‹ Les Californies, l'Orégon, et l'Amérique russe [microforme]Chapitre 15 sur 42 · LA · texte numérisé non relu

LA

Mexique, le Sonora , ainsi que les deux

Californies. Le chevalier Théodore de Croix avait été chargé de diriger l’administration de pourvoyait aux besoins temporels des quatre provinces, tout en läissant une action libre aux missionnoires; et il s'acquitta avec zèle des deoirs qui lui étaient imposés : en 1781, cependant, on crut pouvoir soustraire le

ouvoir militaire au commandement iminédiat des religieux; un déplorable massacre, prévu par les franciscains, eut lieu sur les rives du Colorado, et prouva tout le péril qu’il y avait à irriter les Indiens en s’appropriant violemment leurs terres.

A l'exception de quelques événements de cette nature, durant lesquels les sauvages se montrent rarement les agresseurs, l’histoire de cétte contrée se traîne pendant près d’un demi-siècle sous un aspect uniforme , et c’est tout au plus si l’arrivée de quelque grande expédition maritime, telle que celle de Lapérouse (1) par exemple, vient rompre dans les missions de la côie la monotonie d’une paternelle administration, qui par la régularité de ses rouages, ses formes press monastiques , excluait jusqu’à la probabilité qu'il pât s'offrir des incidens nouveaux. Si nous voulions nous étendre, les révolutions intérieures de ces aggrégations d’Indiens auraient aux yeux du lecteur un caractère d’uniformité qui en rendrait le récit peu attachant. D: barbares représailles peu fréquentes, i! faut le dire, de secrets compiots, ourdis' dans l’ombre par les devins contre l'autorité des pères, les efforts incessants renouvelés par les missionnaires, pour faire marcher dans la même voie ces êtres grossiers, différents souvent de mœurs ét presque toujours de langage; voilà ce qui composerait ces anypales : l'intérêt qu’elles

ourraient offrir serait un pur intérêt ocal.

En 1822 les choses changent tout à coup d’aspect, et la révolution qui a émancipé le Mexique a son écho dans la Californie. Le gouverneur espagnol D. Pablo de Sola , refusant de servir la nouvelle république, s'éloigne de Monte-

(1) Nous rectifions ici l’orthographe de cenom illustre d’après des documents officiels. Galop de Lapérouse relâcha à Monterey en 1786.

Rey; et un Californien de naissan D. Luiz Arguello, est nommé gou neur por tnterim. La Californie F déclarée territoire , ayant droit à la putation provinciale : le premier dép qu'elle envoie au congrès de Mexico 1’ pas admis : sa qualité d'Espagnol annuler sa nomination. En 1824 la n( velle république installe un gouverne portant aussi le titre de chef politiqr pour diriger la Californie. D. Jozé M ria Echandia nomme des administrate dlais et & aux missions, et veut enlever la dir po à tion temporelle aux missionnaires. PS ? 1:

chef politique maintient cependant l'4 LS “c dre, un instant compromis en 1830 ; m pe des plaintes graves s'élèvent contre l£ il est accusé de s'être prêté au pilla et le lieutenant-colonel D. Manuel V toria vient le remplacer. Homme in gre, cet officier à à lutter contre mauvaises passions, et bientôt il s loigne, laissant l'exercice de l’autor supérieure aux capitaines des presidid:

in 1831 le commandement est volu au général de brigade D. Jozé gueroa : il ya conflit entre l’autori politique et" l'autorité religieuse; mi:

ce n’est que trois ans plus tard qu’ décret de la junte provinciale enlè aux missionnaires « toute participati( à l’administration des biens. » Sel( l'écrivain qui nous sert ici de guid on leur promit une indemnité annuel dont ie payement ne s'était pas encolf effectué dix ans plus tard.

