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Il me semble que les aftidavits de M. Lemieux font assez triste figure à côté de semblables témoignages !
M. Lemieux a l'air de se vanter de ce que j'aie pu avoir quelques rapports avec sa famille. Je n'ai qu'un mot à répondre à cela, c'est quo j'ai toujours parlé en bien de sa famille, autant que lui en a parlé en mal, et que je la respecte autant qu'il la déshonore.
Toutes ces choses vous paraîtront puériles sans doute, M. le Rédacteur, mais il ne faut pas oublier que c’est une élection qui se joue-là. S'il ne s'agissait que de moi en tout ceci, je m’occuperais fort peu du triste personnage qui m'attaque avec autant de sottise que de brutalité; mais des intérêts plus graves que ceux de ma réputation, me forcent à démasquer cet impudent suborneur de faux témoins, et je ne m'arrêterai que lorsqu'il n’osera plus montrer sa face devant les honnètes gens.
Votre serviteur, Louis H. FRÉOHETTE.
(Extrait de ‘“ l'Evénement ”’ du 16 Juin.)
M. le Rédacteur.—M. Evariste Lemieux, l’effronté calomniateur dont j'ai déjà eu occasion de vous faire apprécier les hauts-faits, vient de se faire prendre dans son propre piége de la manière la plus risible du monde. Jerecevais hier par la malls de l'Ouestun certain paquet portanc la date du 10 juin, et par conséquent parti de Chicago avant qu’on ait pu y savoir que la rago do mes détracteurs irait jusqu'au point où nous avons vu les choses, c’est-à-dire jusqu'au plus infâme parjure. Ce paquet contenait deux documents, qui à cause des circonstances, méritent publication. Letpremier est une leitre envoyée de Lévis à Chicago ai nom de Joseph Baillargeon et adressée au frére de ce dernier, un respectable citoyen de l’endroit, qui me la renvoie avec sa réponse. Une chose à noter, c’est que cette lettre qui porte pour signature Joseph Baillargeon, est tout entière écrite et paraphée de la main de M. Lemieux lui-même, bien que Baillargeon sache signer, comme il appèrt par sa déposition sous serment,
oici cette lettre; je la reproduis avec les fautes d'orthographe et do français du savant notaire; je n’y change même pas la ponctuation :
“ Lévis, 1 juin 1872,
“Mr, Antoine Baillargeon ‘“ Menuisier-chantre à l'Eglise canadienne, Chicago, U. 8.
Mon cher frère,—je voudrais savoir immédiatement: par toi la conduite qu’à tenu Fréchette Louis Honoré à Chicago. La chose presse, Dis tout ce que tu connais, signe le devant témoin s'il y a moyen ou assarmente le, ce sera encore mieux Envoiémoi cela immédiatement Dis la conduito qu'il a tenue avec
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chiniquy.. Car Fréchette attaque tout le monde ici et il s'agit de so débarrasser de lui dans le comté de Lévis. Le Révérend Messire Côté voudra bien t'aider à dresser cela pour toi. Toute la famille est bien et te salue
& Mon frère dévoué JosEpx BAILLARGEON.”
“Je puis attester que la lettre et la signature ci-dessus sont de l'écriture de M. E. Lemieux, N. P., laquelle m'est familière.
“ KR. C. TANGuAY, Lévis, 14 juin 1872. “ Avocat.”
Vous allez voir maintenant, M. le Rédacteur, comment cette léttre forgée par ce mouchard a été reçue à Chicago, et surtout comment M. l'abbé Côté s’est prêté à l’œuvre d'espionage qu'on attendait de lui. Voici la réponse de M. Antoine Baillargeon, qui m'a été adressée à moi-même :
Chicago, 10 juin 1872.
Louis H. Fréchette, Ecr., avocat.
