HAUTE CALIFORNIE
ques mois seulement, quatre mille personnes étaient occupées à l'extraction du précieux métal; et l'honorable M. Polk affirmait que le nombre des chercheurs avait dû s’accroître singulièrement (1).
Non-seulement on savait à la date du 5 décembre 1848 que les navires arrivant près de la côte étaient abandonnés par leur équipage, et obligés de suspendre leur voyage faute de marins; mais, s’il nous était permis de joindre quelques détails récents aux faits généraux communiqués par le premier magistrat des États-Unis, nous dirions que des salaires resque fabuleux avaient été assignés dès l’année dernière à de simples marins pour qu’ils consentissent à laver les sables : on aura une idée du reste, des exigences que les travailleurs peuvent manifester en rap-
pelant « qu'un matelot qui passe deux,
mois aux mines en revient avec 2 ou 3,000 piastres (10 ou 15,000 fr. ) (2).
Un autre résultat constaté par le discours du président, c’est non-seulement la nausse prodigieuse du salaire des travailleurs, mais aussi la cherté inouïe des objets de consommation, amenée par cette abondance inattendue de valeurs métalliques. Constatons à notre tour un fait qui n’est pas sans intérêt paur l’étude des grandes lois d'économie politique. On voit se renouveler en ce moment sur les bords de l’océan Pacifique ce qui eut lieu au dix-huitième siècle dans le pays de Mato-Grosso, et sur-
(1) Voy. le journal a Presse du 22 décembre
(2) « Ceux qui s’associent gagnent encore davantage. Un des principaux habitants d’ici m’a offert de m’engager pois un an à vipgs iastres par jour ( 106 fr }. Il m'est impossible de vous donner une idée de l'or qui se trouve dans ee pays. Voy. Lettre adressée en date de Monterey le 15 septembre per un capitaine de baleinier à une maison de Nev:-York, extraite du Journal des Débats.