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“ taire lui-même) garrochèrent le dit lMréchette ainsi que plusieurs « autres à cause de leurs discours contre le Cinada et les insti- “ tutions du Can: :a, et le forcèrent airisi que ses collègues (sic) & à laisser la ville du Détroit.”
Et dire que ces infâmes mensonges qui n’ont seulemént pas lé mérite d’être écrits en français, sont débités sous serment !
Nous saurons bientôt ce que les citoyens si généreux et si hospitalicrs de Détroit pensent d’un homme qui possède assez peu de sens moral pour se parjurer aussi indignement. En 1867, date que donne l’affidavit en question, j'ai assisté à la Convention françaisé de Détroit comme délégué choisi à l'unanimité par nos nationaux de Chicago. Les citoyens de Détroit offrirent un superbe banquet aux membres de la convention et nous quittâämes la ville accompagnés par une nombreuse délégation du Michigan, qui nous reconduisit jusqu'à Chicago, par le chemin de fer Michigan Southern dont le président avait eu la courtoisie de mettre gratuitement un char spécial à notre disposition, avec rifraichissements, etc.
Si c'est là ce qui s'appelle garrocher quelqu'un, je puis assurer à M. Lemieux qu'il ne court aucun risque de se faire jamais lapider ni à Détroit ni ailleurs.
Voilà M. le Rédacteur, les épisodes pour la publication desquels M. Lemieux demandait l'impunité devant les tribunaux! Mais si ces choses-là sont vraies, savant notaire, elles sont d’une nature publique, et vous n’aviez point besoin de tant de précautions. Si vous craignez la justice, c'est que vous savez qu'elles sont fausses ; preuve que vous mentez de gaiié de cœur, et que vous avez tendu des piéges à deux pauvres ignorants qui vont maintenant payer pour vos bassesses et votre malhonnèteté.
J'ai dit tendu des piéges, et je le maïntiens. Il me serait facile de prouver que vous êtes allés, vous et deux de vos pareils, à trois reprises différentes, solliciter —malgré ses denégations formelles — une déposition du même genre de la part d’un citoyen respecta. ble, qui à la dernière visite, a menacé de mettre à la porte le premier d’entre vous qui viendrait encore lui faire une semblable proposition. Et cependant cet homme est un de mes adversaires politiques... Après une leçon comme celle-là, vous auriez dû mourir de honte !
Maintenant, M. le Rédacteur, en attendant des preuvos niant directement les avancés de M. Lemieux, jé me permettrai de publier certains témoignages incontestablement trop flatteurs pour moi, mais qui, à raison même de l’exagération qu'ils font de mon faible mérite, donneront la valeur des histoires malveillantes et mersongères que les cnrryphéss du parti conservateur de Lévis
” font circuler sur mon compte, à l'endroit de mon séjour à Chica:
go. Il me répugno d'avoir pour ainsi dire, à faire mon propre éloge, mais je dois à mes amis de déjoucr la lâche tactique de més adversaires qui doivent être bien à court d'arguments pour recourir à de semblables moyens.
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Voici une adresse qui me fut présentée par les Canadiens de Chicago, à l’occasion du voyage que je fis au Canada en 1870 :
.“ Monsieur, —Ayant appris que vous êtes sur le point de nous quitter pour aller visiter notre commune patrie, nous avons cru devoir saisir cette occasion pour vous offrir un faible témoignage d'estime et d’affection.
“ Ce n’est pas tant au grand poète qui a si noblement chanté les gloires et les malheurs de notre patrie; ce n’est pas tant à l’homme public intègre et enthousiaste pour toutes les grandes causes ; ce n'est pas tant à l’orateur populaire dont la parole s'est faite tant de fois la protectrice de nos droits et de nos intérêts, que nous nous adressons ; c’est plutôt au compatriote dévoué, à l'ami sincère dont la loyauté à toute épreuve, l’honorabilité sans tache, et la touchante générosité, vont laisser un si profond souvenir parmi nous.
“ Nous savons que toujours à l’affut de quelque sacrifice à faire, de quelque acte de dévouement à accomplir, vous quittez en cé moment vos occupations, pour aller au Canada mettre le poids de votre parole et de vos travaux, dans la balance où se pèsent en ce moment les destinées de notre pays. Les vœux que nous faisons pour vous et votre succès, c’est par conséquent à la
atrie que nous regrettons tous, qu'ils s'adressent en partie.
euillez donc monsieur, les accepter pour vous-même et en faire parc à nos frères de là-bas. Dites-leur que, malgré notre éloignement, nous Conservons religieusement dans nos cœurs le souvenir de la patrie absente, et attendons avec impatience le moment où, se rangeant sous le noble drapeau de l'Union Américaine, elle jouira des libertés qu'il nous a fallu, nous, payer au prix de notre exil.
“ Veuillez agréer, monsieur, avec l’humble cadeau que nous vous présentons, nos souhaits de bonheur, et l’assurance de nos plus chaudes sympathies et de notre gratitude la plus durable.
‘ Chicago, 29 juin 1870.
Le comité : Caarces Huor, vice-président, $. St. J. B. “ Josgrir Porrras, trésorier, $. St. J. B, ‘ DAmMASE HALLÉ [de Lévis] secrétaire.