Cher Monsieur.—Je vous transmets, sous ce pli, une lettre que l'on a eu la complaisance d'écrire et de signer pour mon frère, M. Joseph Baillargeon résidant à Lévis, Canada, me priant de lui répondre immédiatement et de lui dire tout ce que je sais de vons
endant votre séjour à Chicago ; la conduite que vous avez tenue ; es rapports que vous avez eus avec l’apostat Chiniquy. En réponse à ces questions, je suis heureux de pouvoir dire : 1%, Que vous avez toujours su mériter l'estime et la considération de la population canadienne française Ge Chicago, qui se rappelle avec bonheur les services que vous lui avez rendus.
2®©, Que votre conduite à Chicago à toujours été celle d’un gentilhomme, et j'ajoute volontiers d'un bon chrétien.
3°. Que vous n'avez jamais eu, que je sache, —et je ne l'ai jamais entendu dire par qui que ce soit,—de rapports avec l'apostat Chiniquy.
Espérant, cher monsieur, que mes réponses aux questions que l'on me fait pour mon frère, dans sa lettre du 1er juin, détruiront les calmnies que l’on se propose de débiter sur votre compte, et vous rendront service, je demeure, avec les sentiments de la plus haute considération.
Votre très-hnmble et très-obéissant serviteur, ANTOINE BAILLARGEON.
Signé en À po de: J, Coré, Ptre., A. D. Michaud, Geo. W. Parent, N.P., Théophile E. Guéroult, N.P., Editeur de l'Amérique,
Onézime Poitras, P. Populorum, OpiILon VALLIÈRES, Pierre Grenier, Joseph Mesnard, Edmond Héruse, A. Dupléssis, P. Huot, DAMAsE HALLÉ, sec. de la société St. J. B., Louis Bélanger, trésorier de la dite société, Jomnny Toprinas, François Provencher,
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F, B. Archambault, Pierve Lepatis, Charles Charbonneau, Guillaume Patrice, Marc Dumoulin, Ep. HarzLé, Zotique Rouleau, Narcisse CAUOHON, ELzÉAR LacHANCE, G. E, Robitaille, Chs. Huot et Victor (Gcrardin, Président de la Société de Secours Mutuels ;
P. S. Inutile d'ajouter que vous êtes libre de faire de la lettre de mon frère et de la mienne tel usage que vous jugerez à propos d'en faire.
Les deux lettres ci-dessus ont été reçues et ouvertes devant moi au bureau de poste de Lévis ; elles étaient renfermées dans une enveloppe portant le timbre de Chicago.
ALFRED (tIROUX, Lévis, 14 juin 1872. Pharmacien.
Les commentaires sont inutiles pour aujourd'hui; j'en forai peut être quelques uns, quand j'aurai reçu les affidavits que j'ai promis. Je suis bien reconnaissant à la potite cliqae de l’Zcho et en particulier à M: Lemieux, pour m'avoir procuré d'aussi flatteurs certificats, et m'avoir fourni, justement à la veille des élections, une si magnifique occasion de réduirs à néant toutes les histoires à dormir débbné que certaines têtes fèlées ont fait circuler sur mon compte depuis un an passé. Ilest à présumer d'un autre côté que celui à qui tous ces commérages ont profite jusqu'ici, ne leur à pas tout à fait autant d'obligation.
Votre etc.
Louis H. FRÉCHETTE.
Lévis, 14 juin 1872.
(Extrait de “ l'Evénement ” du 17 Juin.)
M. le Rédacteur, —J'ai lu avec la plus vive indignation les attaques mensongères de l'Echo de Lévis contre M. Louis Honoré Fréchette. Je suis un de ceux qui, comme M. Fréchette, ont éte forcés d'aller manger le pain de l'exil et que l'amour du sol natal a ramenés au pays. J'ai résidé trois ans et demi à Chicago au milieu des autres Canadiens émigrés que renferme cette ville et qui tous connaissaient et estimaient M. Fréchette comme quelqu'un qui leur rendait service et leur faisait honne! . Je ne sais quel est le genre de vie que ce monsieur a mené de,uis qu'il est de retour au pays; mais je puis certifier que pendant son séjour à Chicago nul plus que lui n’a été digne d'estime et de respect.