Nous passerons rapidement sur tof ce qui a rapport à une compagnie q se fonda-à Mexico en 1834, sous Æ. titre de Compañia cosmopolitana. Si but avoué était de coloniser la Ca fornie ; mais l'absence d'agriculteurs les éléments hétérogènes dont elle composait la rendaient essentiellemel impropre au rôle difficile qu’elle s'éta imposé ; on lui prête d’ailleurs des vu®:

qui w’étaient rien moins que philanthr( piques. Elle échoua complétement.

fut cependant à elle que l'on dut l'i troduction de l'imprimerie en CalifoW nie : quelques ouvriers typographes q faisaient partie de la compagnie tran portèrent en 1834 une petite presse Monterey ; la première qui, dit-on, el été apportéedans ces régions lointaine Duflot de

Un événement plus important et dont 14 ‘t/ÿo7"

ent en C tes les ré âtre (1).

ées. En destinée:

rnie crut

r unep républi

LES CA R NIESk 8:

nières conséquences sont faciles c'est ce qu'attestait suffisamment le voir s’effectua vers cette époque. Les titre gompeu qu'adopta le pays en prossions avaient été définitivement sé- ‘amant 8% indépendance absolue arisées par le général de pp etunm Z'£tat libr et souverain de la hænte ulacre de partage avait eu lieu à lælifornie: :)se vit méammoins dés l’onurès de Mexico n pard des misérables Indiens, qui s’é- rigine en proie aux di sons intesiines : lité d'Espagnol ent vus à peu près dépouillés de leurs Alvarado, maître Monterer. n'éon. En 1824 ja nes êt de leurs bestiaux, lorsque de tait pas reconnu par 5 autres prwblos; talle un gouverndl Yeaux colons, étrangers à la race et iorsqu’il voulut prendre en nemin la re de chef politigi igène ou aux descendants des Espa- gestion des affaires 0 vit surgir vout à fornie. D. Jozé ls, parurent tout à coup dans le coup un compétiteur. Il n'y à rien de à des administrateWs.« Un grand nombre de matelots plus ordinaire à coup sûr qu’un incieut enlever la dir@iais et surtout de fie améri- dent pareil, lorsque l’on a à raconter les k missionnaires, rs arrivèrent des États-Unis en Ca- troubles de l'Amérique; mais ce qui tient cependant prnie à travers les montagnes Ro- l’est moins, c'est de voir que les deux promis en 1830 ; mFUSeS- Ces aventuriers, chasseurs de rivaux s’arrangent sans coup férir : cela s'élèvent contre hEtrS> n'avaient pour toute fortune arriva cependant. Le chef qui commantre prêté au pilla leurs carabines (rifles); ils s’éta- dait les forces envoyéesde Santa Barbara onel D. Manuel VFent en Californie, et se mélèrent à comprit dès le premier abord qu’il y acer. Homme inftes les révolutions dont elle devint le avait communauté d'intérêt, où il n’y à lutter contre Rat'e (1). » É avait que division apparente et il fut et bientôt ir Etranges révolutions, sans doute,que convenu qu’un arrangement serait proercice de l’autorfes qui ont lieu dans ce vasté pays, posé au gouvernement de Mexico. Le taines des presidil s'agite une population de cinq mille ie 3 qui venait de paraître sur mandement est d°s disséminée sur deux mille lieues l'horizon se nommait Castillero ; l’évébrigade D. Jozé A'é€S-. En attendant qu'elle partagedt nement prouva qu’il était parfaitement nflit entre l’autori destinées d’un grand peuple, la Ca- à même de remplir la miss on dont une ité religieuse; m: rnie crut pouvoir obéir à ses velléités commune convoitise l’avait chargé. 11 se ns plus tard’ qu' hdépendance , et en octobre 1836 un rendit dans la capitale du Mexique, « et provinciale enlè uvement, préparé longtemps à l’a- les renseignements qu’il fournit sur les toute participatil ce par les étrangers, la sépara de richesses encore existantes dans les des biens, » Se[fico: un Californien nommé D. Juan missions déterminèrent, dit M. Duflot sert ici de guid tista Alvarado, simple employé de de Mofras, à voter la loidu 17 août 1837, indemnité annuellovane; devint chef de l'insurrection. qui enleva complétement aux reli sieux @ s'était pas enco nte chasseurs américains, ayant l'administration temporelle et la laissa 18 tard. eur tête un certain Graham, une à la libre disposition du gouverneur. » apidement sur to kantaine de rancheros à cheval , . Le personnage auquél on laissait une une compagnie q ue habiles tireurs, suffirent pour si grande latitude n'était cependant pas en 1834, sous Æ, Monterey tombât au pouvoir des le chef des indépendants. Mexico avait cosmopolitana. sdépendants. Non-seulement le gou- institué un nouveau gouverneur. Ce | coloniser la Caëneur Gutierrez n'avait que soizante- chef politique, nommé D. Carlos Carice d'agriculteurs hommes pour se défendre dans le rillo, ne fut pas accepté, et Alvarado gènes dont elle sidio ; mais les bâtiments américains sut se maintenir au pouvoir, en dépit jent esséntielleme illés dans le port (et ils étaient de l'administration centrale, il en Jut tficile qu’elle s'éta nombre de quatre ) favorisaient évi- de même de son ancien antagoniste : d'ailleurs des vukrment les insurgés. Le gouverneur Vellejo, que l’on confirma dans le poste ins que philanthr itula, et Alvarado, devenu le déposi- de commandant général militaire. | complétement. (f° du pouvoir, proclama hautement Ces étranges «ancessions eurent biene que l'on dut l'i dépendance du pays. Dans cette sé- tôt les résultats qu’elles devaient amerimerie en CalifoWtion, motivée, dit-on, suffisamment ner. Alvarado s’appropria, dit-on, des ers typographes q l'indifférence offensante du Mexique biens immenses confisqués sur les misa compagnie trangr UNE province lointaine, on laissa

