MADAME LA COMTESSE D'AGOUT
a fille , Madame la comtesse de Char- .
nacé, l'a représentée en un portrait idéal et d'une vérité suprême , que , d'un burin léger, Léopold Flameng a délicieusement gravé pour les lecteurs de Daniel Stern. Ce beau, ce pur profil romain, d'une jeunesse divine; cette chevelure en longs bandeaux roulés, le grand front pensif couronné de longues fleurs aux corolles délicates, le nez long, droit et un peu aquUin; l'œil eurieux, avide, aux larges prunelles, aux grands cils ; la bouche spirituelle, aimante
ingénue ; le menton, dont la ligne, d'abord toute droite, s'arrondit avec une grâce enchantée; le col long, sans maigreur, sur lequel retombent les extrémités de la bandelette antique, eussent vaincu les dompteurs des Victoires à la cour d'Auguste ou de Tibère. Il y a eu un temps de bonheur et de poésie où Madame la comtesse d'Agout a pu et dû ressembler à ce portrait.
Aujourd'hui, la pensée, la lutte politique, les deuils cruels, ont accusé davantage les plans et ont rendu sa tête plus expressive encore et plus sérieuse, — mais non moins belle.