J'ai été moi-même témoin d’un fait qui mérite d’être rapporté. Un de nos compatriotes, malade et pauvre, voulant retourner en Canada, s’adressa un jour à lui pour obtenir un passage gratuit de la Société de Bienfaisance française. Or celle-ci n'ayant pu rien faire pour ce malheureux, M. Fréchette tira vingé piastres de
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sà poche et les lui donna généreusement en It; disant : “ Tener, ‘ mon ami, prenez ceci et partez; c'est tout ce que j'ai dans le ‘ moment.”
De pareils traits, M. le Rédactenr peignent un hon:me, et je n'hésite pas à croire que, si, comme le prétend l’Æchc de Levis, M. frécheite cst revenu pauvre au pays, c’est qu'il a trop souvent péché par excès de génércsité, Je souhaite que M. le notaire Lomieux, Baillargeon, Jobin & Cie. n'aient jamais rien autre chose à se reprocher.
À propos Ge l'affidavit aui dit que le bruit a couru parmi les
Canadiens de Chicago que M. Fréchette avait prêché pour Chiniquy
je ne crains point d'affirmer que c'est un infime mensonge. Loin de là, j'ai entendu un jour,-—c'était la fète de la St. Jean Baptiste, à Bourbonnais,—M. Fréchette féliciter dans un long discours les Janadiens de l'endroit d’avoir su résister à l'erreur et d’être demeurés fidèles à la foi de leur. ancêtres, :
J’ajouterai, M. le Rédacteur, qu'il est à ma connaissance personnelle que M. Fréchette a un jour rendu un service signalé au nommé Baillargeon qui le calomnie aujourd’hui sous serment. Ceux qui connaissent un peu le monde, ne doivent point en être surpris, du reste.
Veuillez croire, M. le Rédacteur, que la démarshe que je fais aujourd'hui ne m'est dictée qu par esprit de justice vis-à-vis d'an homine aui a si Lien inérité de ses compatriotes à l'étranger.
Votre obéissant serviteur, W. D. Bonnouxe.
(Extrait de “ l'Evénement ” du 22 Juin.)
M. le Rédacteur,-—Vous vousrappelez que j'ai promis de donner des preuves pour confondre les calomniateurs qui m'ont si lâchenent attaqué dernièrement dans l'&cho de Lévis. Je viens aujourd’hui remplir ma promesse et montrer une 10is de plus à quels moyens infmes le parti ministériel a recours lorsau’ilveut à tout prix écraser un adversaire.
Te reprodtus ici ên extenso les deux affidavits publiés, par ‘le notaire Lemieux dans l'Æcho de Lévis du T juin, afin qu’en puisse mieux juger de la valeur de mes réfutations.
Fremnier afidavit :
“ Je Joseph Baillargeon, menuisier de Ia ville de Lévis, asser- ‘ menté sur les Saints Evangiles, dépose ét dit :
“ j'ai résidé vingt mois à Chicago, Etats-Unis, M. L. H. “ fréchette y résidait en même temps que moi. Voici ce que je ‘ connais au sujet de ce monsieur. J'étais à l'orgue, à l’église ca- “ nadienne de Chicago. M. Fréchette y chantait quelquefois. ‘* Ce monsieur finit un jour par ne plus revenir à l'église, en même ‘ wnps on le reriplaça à la charge qu'il occupait dans la Suciéte “ St. Jean-Baptiste par un M, Vallée et on l’expulsa du sein dela
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société. J'en appris la cause; c'est qu’on me dit et tous les canadiens de Chicago disaient qu’il avait prèché de concert avec le fameux Chiniquy, au Lincoln Park, des doctrines contraires ‘ à celles enseignées par la religion cathoïique, apostolique et romaine. Tout le monde était indigné et parlait de cette chose atroce. dt a signé,
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JGsEPH BAILLARGEON.
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Assermenté devant m°i, à Lévis, ce ler juin 1872.