: république les anciennes missions ; (1) El estado libre y soberano de la alta Caune petite presse PUR à rome : telle fut la dénomination inscrite

rnien de naissan est nommé gour . La Californie , ayant droit à la e : le premier dép

ière qui , dit-on, e en tête des actes ofliciels. Joy. les pièces justitis régions lointaine Duflot de Mofras, Descript. de l’Orégon et catives insérées à la suite du Yoga ze de M. du k Californie, Petit-Thouars. Voy. aussi Ch, Wilkes ,t. V.

mportant et dont l4

sions, et sans cesser d'accroître son opulence fit encore de nombreuses lar-

esses aux Américains commandés par yraham , qui l’avaient servi de leur intrépidité. La ruine des missions fut consommée par les décrets de 1839 et de 1840; et si le 17 novembre de cette dernière année un ordre du ministre de l'intérieur enjoignit au gouverneur général de restituer l'administration ‘es biens temporels aux franciscains, jamais ce décret ne reçu* son exécuuon.

Un grave événement se préparait cependant : et il deviendra curieux un jour pour l’histoire de voir ce que pouvait entreprendre une poignée d'hommes essayant de faire des destinées nouvelles à ces vastes régions qui formeront un jour plus de provinces peut-être

u’on ne comptait de soldats parmi eux.

Guidés par leur chef Isaac Graham, les quarante-six chasseurs américains dont Aivarado avait utilisé le courage se liguèrent contre lui; et, devançant les exigences de la diplomatie, prétendirent faire entrer dans l’union américaine un pays dont le Mexique semblait méconnaître la valeur. En réalité toutefois ja cause du complot venait de ce que ces hommes, dit-on, ne se trouvaient pas suffisamment récompensés ; ils furent trahis au moment de l’exécution, mais leur adresse à se servir de la carabine était redoutée : on n'osa les attaquer de front, et le chef de la bande destinée à marcher contre eux fit tirer lâchement pendant la nuit contre l’abri de branchages qu’ils s'étaient élevé. Un seul individu reçut un coup mortel en fuyant.

Graham et ses compagnons furent blessés. Envoyés à Mexico pour se justifier, ces intrépides coureurs de bois surent se faire allouer de solides dédommagements, et revinrent plus tard en Californie. Bravant ceux qu'ilsavaient servis jadis, ils formèrent dans le pueblo de los Angeles un noyau d'hommes intrépides prêts à seconder par leurs efforts la politique des États-Unis.

