‹ Les camées parisiens (volume 2)Chapitre 23 sur 128 · CHARLES FECHTER · texte numérisé non relu

CHARLES FECHTER

Il y a ainsi par siècle un ou deux de ces hommes dont le visage, où triomphe la gloire de la Ligne, a été modelé pour exprimer une jeunesse immuable, absolument indépendante de l'âge qu'ils ont, et dont émane une séduction infinie. Ce profil d'une pureté antique, cette pâleur transparente et chaude, cette bouche vive, rose, charmer esse, ont fini par être bien placés au service de Shakespeare. Dans Claudie, adolescent à peine, vêtu de sa blouse bleue, ses épais cheveux châtains emmêlés

et pleins d'épis, il justifiait ia folie de la femme célèbre qui portait à son cou un de ces épis enfermés dans un médaillon. Pour expliquer cette idolâtrie, elle le donnait comme venu des prémices de moissons bénies par notre Saint-Père le Pape. Charles Fechter a seul pu rendre à Hamlet la candeur virile d'un jeune prince pâli en naissant sous le baiser glacé de la Fatalité, et une prunelle limpide qui s'emplit de ciel.

Page 1