“ J, Jogin, J. P.” Second affidavit :
‘ Octave Dussault, journalier, de la paroisse de Notre-Dame de & la Victoire, assermenté sur les Saints-Evangile“, déelare et dit:
Qu'il résidait au Détroit, Etats-Unis d'Amérique, en mil huit “ cent soixante sept. Louis Honoré Fréchette vint dans cet endroit “ dans le temps qu'il y était lui-même. flest à sa connaissance “ persuunelle (1) qu'il a vuet entendu {!1!) Louis Honoré Fréchette “ parler publiquement contre les institutions et le gouvernement “ de son pays. Les Canadiens de l'endroit et beaucoup de per- “ sonnes de population étrangère, garrochèrent le dit Fréchette “ aïusi que plusieurs autres à cause de leurs discours contre le “ Canada et les instituticr1s du Canada, et le forcèrent ainsi que “ ses collèques à laisser la ville du Détroit. Et a signé,
OcTAVE DussAULT.
“# Assermenté devant moi à St, Romuald, ce 4 juin 1872.
“ Ep. Laaueux, J, P,”?
J'ai déjà surabondamment établi, M. le Rédacteur, —et la chose est en train de se prouver devant une cour de justice, que les signataires de ces affiduvits se sont indignement parjurés ou que ces déclarations leur ont été extorquées par une infime supercherie. Néanmoius j'ai promis des preuves assermentées et je les donne. Commençons par Baillargeon d’abord. Voici un affidavit que j'ai reçu ces jours derniers de Chicago, accompagné d’une lettre de M. l'abbé Côté, curé des Canadiens äe l’endroit :
& Nous, Charles Huot, menuisier, ci-devant de Québec et maintenant de;Chicago, Damase Hallé, menuisier, Edouard Hallé, aussi menuisier, Luce Emond, marchand et Odiion Vallières, orfèvre, tous quatre de Chicago eÿ ci-devant de Lévis, Canada, étant dûment assermentés, déposons et disons ;
1°, que nous avons connu intimement M. Louis H. Fréchetto pendant son séjour à Chicago, et que sa conduite y a toujours été honorable sous tous les rapports ;
2°, Qu'il est absolument faux qu'il ait jamais été expulsé de la Société St. Jean Baptiste de cette ville :
8, Que M. Fréchette était encore membre de la dite société
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lors de son départ et qu’à une de leurs assemblées généra!:s les membres de cette société lui ont unanimement conféré le titre de membre honoraire qu'il possède encore aujourd’hui ;
4°, Qu'il est absolument faux qu'il ait jamais été rémplacé à aucune charge dans la dite société par un M. Vallée, —et nou: certifions de plus qu'il n’y à jamais eu aucun membre de ce nom dans cette aociéte ;
5°. Que M. Fréchette n’a été remplacé à la charge de président de !a dite société, qu'après qu'il eût refusé une réélection, en donnant pour raison de son refus qu'il s'attendait à quitter la ville dans le cours de l’année ;
6°. Qu'il est absolument faux qu'il ait jamais prèché avec l'apostat Chiniquy, et que de telles rumeurs n'ont jamais couru parmi les Canadiens de Chicago qui ont toujours aimé et respecte
. Fréchette.
7°.Etquel'affidavit d’un certain Joseph Bailiargeon, menuisier de Lévis, Canada, contre M. Louis Honoré KFréchette, n’est qu'un parjure horrible.
Etont signé: CHares Huor, Damase HALLÉ, EpouAR» HALLÉ, Luc Emonp, OpILON VALLIÈRES.
Assermentés devant moi, à Chicago, Ils, } ce 13ème jour de juin 1872, j
(L. $.) Cus. F. ScaumAcHER, N. P.
Nous soussignés adhérons de toutes nos forces à l'affidavit cidessus et attestons que la conduite de M. Fréchette, à Chicago, a toujours été irréprochable.
J. A. Ronayne, avocat, Ambroise Gagné, A. Goulet, M. D., J. Francæur, Napoléon Lespérance, Anselme Lainé, A. Mercier, L. Bélanger, E. Allair, J. Huot, A. Bédard, P. Grenier, N. C. Côté, M. Côté, P. Côté, A. Racine.