En dépit de cette échauffourée, Alvarado était resté maître fort paisible du gouvernement ; une émeute qui eut lieu en 1842 dans la basse Californie troubla seule la tranquillité de son administration; elle fut promptement réprimée.Cependant unecirconstance inatten-

due arrachu encore en 1842 les Califf Les d niens à leur vie paisible. Une centabune gue d'Américains ayant traversé les déséksez redi immenses qui les séparent de l'ochen était Pacifique , le gouverneur général crhevoir, il Ja possibilité d'une nouvelle agressionkt allé re demanda des renforts à Mexico; Sabnseigne Anna, qui gouvernait alors, obtempég-oduire.

son désir, et le 25 juillet 1842 quatre chitre en cinquantehommes s'embarquerent à Érnie es zatlan pour la Californie. Il y avait nouvelles heureusement parmi eux trois ceéhmmaire forçats ; ces individus, inutiles pouñlissemer défense du pays, sont devenus duranth}e peut teinps sa ter'eur..

En recevant ce surcroît da forceTAT AC Californie reçut un nouveiu gou4 NIE: — neur : le général Micheltoren:1 comng LOS A!

dait l’expédition dont nous venons! À quel parler et devait prendre l'administratk,,t qu'i suprême, Alvarado ayant été non puebl premier conseiller de la junte dépal, Les « mentale. Arrivé à San-Diego le 20 aŒ core er le général ne put se rendre, conk,;t cha il devait le faire d’abord, dans les lil, 1836 où l'on redoutait une invasion; il & décret en marche lorsqu'il apprit que le chjssions modore Cattesby Jones s'était, [des adnr pré de Monterey au nom des Et révoyan

nis. Cette agression de la part Ediens o commodore n’avait eu lieu que surkjjes qu’ bruit de guerre assez vague : une fois alheure l’on eut la certitude qu'il n’y avait pañeusatio rupture entre les États de l'Union que du Mexique le port de Monterey fut Eus ne titué au gouverneur. ispersio

En 1844 M. Duflot de Mofras ' ns ont r vait : « L'autorité du général Mich&ihtérie rena ne paraît guère affermie; ilnt en o probable que tôt ou tard il sera ti comme ses prédécesseurs mexicains. Édis ;

neurs Victoria, Herrera Chico, Gu£ 1) cor rez et Carrillo. » xemple.

een 1842 les Califl Les derniers événements, résultats isible, Une centabune guerre que les Mexicains n'ont pas + traversé les désésez redoutée, montreront bientôt comséparent de l'oc$en était fondée la crainte que laissait enerneur général crhevoir, il y a quatre ans, un historien qui nouvelle agressionkt allé recueillir sur les lieux mêmes les prts à Mexico; Sanseignements que nous venons de reait alors, obtempéS-oduire. Avant toutefois de faire conillet 1842 quatre chitre en vertu de quel traité la Calis’embarquerent à rnie est entrée dans ses destinées ifornie. Il y avait nouvelles , nous voulons fairs apprécier rmi eux trois Céhmmairement l’ensemble de ses étadus, inutiles pourissements divers et les ressources dont nt devenus duranthle peut disposer.

AT ACTUEL DE LA HAUTE CALIFOR- NIE. — MONTEREY — PUEBLO DE LOS ANGELES,

A quelque division qu’ils appartienent, qu’ils s'appellent missions, présides pueblos , on ne peut se dissimuler e les centres de population si rares core en Californie n'aient compléteent changé d’aspect, à partir de l’anée 1836, époque où fut rendu à Mexico » décret définitif qui sécularisait les dissions et qui en remettait la direction des administrateurs. L’apathie et l’imrévoyance inhérentes au caràctère des ndiens ont eu les conséquences natuelles qu'elles devaient avoir, et ceci alheureusement n'est pas une vague cusation ; un coup d'œil sur le statisque du pays suffit pour le démontrer.

