VICTOR HUGO
Lorsque je regarde les deux bustes par David, dont Pun fut surnommé Hugo- Dante et l'autre Hugo- Virgile, l'un, jeune, grave et doux, exprimant l'amant passionné de la nature, — l'autre triste, farouche, baigné par une longue chevelure et couronné du laurier épique des victorieux, et que je revois dans ma mémoire, pour le leur comparer , le Hugo actuel, non plus blanc et pâle, à la chair un
peu molle, mais ferme, hardi, tanné et basané par le vent de la mer,, à l'œil de feu, au nez plus aquilin, aux cheveux librement envolés, à l'oreille exquise, à la barbe blanche si accentuée par la moustache et l'impériale longues, soyeuses et très-noires, — je ne puis m'empêcher de trouver le Hugo actuel plus beau et plus vrai que celui de 1835, comme aussi je préfère au poëte des Feuilles d'Automne celui de La Légende des Siècles. Le front luimême , moins excessif qu'autrefois, s'est modelé à nouveau avec plus de fermeté. Au temps de ses triomphes romantiques, Hugo n'était qu'un dieu :
aujourd'hui, c'est un homme.
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