Voici maintenant la lettre de M. l’abbé Côté :
Chicago, 13 juin 1872.
Cher M. Fréchette,
Il paraît que vos amis de Lévis vous gratifient, par le temps qui court, de leurs petites faveurs. Je vous sais homme à tenir tête à ces attaques mercenaires. Cependant comme la calomuie prend la forme du serment et qu’elle pourrait ainsi, à coups de parjure, “ous faire tort dans l'estime des honnête gens, je ne saurais demeurer s'mple spectateur sans me sentir coupable de complicité dons les basses menées que l’on met en jeu contre vous.
C’est donc pour l’acquit de ma conscience que j'unis mes protestations à celles de nos communs amis de Chicago, et que je vous envoie, en mème temps qu'ils vous adressent leur affidavit en bonne et due forme, mon certificat dont vous ferez l'usage que vous voudrez. Puissé-je par cela vous rendre service, vous prouver mon estine que vous avez su si bien mériter, et servir en
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même temps une cause que vous défendez avec tant de courage, et que ie voudrais voir embrassée par tous les hommes de cœur |
Je certifie en conscience et en honneur que je vous ai particulièrement connu à Chicago; que pendant tous le séjour que vous y avez fait, vous avez tenu une conduite qui vous a acquis l'estime, le respect et la considération de toute la population française canadienno qui se respecte ; qu’elle se rappelle toujours avec bonheur et votre bon souvenir et los services que vous lui avez rendus ; que vous n'avez jamais cessé d’appartenir à mon église qui est la congrégation canadienne ; que Je vous ai vu vous y acquitter de vos devoirs religieux ; que vous n'avez jamais été expulsé de la la société St. J. Bte., dont vous avez été le président jusqu’à j'année de votre départ; que vous arez refusé vous-mème d’être réélu, parce que vous vouliez retourner au Canadu; que vous n'avez jamais cessé d’appartenir à la société, mais qu'au contraire, lors de votre départ vous en avez été unanimement nommé membro honoraire ; que vous n'avez jamais eu de rapports avec le fameux Chiniquy ; enfin que vous n'avez jamais absolument jamais prêché aucune doctrine dans son sens; mais que loin de là, vous vous êtes montré comme un catholique toujours et partout.
Permettez-moi maintenant de résumer le tout =n disant que votre conduite à Chicago a toujours été celle d’un gentilhomme et d’un bon chrétien.
Je demeure, ete., J. Cor, Ptre,
J’ai dit dans mon premier article sur le sujet, que M. E. Lemieux avait sxborné de faux témoins. Eh bien, voici une petite déclaration qui sera peut-être de nature à faire soupçonner à ceux qui auraient pu trouver mon expression un peu raide, que je suis même resté beauzoup en deca.de la vérité, et que le mot de parjure peut aussi bien PA Pa à M. Lemieux lui-méme qu'à Baillargeon et Dussault. Voici cette déclaration :
Lévis, 19 juin 1872.
Je soussigné déclare sur l’honneur et suis prêt à affirmer ce qui suit, sous serment :
Le lendemain de la publication dans l'£cho de Lévis des affidavits diffamatoires contre M. Louis H. Fréchette, je rencontrai Joseph Baillargeon, le signataire de l’un de ces affidavits. Je lui demandai comment il se faisait qu'il eût juré pareilles choses, lui qui m'avait dis expressément le contraire suelques mois auparavant, il me répondit qu’il n’avait point juré le quart de ce que contenait l’affidavit publié par l’Æ£cho de Lévis ; que c'était le notaire Lemieux qui avait arrangé tout cela à sa guise. “ J'ai ‘ dit, ajouta til, que j'avais entendu dire que M. Fréchette avait “ prêché pour Chiniquy, mais je n'ai jamais prétendu que la ‘“ chose m eût été rapportée à Chicago, ni qu'aucuns des Cana- ‘{ diens de cette ville eussent été indignés à son sujet. De plus,
Pr, (+ cad
& jé n’ai jamais juré que M. Fréchette eût été expulsé de la socié- “ St. J. Bte. de Chicago, chose dont je n'avais jamais entendu ‘ parler avant de le voir publié sous mon rom dans l’Echo de “ Tévis. Enfin, cet affidavit m’a été extorqué, et la plupart de “co qu'il contient a été écrit et publié à mon insu.” | R Israez LrBow, (de la maison Zavertu & LeBon.)