ous ne parlons pas uniquement de la ispersion des catéchumènes : quelquesns ont regagné les solitudes fertiles de intérieur , et il est possible qu’ils metent en œuvre dans ces lieux écartés les rincipes civilisateurs qu’ils ont reçu AL: hdis ; mais pour ne faire mention que lents répétent SOUSes biens matériels (1), où l’on comprien du Mexiquekit vingt mille bêtes à cornes, plus de ployer les revenus mille chevaux, et cent mille moutons, des Californiens v’existai!, il y a quatre ans environ, que consentent à EntBeux mille bœufs et quatre cents cheupe de soldats , ilfaux ; les moutons ne s’élevaient plus à craindre les atta@y’à quatre mille. 11 en était de même li ont dû être laikes produits ruraux dans une foule d’enous les présidios Sroits ; la culture des céréales se troun'existe aucun eMBait complétement abandonnée, et la arder, et tout pOrBuiture de la vigne, qui commençait à

éral Micheltorenaliffire aux besoins du pays, n’entrait ir le sort des gou

errera Chico, Gu

surcroît da force un nouveiu gou icheltoren\ com dont nous venons endre l'administra do ayant été non r de la junte dépa San-Diego le 20 a t se rendre, con ’abord, dans les li une invasion; il vil apprit que le c y Jones s'était y au nom des Et ssion de la part it eu lieu que sur sez vague : une fois de qu'il n’y avait pas États de l'Uuion € de Monterey fut ur,

uflot de Mofras « è du général Miche uère affermie; il ou tard il sera ti ‘esseurs mexicains.

(1) Comme à San-Luiz-Rey-de-Francia par emple.

plus en compte que comme un produit de luxe. Nous ne fatiguerons pas l’esprit du lecteur par ces déplorables détails, qui se reproduisent dans presque toutes les localités avec une effrayante monotonie et qu'on trouvera d'ailleurs avec une parfaite exactitude dans le récent voyage de M. de Mofras. Nous nous contenterons de faire voir, avec cet écrivain, combien, à côté de ressources immenses , les finances de la Californie ont déchu. En effet, « si les recettes générales du département ne s'élèvent guère qu’à 70 ou 80,000 piastres par an, les dépenses atteignent au moins le chiffre de 120,000 piastres. Ce déficit annuel, continue M. de Mofras, explique assez pourquoi les qe y de tout grade se sont livrés au pillage des missions. »

Les moyens de communication faciles autrefois, et grâce auxquels le commerce pourrait se rétablir, ont sui’:

dans leur décadence cette effrayan progression. Nous nous bor: "1 dire, pour étre bref, que l eu quefois un an à Mexico sans co l'état réel de la haute Califorui

Le centre de population nom a le plus y Lau Europe, le presidio de S. Curios de Monterey, qui fut fondé en 1770, n’a pas échappé à cette influence; ses fortifications ont été détruite, sa population militaire a été en partie dispersée. Mais il est vrai qu’un pueblo considérable , qui prend pompeusement le nom de capitale, et qui ne comptait guère quesix cents habitants il y a quatre ans, s'élève dans une position magnifique à quelque distance de l’ancien siége du gouvernement. Cette ville n’a commencé à jeter ses fondations qu’en 1827, et elle semble appelée aux plus hautes destinées.

Si, lorsqu'on le contemple de la mer, « l'emplacement de Monterey est vraiment admirable, » nul édifice digne d'attention ne s’y fait encore remarquer.

C'est dans cette ville que fonctionne l'imprimerie dont nous avons déjà signalé l'introduction. C’est là que l’on imprime quelques livres élémentaires pour les rares écoles du pays; et un que Français, M. Cambuston, y répand

’instruction primaire, trésor inappréciable pour le pays, depuis surtout que

3° Livraison. (LES CALIFORNIES.) 8

les franciscains ont dû cesser leurs enseignements.