En voici une autre maintenant qui me fut présentée ie 14 fevrior 1871, lors de mon départ définitif. Cette adresse était accompagnée d’une montre de la valeur de 8200 :
‘ Monsieur, —Le vide que votre départ va laisser au milieu de nous sera bien difficile à combler. Pendant près de cinq ans, nous avons été à même d'apprécier la noblesse de caractère qui vous distingue à un si haut degré, et les talents remarquables que vous mettez avec tant de dévouement au servive de vos compatriotes. Chaque fois qu'il s'est agi de nos droits à défendre, de nos intérêts à sauvegarder, d’un acte charitable à accomplir, d'une démonstration patriotique à organiser, énergique écrivain, ardent orateur, citoyen désintéressé, nous vous avons toujours
ai
vu marcher le premier en &ête. Nous venons aujourd'hui vous en exprimer notre reconnaissance, sous forme d'un humble .cadoau que nous vous prions d'accepter comme un faible témoignage de notre amitié, et de conserver en souvenir des nombreux amis que vous laissez ici. Le chagrin que va nous causer votre départ sera sans doute bien sensible, mais une pensée nous console, c’est que nous rendons à la cause canadienne un vaillant défenseur, et à la patrie un grand poète,
“ Vous avez fait ici l'honneur de notre pays, vous ferez sa gloire là-bas. Puisse le souvenir des affections que vous laissez parmi vos compatriotes de Chicago, adoucir pour vous les aspérités d’une laborieuse carrière, et les vœux et les souhaits que vous emportez avec vous, vous porter bonheur.
« J. Coté, Ptre. Curé N. D. Chicago.
‘“ Cas. Huor, Vice-Prés, $, St. J. B.
‘ À, GAGNÉ, Ex-Prés. on ‘ À, DECELLES, ‘ 66 ‘“ D, HALLÉ, Secrétaire, se ‘ À, MERCIER, Assist.-Sec, “ & J, PorrRAs, Trésorier, 6 4 ©. LeBeau, Ex-Vice-Prés. “ (4 FÉLIX CLÉMENT, de L
Dr. J, LETOUuRNEUXx, Ex-Prés. de la S. St. J. B. de Bourbonnais,
Viennent ensuite MM. Ed. Halié, Odilon Vallière, Narcisse Cauchon et P. Bazin, tous quatre ci-devant de Lévis; et—chose assez singulière,—-M. Antoine Baillargeon, frère de celui qui a donné l'afidavit dont j'ai parlé plus haut ; enfin soixante et onze autres sigpatures.
Et ces messieurs, à peu près tous membres ou officiers de la société St. Jean Baptiste, auraient signé une semblable adresse en faveur d’un homme ignominieusement chassé de leur société | Et M. le Curé de Chicago aurait donné cette narque d'estime et de sympathie à un aide-de-camp de Chiniquy !...... Ma foi, M. Lemieux, si l’on ne connaissait pas toute la méchanceté sournoise qui vous possède, il faudrait supposer tout simplement que vous avez perdu la tête.
Pendant mon élection, le printemps dernier, les hommes à bons principes de Lévis prétendirent avec la véracité qui les distingue, que des lettres avaient été reçues de Chicago les informant que j'avais prèché avec Chiniquy et fait mille autres coups plus ou moins pendables. J’en informai M. l’abbé Côté qui m'envoya la réponse suivante, contresignée par plusieurs citoyens autrefois de Levis : # Chicago, 25 avril 1871.
À M. Louis H. Fréchette, Lévis.
jf ;
“ Monsieur et cher ami,—-C'est avec peine que nous apprenons que des lettres ont été envoyées de Chicago à Lévis, dans le but,
mie @ ie en vous calomniant lâchement, de vous discréditer dans l'estime des honnêtes gens. La conduite honorable et en tous points
digne d’un gentilhomme que vous avez tenue à Chicago pendant les cinq années que vous avez habité ici au milieu de nous, nous fait un devoir de protester aujourd’hui, en vous offrant notre témoignage à l'encontre des rapports mensongers qui sont faits sur votre compte, et en vous autorisant à vous servir des présentes de toutes manières que vous jugerez convenables.
‘4 Veuillez agréer, monsieur, —avec l'espoir que la haine et le dépit qui ont dicté les attaques que l’on vous fait, seront appréciés par nos compatriotes du comté de Lévis,—l'assurance de notre regret, de notre estime et de la haute considération avec laquelle nous avons l'honneur d’être, monsienr,
# Vos dévoués serviteurs et amis, J. Coré, PTRE, “ Curé de N. D. de Chicago,” ev autres.
“ Je, soussigné, certifie que l'écriture et la signature ci-dessus, sont de M. Côté, curé des Canadiens à Chicago. ‘ Lévis, 3 juin 1871.
J. D. D£ZIEL, PTRE.
Si l’on veut quelque chose de plus récent, voici une lettre quo j'ai reçu ce matin même, de M. Dumas, agent général de Z/ Opinion Publique :
Québec, 8 juin 1872.
M. L. H. Fréchette,
Mon cher monsieur, —Ayant pris communication de l’affidavit de Joseph Baiïllargeon publié dans l’Zcho de Lévis d'hier soir et inséré dans une lettre de E. Lemieux, N. P., je crois obéir à un simple sentiment de justice en vous exprimant mon étonnement d'y lire que vous aviez été expulsé de la société St. Jean Baptiste de Chicago et que votre conduite vous avait attiré le mépris des Canadiens-Français qui habitent cette ville. J'étais à Chicago il y a un mois à poine et la nature de l'objet de mon voyage m'a mis en relation avec toute la partie intelligente et respectable de la population française ; j'ai même eu occasion d'adresser la parole publiquement en présence d’une assemblée nombreuse composée pour majeure partie de membres de la société St, Jean Baptiste. J’ai du plaisir à certifier aujourd’hui que bien loin d'avoir laissé dans Chicago des souvenirs que vous regretteriez de voir évoquer, au contraire la seule mention de votre noma été l'occasion d’une manifestation enthousiaste de la part de l'assemblée entière. Je puis ajouter que dans toutes les familles qué j'ai visitées j'ai trouvé pour votre personne do vifs sentiments d'amitié et de respect.
Recevez, etc. ete.
Pauz Dumas.