Passons mainténant à Dussault. Voici l’affidavit que j'ai reçu
dé Détroit :
Détroit, Mich., le 17 juin 1872.
Nous, soussignés, résidant dans la ville de Détroit, Etat de Michigan, certitions sous la foi du serment :
Qu'eu mil huit cent soixante et sept, nous avons vu et connu M. Louis H. Fréchette, demeurant alors, à Chicago, et l'avons entendu parler en public, à Détroit, et que c'est faux qu'il ait dans ses discours attaqué les Institution de son pays natal. Et de plus nous attestons que l’affidavit d’un certain Octave Dussault, signè à St. Romuald le 4 juin 1872, devant Ed. Lagueux, J. P., et dans lequel le dit Dussault déclare que ‘“ Les Canadiens de l'endroit et beaucoup de personnes de population étrangère garrochèrent le dit Fréchette,’” est nun seulement UN INFAME MEN- SONGE mais UNE BASSE ET HONTEUSE OALOMNIE qui signale le dit Dussault au mépris public. De plus, nous déclarons que M. Louis H. Fréchette a toujours été reçu à Détroit avec distinction, respect, sympathie et cordialité par la population canadienne. et par les dignitaires de la ville et de l'Etat.
H. W. DEaARE, ex-juge
du Probate Court, A. Beannigu, G. BeauLreu, F. J, BARBIER, J, P. R. Wairerorp, M. D., Cuas. Lon@rTin, J. Mayer.
Souscrits et assermentés devant moi, à Détroit, ce 17 juin 1872.
Ep, N. LaCRoix, N. P.,
Viraz Fort, P. Guizzoz, PAUL GuiLzoz, P. Camus, H, Derer, H. Bornaz, Epouarp N. Lacrorx.
Souserits et assormentés devant moi, à Détroit, ce 17 juin 1872. Frépfric J. BARBIER, J, P.
Cette pièce était accompagnée d'une lettre de‘M. E. N. Læ croix, vénérable vieillard dont nous avons lu tout dernièrement les remarquables “ Etudes Historiques ” dans l’Opinion Publique. Voici cetsrlettre: 31
Détroit, 17 juin 1872, M. L. H. Fréchette,
Mon cher ami,—Quand les amis d'nn gouvernement cherchent
à so cramponner âu pouvoir par des moyens mesquins él souvent
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injustes, on doit en conclure que leur cause est mauvaise, qu'elle est déjà à moitié perdue et que leur succès dépend de la somme de fourberie qu’ils mettront en jeu pour aveugler et tromper le peuple.
Dans une lutte politique, la défaite d’un candidat franc et loyal n’est pas toujours la condamnation du principe qu’il défend, car le plus souvent cette défaite est due à la mauvaise foi de ses adversaires qui ont su se servir avec adresse des ressorts de la malice, du mensonge et de la calomnie. Et le pauvre peuple qué la bourse du riche exploite parfois à son avantage devient l'instrument dont se sert l’heureux du monde pour atteindre son but, ‘Combien donc, hélas! faudra-t-il d'années de malheur et de corruption pour faire ouvrir les yeux à mes pauvres compatriotes du Canada ! Le passé ne devrait-il pas être le flambeau du présent pour éclairer leur pas dans le sentier de l’avenir ? Ils devraient, ce me semble, se rendre à la logique des événements, s'ils veulent former l’abime que leurs mandataires sans foi-et sans principes Creusent chaque jour sous leurs pieds. Attendront-ils que tout soit perdu pour lâcher leur dernier eri de détresse ? Le temps n'est-il pas encore arrivé pour eux de chercher la route du bonheur et de la prospérité que la perversité et la corruption leur ont fait perdre ? N'’ont-ils pas déjà payé asse” cher la confiance qu'ils ont placée dans ces politiciens qui depuis tant d'années les conduisent dans la voie de la ruine et du malheur ?