Il ne faut pas se le dissimuler, cependant, l’état déplorable du pays n’est u’un état transitoire. Une autre race, moins chevaleresque peut-être, mais plus active, à coupsûr, accourt de toutes parts pour y jeter des germes d'industrie et pour y féconder, par son esprit entreprenant, les terres fertiles dont le génie espagnol dédaignait l'abondance. Pour se convaincre de cette vérité, il suffit d’examiner quel est l’état actuel du pueblo désigné sous le nom de Nuestra señora la Reyna de los Angeles. Ce bourg, fondé à la fin del’année1781, surles bords du Rio Porciuncula, qui porte aussi le nom de Rio de los AngeléS, ce bourg, dis-je, a vu s’accroître tout à cup sa population ‘blanche, qui s'élevait, dès 1842, à douze cents âmes, et cette population industrieuse se compose en grande partie d'Américains des États-Unis , qui y sont accourus entraînés par cette sorte d’instinet politique qui ne trompe presque jamais. Bâti au milieu d’une vaste plaine où croissent en abondance la plupart des végétaux utiles de l’Europe méridionale (surtout la vigne et l'olivier) , le pueblo de los Angeles est le rendez-vous des caravanes qui arrivent annuellement du Nouveau Mexique, et qui mettent ordinairement deux mois et demi à accomplir ce voyage aventureux (1). Les nouveaux colons, qui profitèrent de ces caravanes pour vehir peupler durant ces dernières années les tertes fertiles baignées par l'océan Pacifique, avaient compris admirablement lerôle que leur réservait leur pays, ét ils ont pu réaliser des profits considérables, en prenant l'initiative dans les entreprises agricoles que réclame la Californie. Hâtons-nous ele dire, la France n’est pas restée

(1) Duflot de Mofras, Exploration de l’Orégon et de la Californie, t 1, p. 354. « La caravane art de Santa-Fé du Nouveau Mexique ( lat.

ord, 36° 12 minutes ) en octobre, avant que la neige commence à tomber, et, se dirigeant vers l’ouest, eile coupe la Sierra ut escend au sud du Rio Navajoas, passe par le territoire des missions détruites des indiens Moquis, des Apaches et des Yumayas, traverse le Rio Co-

lorado vers le 34°, croise la Sierra Nevada, là .

vallée de los Tulares, les monts Californiens, et arrive enfin aux fermes les plus orientales de la Californie, d’où elle vient aboutir au pueblo de los Angeles. »

aun dem

complétement étrangère à ce mouvemer dm

civilisateur. Non-seulement un digne à pasteur, M. Bachelot, a laissé les pldjeyri (1), & touchants souvenirs à Pueblo de Idpéienne sp Angeles, dont il a administré naguèrg Mission à le spirituel, mais des industriels fabonq cents I rieux et habiles, parmi lesquels il fadhr une étei compter M. Vignes, ont porté dans dRrrées. Le coin reculé du monde des principes d mille du culture qui contribueront infailliblemenge populati un jour à sa prospérité. vidus envi Dès à présent ce bourg, enrichi des dgelques Fr: pouilles des missions, est le plusflorissanÿ l’année de la Californie; son territoire, que l’ob son port ( peut évaluer à quinze ou vingt lieues € endant la r carré, ne nourrit pas moins de 80,00pmimes no bêtes à cornes, de 25,000 chevaux dfsqu'à prés de 10,000 moutons. Les céréales y réugjés d'inten sissent faiblement ; la vigne commenchte suprém à y donner d'heureux résultats; ul COnstatel Français, M. Barrie, y exploitait naguèr@ssi à sa | une mine d’or vierge en grains; et d’au seblo, dit tres minéraux précieux, dont les gisehrt 1mpor ments sont bien connus, faisaient prépures

de

voir le développement probable d‘'ungnce entre autre industrie : tous ces avantage} à toujoul réunis ont donné une sorte d'ambitiog La missio aux habitants qui, las de ne formefrbara (2) qu'une simplé préfecture, prétenden pueblo ; l'emporter sur Monterey, et veulengnstructiol faire donner le titre de capitale à Puebl( eo gg de los Angeles. rmis de Ces bourgades ont encore bien pedjppement.

d'intérêt pour l’Europe, il faut l'avouer@us déjà q cependant leur destinée future est mark Narciso quée dans l’histoire , et si plus d’espacgnité de nous était accordé, nous mettrions urmabli sa ré empressement réel arappeler les circonsWll faut tances qui ont accompagné leur fondaPmbre des tion, trop voisine pour quelques-unes d@istent mé leur décadence. Des noms sonores mai@rnie, la peu connus, de simples renseignement", le cap géographiques , réveilleraient dans l’esAyen du N prit du lecteur des souvenirs encore bienisse , et peu importants ; il n’en sera pas de mém@lsion à la dans quelques années. En attendant qu'ipuvelle-S y ait dans ces contrées matière à dedannées d récits historiques, nous dirons qu’aprè@ante mi Monterey et Pueblo de los Angelegie de San les deux centres de population les pludent du $ considérables sont incontestablemengmericanc San-Luiz-Rey-de-Francia et le puebidunfortb de Santa-Barbara ; le premier renferme l'édifice le plus solide et le plus réguliemg,) & dix # que l’on ait élevé encore dans ce vastæ 24’ 40" la pays. Le chef-lieu de la mission , bâti ilBest.

