Les caisses populaires [microforme]
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M. ALPHONSE DESJARDINS, Président-Fondateur de ‘‘La Caisse Populaire de Lévis’’, Directeur Général de ‘‘L'Action Populaire Economique.”
CONFÉRENCE DONNÉE DEVANT LES DÉLÉGUÉS DE L'ASSOCIATION CANADIENNE FRANÇAISE D'ÉDUCATION D'ONTARIO
le 15 février 1912.
Conférence donnée devant les délégués de l'Association Canadienne Française d'Education d'Ontario, le 15 février 1912,
par M. ALPHONSE DESJARDINS,
Président-Fondateur de ‘ La Caisse Populaire de Lévis ", Directeur Général de ‘‘L'Action Populaire Economique’!
Monsieur le Président, a Messieurs,
Il m'a été infiniment agréable d'accepter l'invitation de vous parler d’une œuvre à laquelle je suis très attaché, et dont 1’ Panouissement naissant dans notre Pays est pour moi la plus belle des récompenses. Aussi, ai-je accepté avec empressement une occasion aussi favorable de la faire connaître et apprécier davantage Parmi mes compatriotes d’Ontario. Bien qu'il ne me soit pas permis d'entrer dans tous les détails, —le peu de temps à ma disposition et la crainte de vous fatiguer me forçant de traiter la question très sommairement, — j'espère néanmoins en dire assez Pour vous donner une idée exacte des Caisses Populaires et vous convaincre de leurs bienfaits pour le peuple travailleur.
L'idée principale de votre admirable Association est de réunir vos énergies afin de fortifier davantage et accroître votre influence mise au service de deux grandes causes qui vous sont également chères: La conservation intacte de votre foi, de vos traditions et de votre belle langue nationale. Or, en venant vous parler d'organisation économique, je crois entrer absolument dans vos vues et dans celles de votre Association. En effet, plus votre situation ma- *érielle s’améliorera, plus s’aceroîtront vos forces économiques, plus se développera votre aisance individuelle, pour ne Pas parler de la fortune, plus aussi s’augmentera la somme d'influence que chacun de vous pourra exercer dans le milieu où la Providence l’a placé, et plus aussi il vous sera possible de revendiquer et de protéger vos
droits légitimes. Ne l’oublions pas:. chapeau bas devant le riche, peu importe, hélas! souvent l’origine suspecte de son opulence. Ce qui est vrai pour les individus, l’est aussi pour les peuples, témoin la fortune nationale de la France et son prestige dû en bonne partie au fait qu'elle est la banquière des autres nations.
La Caisse Populaire est une organisation purement paroissiale, elle nait, el'e grandit, elle se développe et prospère au milieu de la famille paroissiale, C’est son berceau tout naturel, c’est son foyer d'activité dont elle ne doit pas franchir les limites; elle est, en un mot, sur le terrain économique, le prolongement de la paroisse.
r C’est vous dire que ce n’est pas une hbangre, mais elle est mieux qu'une Banque. N'est pas membre qui veut de La Caisse Populaire. Il ne suffit pas de lui offrir des piastres pour obtenir son entrée dans ses rangs. Non, il faut posséd-r notoirem=nt un capital bien plus précieux, mais que le plus humble travailleur, qu’il soit cultivateur ou ouvrier, peut avoir en abondance : l’honnêteté, l’intégrité, c’est-à-dire être un excellent citoyen et un bon chrétien. Œuvre paroissiale par excellunce, elle ne fait pas de distinction de sexe ou d'âge. Tout le monde dans la paroisse fait partie de la paroisse, done, tout le monde aussi peut faire partie de La Caisse, pourvu qu'il offre les qualités morales que je viens de mentionner. Il s'ensuit que hommes, femmes et enfants peuvent, et doivent être sociétaires. L'homme, parce que. la Caisse sera le réservoir où il ira verser ses modestes épargnes, où il ira aussi puiser pour suffire à ses besoins dans un moment de crise passagère, ou pour féconder ses initiatives; la femme parce qu’elle est l'économe du petit royaume qu’on appelle ‘‘La Famille’’, et qu’en cette qualité, elle doit donner l'exemple de la vertu d'Epargne en mettant, elle aussi, de côté les quelques économies qu’elle réussit à faire dans l’administration des fonds qui lui sont confiés; l'enfant, lui, doit s'initier dès le berceau à cette science des sciences qui consiste à savoir conserver ce que l’on a, à ne pas succomber à la tentation de dépenses futiles et frivoles, à pratiquer la prévoyance dès l’âge le plus tendre. C’est ce que l’on comprend bien et pratique admirablement dans les vieux pays d'Europe, où des organismes créés spécialement pour les enfants fonctionnent par milliers et donnent tous les ans des résultats dépassant notre imagination. Mais ce qui vaut encore mieux que ces résultats matériels immédiats, c’est que, par ce moyen, on forme des générations d'épargnistes qui, grâce à ces