Mon ami, courage, courage ! Ne fléchissez pas. Il sst pénible, je le sais, pour l’homme juste et ‘honnête d'être en butte aux traits de la malveillance et de ia calomnie. C’est difficile aussi de lutter contre le pouvoir, la corruption et ia richesse Mais plus fort sera le combat, plus grande sera la victoire. Tôt ou tard il faut qué JusTIcE soit faite. Vos efforts seront, je l'espère, couronnés de succès, car vous combattez pour une bonne cause, pour la cause de la raison, du droit, et pour le salut du peuple, de mes chers mais malheureux compatriotes canadiens. Combattez pour la For, l'Honneur et la Jusricr, et Dieu vous aidera.
Mon cher ami Fréchette, on vous accuse sous la foi du serment, d'avoir publiquement, à Détroit, parlé contre les institutions et le gouvernement de votre pays. Ou cet Octave Dussault ne vous a point compris, ou la foule qui vous a écouté ne vous a pas compris. Attaquer les actes, la politique et les menées des hommes au pouvoir, comme vous l'avez fait, (et personne ne vous niera le droit de le faire) est, selon moi, bien loin d'attaquer les: institutions et le gouvernement du Canada, Si le pauvre Dussault paraissait à Detroit, les Canadiens de l'endroit et beaucoup de personnes de population étrangère ne le garrocheraient point, mais on le lapiderait pour avoir si affreusement MENT1 !
Si le temps le permettait, il serait facile de trouver des centaines de vos compatriotes de Détroit qui vous connaissent et qui s’emprésseraient de signer l’affidavit ci-inclus, lequel prouve
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la fausseté de celui qui a été signé et assermenté par ce malheureux Octave Dussault.
Je voudrais vous voi: ici, pour un instant, avec vos dénonciateurs, vos calomniateurs, et tous vos adversaires politiques, Ils verraient combien vous êtes aimé, estimé et respecté par la population canadienne de notre ville. Et s’il en est ainsi, c'est parce que vous avez laissé au milieu d’elle de nobles et glorieux souvenirs de votre patriotisme, de votre dévouement et de votre fidélité au pays qui vous a vu naître.
de mon ami, luttez avec courage, sans peur et sans crainte, contre la force, l'or et le patronage. J'ai foi dans l'avenir, et j'ai encore confiance dans le bon sens et le jugement du peuple canadien, Soyez toujours fidèle au drapeau du Parti National, et lo ciel bénira vos efforts.
Avec considération, estime et amitié, votre ami et compatriote,
Epouarp N. LACRoix.
Si l’on veut autre chose, en voici :
Détroit, 16 juin 1872.
À M. L. H. Fréchette,
Mon cher monsieur, —C'est avec une extrême indignation que j'ai lu l’affidavit du nommé Octave Dussault publié dans l’Echo de Lévis. Je l’ai communiqué à M. le Gouverneur Baldwin, à l'honorable J. J. Badgley, président du First National Bank ct du Comité Républicain du Michigan, à M. Chs. ?. Shahann, second surintendant du Michigan Southern R. R, ainsi qu'à M.K, C. Barker, maire de Détroit à l’époque dont parle l’affidavit en question. Tous ces zaessieurs qui vous connaissent intimement et qui vous estiment, ont été souverainement indignés contre l’audacieux parjure dont vous êtes la victime. Quelques uns de vos amis vous envoient aujourd'hui un affidavit qui confondra certainement votre infâme détracteur ; mais si cela ne suffit pas, les messieurs que j'ai nommés plus haut sont prêts à vous donner leur té.vignage comme quoi vous avez toujours été traité à Détroit avec la plus haute considération par la population canadienne et américaine.
Agréez, etc.