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a un demi-siècle par un franciscain e la Catalogne nommé Fray Antonio eyri (1), se ressent toujours de son ancienne splendeur ; on s’y rappelle que mission a compté jusqu’à trois mille nq cents Indiens, répartis, il est vrai, r une étendue de plus de cent lieues rrées. Le second établissement, bâti à n mille du rivage de la mer, renferme e population blanche de huit cents invidus environ, parmi lesquels figurent elques Français. Son presidio, qui date > l’année 1780, est ruiné, il est vrai, son port est d’une entrée difficile; ceendant la réunion fortuite de quelques pmmes notables qui se sont entendus squ’à présent, et qui se trouvent aniés d’intentions droites, lui assigne e suprématie politique qu’il est bon constater, et qu’il doit certainement ssi à sa position géographique. « Ce heblo, dit M. de Mofras, joue un rôle rt important dans les affaires intéeures de la province; il tient la ba-

nce entre Monterey et los Angeles,

a toujours décidé les révolutions. »

La mission proprement dite de Santa-

ärbara (2) s'élève à deux kilomètres

pueblo ; elle offre encure de belles nstructions, mais la rareté des terins propres à la culture ne lui a jamais mis de prendre un très-grand déveppement. En 1842 elle ne comptait $ déjà que quatre cents Indiens. Le Narciso Duran, qui était revétu de la gnité de préfet apostolique, y avait abli sa résidence.

Il faut nécessairement inscrire au bmbre des centres de population qui istent maintenant dans la haute Calirnie, la Nueva Helvetia. Son fondar, le capitaine Sutter, aujourd'hui cien du Missouri, est originaire de la isse , et a donné une merveilleuse im- Ision à la petite colonie qu’il dirige. La puvelle-Suisse, quicompte une dizaine années d'existence, est établie à cinante milles environ au-dessous de la je de San-Francisco , non loin du conent du Sacramento avec le Rio de los mericanos; elle consiste principalement un fort bâtide briques séchées au soleil

1) À dix kilomètres de la mer.

2) Le port de Santa-Bärbara est situé par les ” 40°’ lat. Nord, et les 122° 20’ 30” de long.

( Adobes ), défendu par douze pièces de canon. C’est dansl’intérieur quesont contenus les magasins et lesateliers. Le capitaineSutter emploieenvirontrente blancs et quarante Indiens ; mais plusieurs familles résident dans le voisinage. Cette petite colonie, qui s’élève à une distance considérable de tous les autres établissements, est parvenue en peu de temps à un haut degré deprospérité, et la culture du froment est la branche principale de ses exportations le long de la côte nordouest (1).

Tel est, avec le faible développement qu’il nous a été permis de lui donner, le tableau des centres de population existant dans le pays cédé récemment aux États-Unis. Disons-le cependant, on n'aurait qu’une idée fort imparfaite des ressources de la contrée si nous ne faisions connaître sommairement un grand territoire avec lequel confinent les deux Californies. Cette vaste région , qui fait partie de l’État du el NE a d’ailleurs été signalée plus d’une fois au début de cette notice. Ce fut jadis la province de Sonora, qui excita à un si haut degré, parce qu’elle était le siége de mille traditions merveilleuses, l’ardeur des premiers conquérants. On pourra voir que tout n’était pas mensonge ou rêveries dans ces anciennes légendes, et cependant nous nous renfermerons à dessein dans le cadre le plus restreint, renvoyant aux voyages qui ont été publiés sur le Mexique ceux qui voudraient de plus nombreux détails.

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