les Compagnies associées se sont engagées à contribuer de leurs deniers à ces dépenses pour la seconde moitié, pendant toute la durée du contrat ainsi volontairement consenti.

! En 1895, le total des pensions servies aux blessés, aux veuves et aux orphelins s'élevait à 206.961 francs, et celui des pensions de retraite à 137.317 francs.

2 Paroles prononcées par M. Chamelton, directeur des houillères de Bessèges, en novembre 1885, à la réunion de la Société de l'Industrie minérale du Sud-Est.

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