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Société des Mines de la Loire, qui représentait par suite une grande part de l’activité industrielle de la région. — Les caisses de secours anciennement existantes avaient continué à fonctionner séparément ; la Compagnie des Mines de la Loire jugea opportun, en 1849, pour justifier les avantages de son monopole, d'améliorer le service des caisses de secours en établissant une caisse générale. Indépendamment des secours largement donnés aux blessés, elle accordait des pensions viagères aux blessés devenus malades, aux veuves des ouvriers morts par suite d’un accident, et parfois des secours extraordinaires aux ouvriers chargés de familles nombreuses. Elle créait trois établissements spéciaux, comprenant des infirmeries pour les mineurs blessés, des pharmacies et un service médical gratuit. Elle subventionnait enfin des écoles d'ouvriers, des salles d’asile, des chapelles régulièrement desservies.
Un tel état de choses dura jusqu’au moment où, par quatre décrets en date du 23 octobre 1854, la Compagnie fut divisée en quatre Sociétés constituées sur un pied identique et considérées comme ayant une valeur égale. Chacune d’elles prenant à sa charge les intérêts des ouvriers occupés dans son exploitation eut sa Caisse de secours particulière ; les recettes restèrent comme par le passé fournies normalement par les ouvriers et les déficits furent toujours comblés par une subvention complémentaire payée par la Compagnie. Deux des hospices, créés l’un au Soleil et l’autre à Montcel,
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furent attribués à deux des nouvelles Sociétés (Houillères de Saint-Etienne; Mines de Montrambert). Mais il arriva qu’en 1866, dans deux exploitations importantes, un nombre assez considérable d'ouvriers demandèrent tout à coupune reddition de comptes et une dissolution des Sociétés de secours. — N'ayant rien obtenu des tribunaux !, ils fondèrent à Saint-Etienne, sous le nom de Caisse fraternelle et de prévoyance, une Société de secours commune à {ous lesouvriers mineurs des Compagnies dont le siège est à Saint-Etienne. Cette association, — autorisée par arrêté préfectoral du 14 novembre 1866, avait pour but, d'après un document émané des ouvriers et publié dans le Mémorial de la Loire du 21 janvier 1867 :
1° D’établir une pension de retraite pour les vieillards dès que les ressources le permettraient ;
20 De fournir des médicaments;
30 D’élever la rémunération journalière des sociétaires malades ;
4 De fournir des secours et des demi-pensions aux veuves des sociétaires et des pensionnaires ;
90 D’amener les Compagnies non seulement à verser dans la Caisse les retenues qu’elle faisait aux ouvriers sur leurs salaires, mais encore une somme égale à ces retenues.
1 Jugement du 31 mai 1866 du tribunal de Saint-Etienne confirmé par un arrêt de la Cour de Lyon du 16 mars 1867.
Devant cette situation troublée, le Comité des houillères de la Loire, chargé de représenter et de défendre les intérêts généraux des exploitations houillères, commença l'étude d’une Caisse centrale principalement destinée à assurer le service des pensions. Bien que partiellement mis en exécution le 22 décembre 1867 par quatre compagnies ! qui, refusant comme les autres toute participation à la Société fraternelle, parvinrent cependant à un accord commun, ce projet, retardé par diverses circonstances, notamment par l'Exposition universelle de 1867, fut repris au commencement de 1869, lorsque les ouvriers, irrités de l'attitude des exploitants et ayant en vain essayé de soutenir leur Société, se déclarèrent en grève. — Le 11 juin 1869, ils firent parvenir aux Compagnies leurs diverses réclamations ? ayant pour but d'amener celles-ci à une sorte de reconnaissance officielle de la Caisse fraternelle. — Les directeurs et ingénieurs des exploitations houillères répondirent : Qu'ils admettaient en principe la création d’une Caisse unique alimentée par les ressources puisées dans les retenues des salaires et dans les subvenldions volontaires des Compagnies. Bien que mécontents de cette réponse, les ouvriers, après un mois de résistance, reprirent leur travail sans que rien n’eût été décidé et la Société fraternelle de prévoyance fut dis-
1 Mines de la Loire : de Montrambert et la Béraudière ; de St-Etienne;
de la Péronnière.
Voir ces réclamations dans Burat, Les Houillères en 1869.